‹ Mélanges d'archéologie et d'histoireChapitre 212 sur 240 · Cap · texte numérisé non relu

Cap

4. ■ Quitus rébus ex perfugis et capUvU cognitlsj CffisOT tieec geaeK muni-

Uoais iDstiluit. Fussarn pedum XT, directii tateribua duiit : rèllquu omiie*

muniliones al) ea fossa pedes CCCC reduxit : id hoc codsUïo ne de impro-

viso aut DOClu ad munitiones tiOBlium multitudo adTolaret, sut iotcrdiu tela in noatroa operi deatiualos coojieere posMOt. Hoc iatermiaso spalio, duaa foEsaa, XV pedeslalas, eadem altiUidine perdmit. ... Post eas aggerem arvallum XII pedum exatrusit, etc. « C. lî.

DANS LA. QUESTION d'ali^SU o31

aussi forts d'un càtéque de l'autre? Cet aveu se trouve au chapitre 86, où il oppose les défenses très compliquées des campestria laça à celle des prxrupta toca, qui l'étaient moins.

Je viens de signaler l'une des grandes difQcultés du récit de César, difGculté qui, pour n'avoir pas arrêté les interprèles que la vision du mont Auxois rend si agiles à sauter par-dessus tout, n'en est pas moins de nature à rendre impossible tout jugement sur la contrevallation établie devant Alesia. La pensée de l'auteur resterait impénétrable, si le site d'Alaise ne venait lui donner la clarté dont elle manque, en démontrant que la description du chapitre 72 ne concerne qu'un côté de la ville, celui où porta le principal elfort du siège.

Le massif étant bordé, sur la moitié de son pourtour, par des falaises immenses, auxquelles répondent de l'autre côté des falaises pareilles, la nature avait formé une partie de la contrevallation ; car, là où existent ces formidables murailles, il n'y a pas eu à exécuter de retranchement.

Mais, enr plusieurs points, les falaises opposées au massif ont été bouleversées; elles sont devenues des pentes roides et profondément ravinées par lesquelles il est possible de monter. Ce sont les prsrupta Iota, des lieux abruptes, que la difliculté de leur accès fortifiait à demi. On n'avait pas à s'y précaulionner contre des surprises pareilles àcelles que le latin exprimepar les mots Aosfiummti/tf'fudo advolaret; il eût été inutile d'y couvrir les travailleurs d'un fossé, et même de ' doubler le fossé en avant du rempart. Ces précautions ne convenaient qu'aux lieux découverts, que surplombaient les positions ennemies, campeMtria toca.

Je dis < les lieux découverts, » parce que nous n'avons pas de terme pour rendre l'adjectif campeslris. Il ne signilie pas < de la plate campagne. » Berlinghieri, sans songer le moins du monde à Alaise, en a indiqué le vrai sens. 1! voit dans campestria loca l'image des lieux qui, « étant propres à former des guérets, des champs, devaient être eu pente douce pour que la charrue pût les sillonner ' . » Je ne sais pas si la charrue a jamais sillonné à Alaise la totalité des lieux auxquels peuvent s'appliquer les mêmes termes; je dirai donc, en me sevant d'une défmition plus large, que César a appelé campestria laça ceux qui lui rappelaient la campagne de Rome, formée de monticules à pentes douces. Dès lors, nous trouvons indiqué dans le texte le premier contre-fort des Montfordes sur la rive droite du Tddeure. C'est une vaste lande bosselée et d'un assez fort relief avec

I. Examen det opéraliont et da travaux dt César devant Aleiia, p. ^H.

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532 , CUXCLUSIOX POUR kLkOE

des penles douces sur la partie large de la vallée. Son doiu est Ckarfoinge '.

li n'y a t^ie là où l'entrée des Gaulois dans la ville ait pu motiver une réduction des lignes, que là où la proximité de l'ennemi et sa position dominante aient nécessité tant de travaux.

Au revers de Charfoinge qui regarde le massif, règne un vallon étroit, auquel s'attache la montée d'abord très douce des Petites Montfordes. Vers le bas de celte montée fut le retranchement don! se couvrirent d'abord les Gaulois. Le vallon Forme comme une rivière profonde de terre végétale qui descend dans le même sens que la vallée du Tddeure, et qui aboutît à cette vallée après avoir longé la façade de la ville et le pied du Mouniot. Là même où il est le plus étroit, il offre encore plus de largeur qu'il n'en faut pour avoir contenu le double fossé et les autres défenses qui précédaient le retranchement romain. Il justiGe l'épithète de demissa que les Commentaires joignent à celle de campettria dans le passage où est expliquée l'appropriation de l'a rri ère-fossé, qui servît à conduire de l'eau : duat fossas... perduxit, quorum inleriorem campestribia acdemUsis locit aqua ex flanine derivata compleoit. (C. 72.) Cette eau formait sans doute un surcroît de défense; mais elle était destinée avant tout à fournir de quoi boire dans les camps établis sur Charfoinge,'derrière le retranchement. Elle fut dérivée du Tôdeure qui se prélait parfaitement à une opération de ce genre. Cette rivière, avant de se précipiter de cascade en cascade, coule à une assez grande élévation pour avoir pu être conduite au revers de Charfoinge rien que par des rigoles de bois. On a objecté à tort qu'elle était privée d'eau pendant l'été'. Le public sera bientôt mis à même d'en juger par une vue de la belle cascade dite l« Gou de Cortche, qui a été prise au mois de septembre, après la sécheresse exceptionnelle de l'été dernier'. La vérité est que, par un phénomène qu'on n'a pas expliqué, le Tôdeure,

1. Vrais«mblab)emeiit le nom de CéBU est contenu dans Charfoinge et dan*

Chjneitnt. L'uualogu.: Ckerbmrg {C^tarîs fturgiu) m'aulorlsi! A In coujurturer; uali, pour l'atariuer, il faudruil dee titres trùs aadeus qu'il n'j a pas (l'espoir de reaconlrer.

2. Alise, etc., par H. Rossigool, p. 50; AlaUe, Alise, par M. Revillont, p. 9.

3. Cette Tue fait partie d'un album lithograpliiË que l'éditeur Dodiven prépare eu ce momeat à Besao^n tous le tilre de Itintraire SAUsia.

Quelques planches da cet album ont £té eiècuLèes : les unes par H. Victor Jeauaeney, actuellement profeseeur de dessin au Lycie de Vesoul; les autres par le dessinateur et archéologue Edmond Tudot. Le départ de Besaii;on da premier de ces artiatee et la mort do second ont empècLÉ l'entreprise d'aboutir. — k. C.

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SAKS LA QUESTION d'aLSSIA 533

dans de certaines saisons, finit par n'être plus qu'un mince filet d'eau lorsqu'il arrive au Lison, quoiqu'il soit toujours abondant dani son cours supérieur.

Ainsi, tout ce qui est énoncé dans le chapiire 72 s'applique parfaitement à Charfoinge. Cette émînence était primitivement hors des lignes : les lignes furent portées dessus aussitôt que la plaine située derrière les Montfordes cessa d'être le quartier général de l'ennemi. Le retranchement, loin d'avoir été remanié dans toute son étendue, ne le fut que sur une longueur de trois à quatre kilomètres. Les onze milles énoncés en premier lieu ont donc pu rester sans que la vérité en souffrit. Elle n'est m<Vme atteinte en aucune façon :1e développement total fut de onze milles juste après la réduction ; auparavant il était de onze milles et demi.

Par cette interprétation, qui est des lieux et non pas de moi, s'évanouit l'hypothèse d'une contrevallation conforme sur tout son circuit à la description que donne l'historien, et, indépendamment de cela, défaite partout, après avoir été commencée, pour être refaite plus petite. Un ensemble de fossés, qu'on n'aurait pas pu évaluer à moins de soixante ou soixante-dix kilomètres, se réduit à vingt-cinq au plus, et l'on obtient une économie de temps et de forces qui permettra de concevoir l'immensité des ouvrages exécutés postérieurement.

Faisons maintenant le tour du massif. A tous les endroits où l'explication qui précède exige qu'il y ait eu des travaux, nous allons trouver, soit des vestiges encore visibles de ces travaux, soit des dénominations qui en ont conservé la mémoire.

Je commence par le Mouniot au pied duquel est la Foasure, et le mot fossore ne peut pas avoir été appliqué à un accident naturel. Évidemment des fossés ont été creusés en cet endroit; on peut même affirmer que ces lossés munissaient une contrevallation, parce que la Fos- Eure se décompose en Bai de Valliéres, Valliéres, Dessus da Vallières.

Il faut être étranger à toutes les notions de l'étymologie pour avoir soutenu, comme on l'a fait, que Vallières, vallarix, est un diminutif de vaUia', Le diminutif davallis eBtvallicella, qui a formé vawce/fe. Vallaria» est un dérivé de vallwn au même titre que pomarium et eolumbaritan sont des dérivés de pomum et de columba. Il désigne un lieu où ont été posés ces retranchementa en palissades que les Komains appelaient valtum. Cette déduction est rigoureuse non seulement pour les Vallières d'Alaise, mats pour tous les lieux de France qui portent le même nom.

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