im.,i. m, p. i
Le mot SAMI , quo porleal quelques-uaea de ces moQOaies, avait kik lo SANT : de ià vint l'altributioa faîte aui SanlODS de ce type monétaire. ■ Mais II est reconnu aujourd'liiii que cea poUus avaient cours chez les SËquaues et cfaez les Éduens. u (Alesia, ton véritable emplacement, par Anatole de Barthé- ' lemy, eitrait de la Revae des guesliom hiitoriquei, 1861, gr. in-B*, p. 61, noté S.) — A. C.
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548 C0NCLUS10> POUR ALAISE
tiens plus ou moins accommodées à l'erreur du moine Herric : je Va abordé directement, serré de près et sur tous les points, de manière à lui faire rendre le fond de sa pensée ; et j'ai donné de la consistance à chacun des aveux que j'ai arrachés de lui, par te rapprochement des témoignées qui sont encore écrits sur les lieux. Il ne fallait pas moins pour ramener au véritable sentiment des choses la conscience publique égarée par de fausses apparences. Quelle que sdt mon aversion pour la prolixité, j'ai dû étendre aux dimensions d'une brochure le raisonnement qu'en toute autre circonstance j'aurais renfermé dans ce peu de paroles :
Il y a dans l'ancienne Séquanie un lieu dont le nom actuel est !e calque du nom latin Alesia. Ce lieu a été une ville celtique. Tout ce qui l'environne atteste qu'il a été assiégé dans les r^les de l'art, qu'on s'est battu, qu'on s'est tué sur tout son pourtour. Au-dessus est l'emplacement d'une grande bataille, un plateau à peu près inabordaUe de tous les cétés, au bout duquel le monde semble finir, où des armées n'ont pu se rencontrer qu'à l'occasion de la ville qui était à ses pieds. Des vesliges de retranchements, des sépultures sans nombre, des antiquités tirées de ces sépultures, prouvent que la bataille a eu lieu entre les Romains et les Gaulois, à une époque où ceux-ci n'avaient encore perdu ni leurs arts ni leurs usages. Les Romains n'avaient pas porté leurs armes en Séquanie avant llîésar; après César la civilisation gauloise n'a pas subsisté plus d'un quart de siècle, et il est certain que pendant ce laps de temps la Séquanie n'a été le théâtre ni d'une grande bataille, ni d'un siège comparable à celui de Numance par la difficulté de son entreprise. C'est donc dans les Commentaires de César que doit être l'explication des événements qui se sont passés là.
Voilà ce qu'il suffisait de dire, et ce qui justifiait aux yeux de juges non prévenus ma conclusion, qui est certaine de la certitude que porte avec lui le fait le mieux prouvé :
Alaise est l'antique Alesia.
Je plains la témérité de ceux qui l'on nié tout d'abord. Blessés dans je ne sais quelle religion, ils ont commencé par crier à Tanathème, comme si l'arche sainte avait été violée; et des personnes, dont plusieurs se sont fait un nom eii redressant des erreurs commises sur le sens des auteurs, n'ont pas voulu admettre qu'on se fUI trompé en expliquant César. Le livre de la guerre des Gaules seraitil donc de ceux sur lesquels l'accord des érudits s'est fixé au point qu'il ne soit plus permis d'y toucher? C'est tout lecontraire. A l'heure qu'il est, deux doctrines divisent l'Allemagne rien qu'au point de vue
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DANS LA QUESTION d'aLESIA K49
de l'interprétation grammaticale ' . Quant k l'interprétation géi^apbique, on est encore à l'attendre de la France, qui seule peut la don- ner, qui depuis des années aurait AU la donner, puisque le livre de la guerre des Gaules est sa Genèse. Nous n'avons cependant à offrir que des mémoires sur un petit nombre de points pris çà et là, presque toujours les mêmes mémoires, et ces mémoires, à peu d'exceptions près, sont des ouvrages surannés, composés lorsque manquaient tant de notions acquises, tant de ressources de toute sorte qui sont aujourd'hui au service de la science. De tous les lieux que César nomme en dehors de la province romaine, il n'y en a pas six dont on ait retrouvé la place d'une manière incontestable; à plus forte raison l'incertitude exÎ8t&4-elle pour les autres lieux qu'il désigne sans les nommer,
Une idée nouvelle se produisant sur un passage capital d'un auteur si peu travaillé, l'accueillir par des huées n'était pas le fait de la sagesse; il fallait au contraire lui prêter atteittion et faveur. En se livrant d'abord à une étude approfondie du texte, on aurait vu que celle idée n'était pas si extravagante. En remontant h l'origine de l'interprétation accréditée par le temps, on aurait eu à décider si le témoignage d'un moine du ix* siècle l'emporte sur celui de César, de Plutarque, de Dion Cassius. D était temps alors de prêter L'oreille à M. Delacroix. En faisant un choix parmi les raisons qu'il allègue, on parvenait à former presque complètement cet ensemble surprenant de dénominations et de monuments dont le mémoire qu'on vient de lire n'est guère qu'une mise en œuvre dilTérente, car les éléments pour tout dire ont été donnés dès le premier jour. Se défiait-on de H. Delacroix? D fallait recourir au récit des autres excursions dans lesquelles les mêmes faits ont été constatés; et si l'on doutait encore, il fallait y aller voir. Voilà quelle est la conduite à tenir dans une question de critique.
Au lieu de cela, on se révolte, on s'interdit la lecture de tout ce qui se dit pour Alaise, on n'accueille que les écrits contradictoires, sans observer tout ce que ces écrits contiennent de sophismes, de contresens, de fausses citations et de lacunes; on nie jusqu'à l'utilité d'une discussion, en se retranchant derrière la carte du Dépôt de la guerre, où les reliefs dos parties basses ont été exî^rés, et qui, donnât-elle d'ailleurs la plus juste idée des lieux, ne prouverait pas que les Romains n'ont pas pu faire la guerre dans le Jura, pas plus que la carte de hi Kabylie ne prouvera, dans les âges futurs, que nos armées n'y
, Voir tes deux édUione de» Commentairet dopnées récenmeDt p&r 1. Nlpperdey (un roL gr. in-S, Ulpilg), et Schneider (2 vol. ln-8, Halle).
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350 COSCLIISIOS POVR ALAISE DANS LA QUESTION d'aLESU
ont pas porté de la cavalerie et des canons; on multiplie les voyages au mont Auxois pour constater des découvertes d'antiquités gallo-ri>maines qui ne font rien à la question, pour en rapporter une broche de fer et de la monnaie gauloise qui fait rire 1es~ connaisseurs en numismatique, pour y découvrir, k une distance impossible, les vestiges d'une prétendue circonvallation répondant à une montagne dont la disposition est telle, que la sottise du général qui l'aurait investie de la sorle ne serait surpassée que par celle de l'ennemi qui s'y serait laissé enfermer; enfin, l'on s'enferre autant qu'il est possible, et on se réduit à la dernière alternative ou de persévérer dans une opposition ridicule ou de confesser qu'on s'est fait l'apôtre de l'erreur.
Si les champions d'Alise veulent m'en croire, ils choisiront ce dernier parti; ils se convertiront; ils apporteront le tribut de leur savoir et de leurs efforts au grand travail d'exploration qui doit commenter à présent. Les choses ne sont qu'indiquées : la terre et les bois en couvrent encore la plus grande partie. Archéologues et militaires, ils trouveront là de l'ouvrage pour longtemps. Que les uns aillent fouiller les tumulus de Bartherans, de By, d'Amanccy, de Charfoinge et du massif d'Alaise; qu'ils recueillent les produits d'un art qui se révèle sous le jour le plus nouveau; qu'ils reconnaissent toutes les raines d'habitations, les directions des vieilles voies, les vestiges des enceintes successives qui formaient l'oppidum, et la somme des notions que nous avons sur les Gaulois s'augmentera de beaucoup. Que les autres remettent les lignes du siège juste à leur place, qu'ils étudient le système des retranchements supérieurs, qu'ils supputent les ressources avec lesquelles furent exécutés ces immenses travaux, et ils feront comprendre mieux que je ne l'ai fait comment trois cent cinquante mille hommes intelligents et braves furent incapables de l'emporter sur soixante mille Romains, comment aussi l'antiquité ne se trompa pas lorsqu'elle vit dans les opérations de César autour d'Alesia le chef d'œuvre des chefs-d'œuvre en fait d'art militaire.
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