ARMES TROUVÉES A ALISE-SAINTE-REINE
(Rreue archéologique, 1865. — Bibliogr., d" 191. Mtmoirt* de la SodéU d'Émulation du Dmbi,iiSS.— Blbliogr.,D'34g.)
Le mémoire qui va suivre fut une réplique à l'eshibitioii qu'avait faite Ml Vercbëre de' Reffye, officier d'ordaunauce de l'Empereur, des armée remiies à cet énidit militaire comme proveoaal des fouillée d'Alise-Sain te- Reine. Ces fouilles avaient produit d'abord des armes et outils apparteaant en majorité à l'âge du bronze, époque snléneure d'environ six siècles i l'ère moderre. Un second apport se composeiL, au contraire, d'armes en fer, dont plusieurs semblaient analogues i celles des peuplades barbares qui envahirent la Gaule aux quatriënie et cinquième siècles de notre ère. Quicberat insistait sur ces analogies, qui lui paraissaient déravorables & la cause du mont Auiois, et il en prenait texte pour donner, une fois de plus, la somme des motifs qui empêchaient, selon lui, roasimilatioD de •cette localité avec l'Alesia des Commentairet.
Je ne crois pas ine tromper en regardant comme un appel à la discussion l'article sous forme de lettre au docteur Keller, de Zurich, publié par M. Verchère de ReCfye dans le numéro de la Revue archéoiogigue du mois de novembre dernier'. L'objet de cet article est de porter à la connaissance du public les armes fournies par les dernières fouilles que l'Empereur a fait exécuter autour du mont Auxois. La découverte remonte déjà au mois de mars 1863. Presque tous les journaux de la France et de l'Europe l'ont annoncée, et, qui plus est, ont décidé quelle en était la signification archéologique : de sorte que ce jugement, auquel de nombreux auteurs se sont référés
1. Lei armef d'Alûe, lettre h H. U docteur F. Keller, prétident de la Boclété de* anUqualret de Zurich, R«>u« archéologique, nouvelle série, 5> année, p. 337.
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558 EXAMEN DES ARHES TROUVÉES A AU$E-$&I»TE*BEl»E
depuis lors, est devenu presque souverain. Oa voit qu'il était à propos que les pièces fussent produites, ne fût-ce que pour la satisfactiop de ceux qui aiment voir avant de croire. Il faut se réjouir que la production ait eu lieu par les soins d'un savant et loyal ofGcier, qui a fait d'ingénieuses expériences sur les objets dont il s'agit, qui n'est pas engagé autrement dans le débat où il apporte son concours, et qui veut avant tout que la lumière se fasse. C'est ce qu'il exprime on ne peut mieux en terminant son article : < Quand on a pour but moins le désir de faire triompher sa propre manière de. voir que d'arriver à la connaissance de la vérité par la discussion, on ne craint pas de prêter ses propres armes à ses adversaires. » Il n'est personne qui n'applaudisse à ces paroles. Non, la solution d'un problème historique n'est pas un jeu de surprise et d'embûches ; oui, il faut que les cartes qu'on a dans la main soient mises libéralement et franchement sous les yeux de l'adversaire : c'est ]h la première condition pour que la partie soit dans les règles ; et la seconde condition, c'est que Tadversaire ne garde rien ponr loi des ot^ections que- sa conscience et sa raison lui suggèrent.
L'opinion que le mont A.uxoisnous représente l'Âlesia de César est entrée dans l'atelier dont M. de Reffye dirige les travaux. L'honorable officier l'a accueillie, certainement parce qu'elle lui était présentée comme la meilleure, et, partant de là, il a trouvé dans les auteurs anciens qui ont décrit l'armement des légions romaines et celui des Gaulois l'image fidèle des pointes et des lames qu'on lui apportait d'Alise. Je vais essayer de démontrer d'abord que ses interprétations, ou pour mieux dire les interprétations sur lesquelles il s'est appuyé, manquent tout à fait de rigueur, et ensuite je dirai ce que j'ai à dire sur la thèse historique en laveur de laquelle on lui a fait accroire qu'il travaillait.
La plus grande partie de la lettre au docteur Keller est consacrée au pilum, l'arme distinctive de l'infanterie romaine, cet objet si commun, dont il a dû se perdre un grand nombre sur les champs de bataille, et dont cependant il a été impossible jusqu'ici à l'archéologie de recueillir un seul échantillon certain. M. de Reffye annonce que le pilum vient d'être retrouvé en Allemagne. M. Lindenschmit, conservateur du Musée de Mayence, est l'heureux auteur de cette découverte, dont les fouilles d'Alise auraient pleinement confirmé le résultat.
Les travaux de M. Lindenschmit devenant ainsi la base de déductions toutes nouvelles dans une question très controversée, il n'était pas inutile de résumer ces travaux, ou au moins d'indiquer -oà et
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