EXAMEN DES ABHES TROUVEES A ALI SE- SAINTE-REINE
quand ils ont paru. M. de RefTye s'est dispensé de ce soin : en quai il s'est montré plus pressé de faire connaître ce qu'il avait dans l'esprit qu'attentif à préparer le chemin par où devait passer l'esprit de ses lecteurs. Les notes et renvois dont les érudits surchargent leurs écrits ne sont pas de la superfétation, lorsqu'ils ont pour objet de faciliter le recours aux sources. M. de RelTye l'éprouvera plus tard, s'il continue à faire de l'archéologie, et dés à présentée ne doute point qu'il ne soit au regret lorsqu'il saura que son laconisme m'a fait perdre en recherches un temps infini. Heureusement pour moi, j'ai l'habitude du métier, et voici ce que j'ai constaté par suite de mes vérifications.
En 1860, M. Lindenschmit, publiant la collection d'armes du prince de Hohenzollern-Sigmaringen, émit, à propos d'un angon mérovingien, l'opinion que cet objet n'était pas autre chose que le fer du pilum romain*. Il dessina même une restitution du pilum tel qu'il le concevait, en interprétant à sa manière la description que Polybe nous a laissée de cette arme dans le chapitre xxiii de son sixième livre.
L'année suivante, M. Lindenschmit revint sur le même sujet dans le Recueil des antiquités de P Allemagne païenne, autre ouvrt^e dont il est également l'auteur". Cette fois il prît pour thème les angons du musée de Mayence, et quoique ces armes ne différassent en rien des autres angons, il crut devoir, pour le triomphe de sa doctrine, les mettre en comparaison avec un autre objet qui n'y ressemble que de loin. C'est une pique figurée à la main de deux soldats de la XV* légion />rim F j/enia, lesquels ont été représentés en bas-relief sur leur cippe funéraire'. Le trait caractéristique de cette pique est que, vers les trois quai-ts de sa hauteur, elle présente un renflement dont l'elTet est celui d'un gros peloton enfilé dans une broche. Quoiqu'il soit impossible, par la manière dont la sculpture est faite, de discerner l'c^ustement respectif du fer et du bois, l'antiquaire mayençais n'en eut pas moins la conviction qu'il tenait une autre manière d'être du pilum, c'est-à-dire, pour lui, une variété de l'angon.
En troisième lieu, et tiès peu de temps après ue que je viens de rapporter, un dragage pratiqué dans le Rhin fournit, avec beaucoup de débris romains des deux premiers siècles de l'Empire, deux traits de fer- qui furent apportés au même musée de Mayence*. Ces
1. DU mterlmdUcken AUerthûmer der fùrtliieh Bohenzoller'tehen Sammluagen tu Sigmaringen, p. 22 Qt suIt.