‹ Mélanges d'archéologie et d'histoireChapitre 224 sur 240 · Bnitième cahier, pi. VI · texte numérisé non relu

Bnitième cahier, pi. VI

\. Oiùiime c«hier, pi. V.

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S60 EZAHEN DES A&HES TROUVÉES A AUSE-SAINTE-BEUIE

pièces ont certainement plus de ressemblance que les angons mérovingiens avec la pique des légiotmaires de la XV', mais sans entendant être la même chose que<cette pique. Le dard est posé sur un large pied creux en forme de douille, qui rend assez bien l'efTetdu lenHement dont je parlais tout à l'heure; mais de ce pied sort un barreau de fer à usage de tenon pour engager l'instrument dans un tasseau de hois aussi lai^ que le pied lui-même : de soiie que la monture détruisait la ressemblance avec la pique. D'ailleurs la tige du dard est plus longue du double, en même temps que moins épaisse de la moitié, et la pointe du dard est sans ailes. Quoi qu'il en soit, l'objet ne laissa pas que d'être encore un pilum aux yeux de M. Lindenschmit, et il le fit graver comme tel.

Voilà donc, de compte fait, trois formes assignées à la même arme. Pour plus de clarté, j'en donne la figure, en prenant le soin, que n'a pas eu M. Lindenschmit, de réduire les trois modèles à la même échelle (PI. VIII, fig. i).

A est l'angon mérovingien réputé être le plus conforme & la description de Potybe.

B est l'un des deux fers retirés du lit du Khin.

C est la pique figurée dans la main des légionnaires de la XV* pnmigenia.

Voyons comment ces objets justifient l'attrihution qu'ils ont reçue du savant niayenfais.

Pour que l'angon mérovingien devienne le fer du pilum, il faut, d'une part, que la mesure donnée par Polybe pour le diamètre, c'està-dire pour l'épaisseur, sinon de l'arme entière, au moins de sa partie principale, il faut, dis-je, que cette mesure d'épaisseur de t'arme devienne celle de la longueur du dard ' : transposition qu'il m'est permis de trouv.r un peu forte.

Il faut, en outre, que l'on donne à l'angon une profondeur de douille de quarante-cinq ceutïnièfres *, ce qui ne s'est jamais trou *é sur aucun échantillon, ni du musée de Mayence, ni de la collection de Sigmaringen, ni d'aucune autre des collections de l'Europe qui possèdent des angons, la douille de cette arme n'ayant jamais en profondeur plus de dix à quinze centimètres.

De telles suppositions, inadmissibles en bonne critique, me forcent de restreindre l'usage de l'angon à celui qu'il eut entre les mains des barbares germains, du iv' au viii' siècle de notre ère.

1. Die valerljendUchen AlUrlkûmeT, etc., p. 33. a. Ibid., p. 1*.

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EXAHEH DES ARUES TROUVÉES A AUSE-SAINTE-REIKE ^61

Le fer trouvé dans le Rhin nous représente-t-îl plus fidèlement le pilum ?

La seule preuve alléguée en sa faveur par M. Lindenschmit, c'est que le barreau inférieur qui faisait office de tenon présente l'épaisseur attribuée par Polybe à la partie inférieure des fers de pilum '. J'avoue que ma surprise est grande de voir citer Polybe ici, quand cet écrivain a déjà été pris pour autorité dans l'assimitatioii du pilum avec l'angon ; quand le critique allemand a précisément discuté dans sa première dissertation * cette épaisseur de la partie inférieure du fer, et qu'il a conclu qu'on devait l'entendre de l'épaisseur produite parla superposition d'un anneau de fer à la douille de l'angon. Evidemment il ; a inadvertance de la part de M. Lindenschmit. Qu'il réfléchisse et qu'il choisisse entre l'arme dont le bois s'engageait dans le fer et celle dont le fer s'engageait dans le bois, qu'il se décide pour la ÛgureA ou pour la G^re B. Je veux bien que dans sa pensée ce soit l'une ou l'autre que Polybe a voulu décrire ; personne ne lui concédera que ç'aient été toutes tes deux à la fois.

El tout de suite j'ajoute, pour mon compte, que ce n'est ni l'une ni l'autre, et comme j'ai démontré tout à l'heure au pris de quelle violence le texte de Polybe avait été rendu conforme à la figure de l'angon, je vais faire voir que ni ce texte ni aucun autre ne peuvent s'appliquer à l'instrument trouvé dans le Rhin,

En effet, les termes de Polybe ' sont que le fer présente trois demi doigts (vingt-huit millimètres) d'épaisseur à sa partie inférieure et â l'endroit où il s'adapte contre le bois : xal -ti] «pô; tô ÇJXm cuvaipî), Contm le bois, et non pas dans le bois ; c'est-à-dire que le fer était appliqué extérieurement au bois, et non pas fourré dans le boia.

Plutarque, dans la Vie de Marius *, exprime la même chose avec encore plus de clarté, quand il définit le mode d'i^ustement des deux pièces. Ses paroles sont celles-ci : tô si; TàvsfS'rjfoyEiJiSXiq^aTsi} ÇjXau, l'insertion ou, à proprement parler, l'ente du bois dans le fer, et non pas l'ente du fer dans le bois.

Et maintenant, lorsque le même Plutarque ° et Strabon* attestent

). UU ÀlUrthûmer unterer heidniichen Vorzeit, XI» cahier, notice de lu pi. VI.

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