‹ Mélanges d'archéologie et d'histoireChapitre 47 sur 240 · TUMULUS ET DOLMENS ENFOUIS · texte numérisé non relu

TUMULUS ET DOLMENS ENFOUIS

A quelques centaines de mètres au-des.'^ous de Villeneuve-Saint- Geoi^^, le lit de la Seine, mr la rive droite, est contenu par une berge élevée que les grandes eaux viennent ronger chaque année, de sorte que le terrain se trouve coupé à pic. Sur la tranchée apparaissent de lai^s taches de forme triangulaire. C'est à ces taches que s'est attaqué M. Roujou. 11 a reconnu qu'elles étaient la coupe de sépultures déposées en pleine terre, à 50, 60, 80 centimètres au-despons du sol. L'enfouissement a eu lieu à une époque où, la rivière ayant son cours plus à gauche, la herge, qui est aujourd'hui à pic, formait un plan incliné. Non seulement la pente depuis longtemps détruite, mais encore le teirain au bas de la pente ont servi de cimetière. Des sépultures existent dans leur entier presque à fleur des platsbords, qui restent à sec pendant la saison des basses eaux.

Le déplacement du cours de la Seine n'est pas une hypothèse. On distingue très bien l'ancien lit au bas de la plaine qui sépare Ablon de Choisy-le-Roi. D'autre part, comme la drague retire sans cesse du Ht actuel des objets romains et même de l'art celtique avancé, il s'ensuit qu'il faut reporter à des temps très reculés le déplacement du fleuve, et par conséquent l'Age des sépultures qui précédèrent ce déplacement.

Quant aux sépultures elles-mêmes, à part leur enfouissement, elles sont construites de la même manière que les tumulus dont j'ai donné si souvent la description dans mes Rapports. Un foyer disposé en rond a été allumé; puis sur les cendres on a étendu un ou plusieurs morts avec des animaux ou portions d'animaux, tels que chiens, sangliers ou ruminants de diverses espèces, avec des morceaux de pots cassés, avec des outils et des armes, la plupart cassés paiement. En dernier lieu, le tertre a été formé au moyen de pierraille ou de moellon ; et tout cela, au lieu d'être fait à la surface du sol, l'a été au fond d'un trou creusé dans cette intention, qu'on a ensuite recouvert de terre. Dans les cendres se trouvent du charbon, et quelquefois des os humains calcinés. Les poteries ne sont pas des plus grossières que l'on connaisse; quelques-unes sont d'une pâte assez serrée ; elles ont été fabriquées avec le secours de l'ébauchoir. Les armes et outils sont tous en pierre, trëmolithe, grès, calcaii-e compact ou silex. Les silex sont innombrables par leur quantité ; ils présentent dans leurs formes et leurs dimensions des variétés infinies.

Lorsque H. Roujou commença l'exploration du cimetière de Villeneuve, un architecte de Paris, M. Leguay, avait constaté des faits semblables sur le bord de la Marne, à la Varenne-Saint-Maur. Le gisement de la Varenne n'a fourni non plus, en fait d'objets manufac-

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