ANTIQUITÉS DE TARN-ET-GAROSSK
• petit coin du territoire. Il n'est possible de conjecturer 1'^ des monuments qu'à la suite d'observations réitérées. Avant de se prononcer sur le groupe qu'on a devant les yeux, il est indispensable de prendre connaissance des congénères qui sont disséminés dans le reste du pays ; car la moindre circonstance fournie par ceux-ci et qui manquerait aux autres surfît pour modifier l'opinion qu'on se serait faite a priori.
le vois, par exemple, notre correspondant reculer la construction des dolmens jusqu'à l'époque où les hommes n'étaient pas encore groupés en tribus. Comment a-t-il été amené à cette conclusion? Probablement par la considération que les dolmens encore intacts qui ont été récemment explorés dans le département de Tam-el- Garonne ne contenaient que de ces objets grossiers qui forment le contingent de l'époque appelée l'âge de pierre, et Tâge de pierre, faute d'une défmition qu'on attend encore de ceux qui ont mis inconsidérément ce terme à la mode, l'âge de pierre s'est retiacé dans l'esprit de H. Devais comme le temps où il n'y avait encore d'autre lien social que la famille. Cependant on fouille les dolmens depuis bien des années, et, quoique ces explorations n'aient pas toutes été faites avec discernement, nous possédons assez de relations dignes de foi, nous voyons dans nos musées assez d'objets tirés notoirement de ces sépultures, pour aHirmer que les produits de l'art celtique le plus avancé s'y sont rencontrés maintes fois. H est donc prouvé à l'heure qu'il est que les Celtes déposaient leurs morts, ou certains de leurs morts, sous des dolmens. Est-ce une mode qu'ils avaient empruntée à une race qui occupa notre territoire avant eux? Quoiqu'il y ait bien des choses à dire contre une pareille supposition, admettons qu'elle soit prouvée; il n'en résultera pas qu'on puisse regarder les dolmens comme l'ouvrage d'hommes ne connaissant encore d'autre organisation que celle de la famille. S'il y a des monuments qui prouvent l'existence de la tribu, ce sont ceux dont les matériaux n'ont pu être apportés et dressés que par un nombre inQni de bras et avec une dépense énonne de temps.
Ces objections ne sont pas les seules auxquelles donne lieu le travail de M. Devais. Les dates qu'il assigne dans son premier rapport aux galeries souterraines, ainsi qu'aux extrémités des plateaux défendues par des fossés, lui servent à introduire dans l'histoire une époque trc^flodytique où les bommes habitaient des cavernes artificielles, et à établir la formule de ce qu'il croit être les premiers oppidum gaulois. Que deviennent ces conclusions après les remarques que je me suis
permis de lui faire précédemment?
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Je n'insisterai pas davantage. Notre studieux correspondant n'a certainement point entendu mettre au jour un système définitif. C'est à titre d'essai qu'il a fourni au Comité ses idées sur l'easeinble des monuments h la recherche desquels it s'est livré jusqu'ici. Gela prouve qu'il joint à l'esprit d'observaUou celui de généralisation. Nous ne voudrions pas réprimer en lui une tendance louable; nous lui conseillons seulement de se défier des généralisations précipitées.
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RAPPORTS
AU COMITÉ DES TRAVAUX HISTORIQUES