FOUILLES DU LAC DU BOURGET
t du Sociitit lavantes, IS70 et 1873. - Bibllogr., n" 153 et 158.)
M. Laurent Habut continue de fouiller avec «n zèle digne des plus grands éloges, et toujours avec le même succès, l'emplacement des habitations sur pilotis du lac du Bourget. Le rapport que j'ai sons les yeux concerne les rechercbes exécutées du mois de juilleH868 au mois de mai ISCQ avec l'arçent de l'allocation accordée par M. le Ministre à la demande du Comité, I^s stations explorées ont été celles de Chdtillon, Conjux, Grésine etTresserve, d'où notre correspondant avait déjà retiré tant de pièces remarquables. C'est nue mine qu'il n'est pas près d'avoir épuisée. Le butin recueilli n'est pas inférieur k celui des précédentes campagnes. Grésine est le point qui a le plus fourni.
Arant d'en venir au détail des objets, je m'arrête un instant aus conclusions historiques qui forment le préambule du rapport.
La fouille de Grésine a donné deux pointes de lance et une pointe de Aèche en bronze, avec une hache celtique également en bronze. Cette circonstance, jointe à la présence de crânes humains, de pièces de bois converties en braise et de tous les indices d'un violent incendie, amène M. Rabut à supposer que le village fut détruit par le feu à la suite d'un siège.
Rien n'étant plus facile à discerner que les traces du feu, on peut tenir pour certain le genre de destruction que M. Rabut assigne au village, ou tout au moins à la partie du village, sur laquelle il a opéré. Mais est-il possible de reconnaître, aux résidus d'un incendie, s'il a été allumé par l'ennemi ou s'il a été le résultat de tout autre accident' Des armes et des os humains ne prouvent pas te fait d'une agressio'
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FOUILLES m: LAC DU BOURHFT 1S5
hostile, puisqu'il y avait dans toutes les huttes des villages lacustres, aussi bien que dans celles des autres villages, des hommes possédant un attirail de combat plus ou moins ramplet. Il me semble même que, si l'on voulait à toute force fonder une conjecture sur ces indices, ils dénoteraient plutôt un incendie accidentel qui aurait surpris tes tiabitanls dans leur sommeil. Autrement, ceux-ci se seraient enfuis dans leurs bateaux, au lieu d'attendre la mort dans les flammes.
La conclusion de M. Rabut ne découle donc pas rigoureusement de l'inspection des objets péchés à Grésine, et je doute fort qu'elle lui fût venue à l'esprit, s'il n'avait pas été sous l'empire d'une idée préconçue. Je me souviens eSectivemeut que, dans son mémoire présenté an concours des Sociétés savantes pour 186S, il émettait l'opinion qu'une palissade, découverte autour de la station de Conjux, devait être une contre val lation élevée par les Romains. Les Romains aifant assise Conjux, il va de soi qu'ils assiégèrent aussi Grésine, et ainsi du reste, de sorte que chacun des villages lacustres du pays allobroge aurait eu à subir un siège dans les règles.
M. Chabouillet, dans son rapport sur le concours de 1868, a noté l'improbabilité du fait en ce qui concerne Conjux. Plus on chercherait à étendre une pareille supposition, moins elle serait admissible. C'est ici le cas de répétera M. Rabut ce que notre judicieux secrétaire lui disait du danger qu'il y a pour les explorateurs à vouloir expliquer tout, et trop tôt. J'ajouterai à ce conseil la recommandation de se t«iir en garde contre une tendance naturelle de l'esprit, qui est de préférer aux interprétations simples celleR qui donnent aux choses une tournure dramatique. Des palissades existent autour de certaines stations lacustres : tenons-les jusqu'à nouvel ordre pour des clôtures au moyen desquelles les habitants se mettaient en sûreté contre les l'Adeurs de nuit. Les décombres des maisons annoncent que celles-ci ont élu brûlées ; disons qu'elles ont été brûlées, sans imputer gratuitement l'incendie aux l^ons qui firent la conquête définitive du pays allobrt^e.
Les objets d'antiquité décrits par M. Rabut se rapportent généralement à des espèces qu'il a eu déjà l'occasion de signaler. Il faut citer en premier lieu la jolie poterie d'applique que l'on ne connaissait point avant ses recherches. Ce sont des vases d'une pâte plus fine que les autres, dont la panse a été sillonnée d'ornements linéaires, et dans les creux on a insinué des filets découpés d'une feuille d'étain.
Les vaaes pour l'usage commun présentent une grande variété. Ce sont des plats, des assiettes, des bols, des tasses, des écuellea, des jarres, des terrines, des urnes en forme de pots à fleur. Toutes ces
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