ANTIQUITÉS GAULOISES
tuiles, des éclats de marbre ; enfin il a appris que tous les objets de qudque valeur produits par les fouilles étaient allés dans la poche des ouvriers pour passer de là entre les mains des brocanteurs. Combien de fois le même fait ne s'est-il pas reproduit depuis le commencement de ces grands travaux qui ont retourné le sol de la France entière I Tant de trouvailles faites dans ces trente dernières années, qui auraient dû enrichir les muBées, n'ont enrichi que tes marchands et ont été à peu près en pure perte pour la science.
U. Coumault a rapporté de Naix, pour le Comité, le dessin de plusieurs bijoux de brome Je l'époque romaine. Il s'est appliqué à réunir les types différents de la fibule qui se compose d'une épinj^le fixée sur un annejiu. C'est Vafiche du moyen âge, qui fut d'un usage
universel en France aux xiii» et siv" siècles. Sa place élaitsurla
poitrine; elle s'est consen.ée jusqu'à nos jours dans les campagnes-
C'est avec ce bgou que les paysans de la Bretagne et de l'Auvei^ne
ferment encore leur chemise.
i- 'anneau de l'aliche moderne est feimé. Il était ouvert dans l'an-
'»quilé, et les deux bouts, à l'endroit de l'ouverture, étaient souvent
•'éeoréa de petites pommettes,
Ï^Uisieui-s boucles d'oreille, figurées sur la même feuille, présentent ^'a t\^ remarquable qu'elles ont pour feimoir une cuvette profonde ■ PlUsiieui-s pans ou en forme d'olive, dans laquelle entrait l'autre *** de l'anneai).
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HACHES CELTiaUES
DÉCOUVERTES EN BRETAGNE EN 173i (BulUlin de ta Soeiiti âei Antiquaires, 1875. ~ BibUogr., ii° S33. )
M. QuLcheral donne leclure à la Société, et demande l'inserlion au Bulletin, de la relation d'une curieuse découverte de haches celtiiiues, qui eut lieu en Bretagne vers la Hn de l'année 1131. Ce morceau se trouve dans un ouvrage où l'on n'irwt pas le chercher ; les Traitis de physique et d'histoire ■ naturelle, publiés en 1750 par l'inspecteur de la marine Deslandes. Le voici textuellement :
« Dana la paroisse de Lanrivoaré, à cinq lieues et demie ou six lieues de Brest, est un palu ou marais qui sèche en partie l'été, et qui lient à plusieurs rochers fort escarpés, au travers desquels coulent difTéi-ents petits ruisseaux. On juge que ce marais a été autrefois un grand étang. Des paysans de Lanrivoaré ayant besaîn de pierres plates pour asseoir des ruches à miel, en virent dans ce marais. Mais BOUS la première qu'ils s'eflbrcèrent de tirer et qui leur coûta beaucoup de peines, ils trouvèrent plusieurs coins de fonte semblables à ceux, que j'ai fait dessiner'. Leur curiosité étant piquée par cette découverte, ils fouillèrent dans le reste du marais et en tirèrent plus de deux mille. Le village entier fut occupé pendant dix ou douze jours à ce travail, lequel ne se trouva interrompu que par les fermiers du domaine.
«c Tous ces coins sont de fonte et creux, avec un petit anneau à la base. J'en ai Mi de trois grandeurs dilTérentes, plus de grands cependant que de petits, La matière en est aigre, mais assez particulière par son mélange, et presque aussi pure que de l'acier.
1 Deux questions se présentent d'abord à l'esprit de ceux qui entendent parler de ces coins. La première : à quoi ont-ils servi '? La
1. La rulaliou est accompagnée en elTet Ue tleuï graTUrcs en tuille-Jouce raprèBCDlant sous toutes ses (ormes la hoche celUqne creuse, garnie exiérleuremunt d'un petit ouneau.
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UACUES CELTIOtlES DÉCOUVERTES EN BRETAGNE 19S
seconde : à quel dessein un si grand nombre se frouva-t-il rassemblé en un même lieu? Car ce ne peut être l'efTet du hazard. Il me semble évident que ces coins étant creux, ils ont servi à mettre au bout de quelques bêlons ou de quelques hampes, moins comme arme oiîendve que comme arme dérensive. On attachoit à l'anneau qui est près de la base quelque bandcrolle par forme d'ornement, ou plutôt de reconnoissance dans un combat : ce que l'on sait avoir été d'usage paimi les Celtes et les Gaulois, qui d'ordinaire mettoient de ces sortes de banderolles au bout de leurs lances, près du fer.
t Ce qui m'a donné lieu de former cette conjecture, c'est la traililion du pays qu'il s'est donné autrefois dans la paroisse de LanriToaré une grande bataille; mais on ne sait en quel temps, ni entre qai. On voit seulement dans cette paroisse un cimetière fort singulier, et dont on raconte des choses extraordinaires. 11 se nomme le Cimetihe des Saints ou le Cimetière des Sept-Mille. Au reste, Lanrivoaré n'est guère qu'à une lieue de la mer; il est encore plus près du ehâleau de Trémazan, autrefois très considérable, et le chef-lieu de la terre du Châtel, mais entièrement ruiné pendant que la maison de Brissac possédoit celte terre. Quelques monuments échappés du châleau de Trémazan font connoitre que le fameux Ta nnegui y avoit pris naissance; ce qui n'a point été remarqué, ce me semble, par aucun historien de Bretagne.
f 11 y a apparence que des étrangers encore payens, soit Allemands, EMt Bretons de l'isle,' soit Hybcmois, ayant fait descente subitement en Basse-Bretagne, tuèrent un grand nombre de gens du pays qui voulurent s'y opposer. Je suppose que les autres prirent la fuite, et, de peur que leurs armes no tombassent entre les mains des vainqueurs, ils les jetèrent dans le marais ou l'étang de Lanrivoaré. Les morts furent enterrés dans le cimetière de cette paroisse, auquel on donna le nom de Cimetière des Saints, parce qu'anciennement ceux qui étoient tués en combattant contre les idolâtres, et ensuite contre les mahométans, portoient le même nom. Il y en a plusieurs exemples dans notre histoire pendant le temps des Croisades. Je ne rappellerai point ici tout ce qui se débite de surprenant au sujet du cimetière de Lanrivoaré. C'est une suite de l'ignorance, et elle ne manque guère de répandre le merveilleux et de nourrir la superstition partout où elle es! la plus forte.
< Dans le temps que j'écris ceci, il me vient un doute que je crois décisif. Ces coins n'auroienl-ils pas servi à terminer des bâtons d'é- •endarls? Or, lesêlendarts dès anciens, soit le labaruin des Romains, soit les bannières des Gaulois, n'étoient qu'un léger drapeau qui.
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