Paris, HadieUe, 13S4, 1 vol. iu-12 de St paget
2. Encore Quentin Dunuard, Fenilletoa du Journal général de Franrv Ju sa décembre 1B39.
3. Recherchet tur te chroniqueur Jean Cattel diQi la BUJ. de fEeoie des Charta, ISiO, 1'* B«rie, t. Il, p. ISl-t71.
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contradietions, les erreurs où tant d'autres historiens s'étaient perdus. Un autre ouvrage qu'il publia quelques années après, nous montre mieux encore cette étonnante perspicacité, qui lui faisait découvrir le véritable auteur d'écrits sur la paternité desquels tous ses devanciers s'étaient trompés, son habileté à reconstituer toute la biottraphie d'un personitage à l'aide de mentions insigniliantes, dispersées dans mille lieux divers.
Cette fois il s'agit d'un des textes historiques les plus importants du XV* siècle. Depuis longtemps, tous les érudits mettaient sous le nom d'un certain Amelgard une histoire de Charles Vil et de Louis XI, dont Camuzat, Du Chesne, Du Puy, Martëne et autres avaient publié de nombreux fragments. Un historien du xvi° siècle, Jacques Meyer, avait bien, il est vrai, reconnu après de longs tâtonnements le véritable nom de l'auteur; mais sa découverte avait passé inaperçue, et ce fbt une véritable révélation quand Quicherat vint, en 18*1, démontrer dans la Bibliothèque de l'École des Chartes qu'Ameigard ne pouvait avoir écrit la chronique qu'on lui attribuait, et que le véritable auteur de cet important document était un des personnages les plus considérables du xv° siècle, l'évèque de Lisieux, Thomas Bazin *.
Après avoir établi cette thèse nouvelle sur des arguments irréfutables, Quicberat reconstitue la biographie du chroniqueur à l'aide d'une foule de textes et de menus détails qu'il a eu la patience de rechercher et l'art de découvrir. Rien de plus intéressant que celte partie de son travail, c'est un véritable roman que cette vie de Bazin. Quicberat a pu suivre son héros des l'enfance alors qu'il fuyait Caudebec, sa ville natale, devant les incursions des bandes anglaises et françaises, qui battaient le pays. Plus tard, il nous le montre étudiant aux universités de Paris et de Louvain, allant prendre ses grades à Pavie, assistant au concile de Florence, professeur de droit canon à Caen, chanoine à Bayeux et enfm évèque de Lisieux. Il nous te peint tour à tour fidèle serviteur des Anglais, puis passant au roi de France, lorsque la cause anglaise fut perdue, devenant un des conseillers écoutés de Charles VII, un des docteurs qui préparèrent la réhabilitation de Jeanne d'Arc. Tout à coup, au moment ofi sa fortune était à son comble, la mort de Charles VII amène pour Bazin un revirement fatal. La haine de Louis XI succède à là faveur dont il avait joui jusque-là. Entraîné dans les intrigues de la ligue du Bien public, compromis dans les projets des ennemis du roi en
t. Tbottiat Baiin, sa vie et se> écritt, dans la Bibl, de l'École des Charles, 1" »érie. l. Il[, p. 313-376.
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10 JULES QmCHEHlT
Normandie, Bazin est contraint d'aller réclamer un appui à Bruxelles auprès du duc de Bourgogne, puis de chercher à Louvain un refuge contre les rancunes du roi de France. La suite de l'histoire du malheureux évèque de Lisieux n'est plus dès lors qu'une longue persécution. Se liant après bien dos hésitations aux avances de Louis XI, il s'aventure à regagner son diocèse, il n'est pas à moitié chemin, qu'on le niande à la cour, c'est pour l'envoyer bientôt en esil dans le fond du Boussillon. Bazin s'en échappe après quelques mois, et son biographe le suit dans tous les détails d'une longue odyssée & Genève, à Bille, en Flandre, à Trêves, à Rome, où il espère enfin apaiser son terrible ennemi en renonçant à l'évêché de Lisieux-. Quicherat nous le montre alors entreprenant h l'ùge de soixante ans ces grands travaux historiques, auxquels il consacra les dernières années d'une vie plus d'une fois encore troublée par l'exil.
Une étude aussi approfondie désignait son auteur comme l'éditeur obligé des écrits de Bazin dont il avait si habilement fait ressortir l'intérêt. La Société de l'histoire de France tint à honneur d'en entreprendre la publication, et c'est à Quicherat qu'elle confia, vers 1855, cette tâche importante '.
Nul ne pouvait l'accomplir comme lui, car depuis quatorze ans qu'il avait publié le résultat de ses études sur Thomas Bazin, il n'avait cessé de poursuivre ses recherches sur le xv° siècle, qu'il était arrivé à connaître mieux que personne. Plusieurs mémoires publiés dans l'intervalle sont là pour en témoigner. Ce sont d'abord de précieux documents sur la guerre du Bien public qu'il inséra, en 1843, dans le deuxième volume des Mélanges historiques', publiés sous la direction de Ghampollion-Figeac ; puis des Fragmenti inédite de George» Chastellain", ce fécond chroniqueur dont Buchon avait déjà publié d'importants extraits, mais de telle façon que Quicherat pouvait comparer son édition « à une statue à laquelle il manquerait les épaules, la poitrine, les cuisses et les pieds ; » enfin un curieux mémoire sur Henri Baude, poêle ignoré du temps de Louis XI et de Charles VIII ', mémoire qui fut assez bien accueilli des amis de
1. Thomat Baùn, evégut de Lisieux, hittoire dei régnet de Charles VU et de Louis XI. Paris, Henouard, !855-lgj9, t vol. in-8° do r,LX[V-336, «6, 3M et 507 pages.
3. Lettres, mémoires, iiulrueliong et autres documents relatifs à la guerre du Hial public en Cannée\l46S, dons 1s tome II, p. 194-170, des Mélanges Msioriquet publiés par ChampollioD-Figeuc et qui font partie de la Collection des doeumentii inidits relatifs à rhisloire de France.
3. Rihl. delÉeole des Chartes, iRia. 1" (érî*, l. rv, p. 62-*8.