Hiiioire du diociit de Paria, Ibid., p
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sous-entendu. César continue de montrer l'inconvénient d'une brièveté excessive : ou plutAt le peu d'intérêt qu'il présume que ses lecteurs prendront à des détails secondaires lui fait brusquer à dessein l'ordre des faits. 11 veut dire que Labiénua renonce à un premier dessein, qui était de s'emparer de Lutëce pour en faire un centre d'attaque contre les Gaulois, mais non pas qu'il s'interdit l'occasion d'assurer sa retraite par une attaque, si cela est nécessaire. De même, ce qu'il ajoute de la résolution de ramener l'armée saine et sauve à Agendicum, marque seulement la nécessité sentie par son lieutenant de rejoindre avec le plus de monde qu'il pourra l'armée de Gergovie, sans impliquer l'intention de se soustraire à tout engagement. La preuve de cela est dans les dispositions même de Labiénus, qui sont celles, non pas d'une retraite, mais bien d'une bataille, d'une bataille résolument cherchée autant qu'habilement amenée, et à laquelle il a soin de ne conduire que ceux de ses soldats qu'il sait être de bons combattants.
Ainsi le défaut du latin est de confondre ensemble les points de vue de la situation prise à deux moments différents. Pour rétablir la clarté il est nécessaire de parapbraser la circonstance du fleuve Itan legionet maximum /lumen distinebat. Réfléchissons, comme le Ct certainement Labiénus, que la Seine est une i-iviëre non pas seulement très large, ainsi que le dit César, mais très tortueuse ; que toutes ses sinuosités, lui, Labiénus, était forcé de les suivre, tandis que Gamult^ne, prenant les raccourcis, traversant à son gré les plateaux et les forêts, se trouverait à temps partout où les Romains feraient mine de passer : nous comprendrons alors qu'il n'y avait d'issue possible que par une bataille ; car la question n'était pas de se soustraire par une rive plutôt que par l'autre, mais de se débarrasser d'une surveillance qui les rendit toutes les deux également dangereuses.
Ayant déterminé toutes les positions, ayant mis mon système à couvert de toutes les objections que j'ai pu prévoir, il ne me reste plus qu'A accommoder les détails de la bataille & la localité où je la transporte, et à chercher sur le terrain les traces que peut y avoir laissées ce grand mais si lointain événement.
Les Romains devaient s'être développés entre la pointe d'Ivry, oà est aujourd'hui le pont d'Alfort et le Port-à-l'Anglais, la douzième légion occupant la gauche, la septième la droite. La position respective des deux légions nous est donnée par César; celle delà ligne de bataille résulte à la fois du point où j'ai placé le débarquement et de la tournure que l'action prend tout d'abord. De ce que l'aile droite
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ENTBK LABltNUS ET LES PARISIENS 227
rompt et chasse les Gaulois au premier choc, de ce que l'aite gauche éprouve au contraire la plus vive résistance, j'induis que les Gaulois opposés à l'aile droite barraient le travers de la vallée sans être soutenus par rien, tandis que ceux de la gauche s'appuyaient contre l'angle que la côte d'Ivry forme sur elle-même pour aller rejoindre les hauteurs de Thiais. Les deux légions, opérant ainsi chacune à pari soi, se pCTdent de vue; car la septième, lancée du côté de Lutèce, ne tarde pas à être séparée de la douzième par le mamelon en saillie où est à présent le fort d'Ivry : c'est pourquoi il est nécessaire d'envoyer dire aux officiers de la septième ce qui se passe à la gauche pour qu'ils amènent leurs cohortes au dos de l'ennemi. Dans tout cela il n'est point question du centre. César n'en parle pas, non plus que de la légion qui devait y combattre, puisque Labiénus avait fait passer l'eau à trois légions et qu'on n'en voit agir que deux. Ce silence me parait un signe assez certain que la tenue du centre ne fut point digne d'éloges. Je conjecturerais volontiers qu'il fut employé contre ce mamelon qui séparait la droite de la gauche et où l'ennemi ne pouvait pas ne pas avoir posté l'une de ses divisions. Après être parvenu à grand'peine sur le sommet de l'éminence, il en aurait été chasBé lorsque se présenta le corps qui accourait du poste opposé au camp romain pour se mêler à la bataille. César dit en effet que ces tard-venus s'emparèrent de ta colline, ceperunt collent; or, elle ne fut prise que parce qu'elle avait été disputée et mal disputée. Il fallut l'impétuosité des deux légions victorieuses pour dissiper la résistance sur ce point, La position de Choisy, attribuée aux Gaulois qui firent IX mouvement, explique 1res bien leur triomphe passager ; car, comme il» étaient venus par les hauteurs, ils avaient l'avantage pour attaquer. Après qu'ils furent dispers^, la poursuite de ta cavalerie comment,ra sur le plateau. Il n'échappa que ceux des. fuyards qui furent assez heureux pour gagner Mons-Ivry, les hauteurs de Villejuif et les. forêts dont on reconnaît encore le terrain sur tout ce parage.-
Je viens de nommer Villejuif, il est bien singulier que ce lieu parusse aussi dans une version très défigurée du récit de César qui eut «Hlrs au moyen ^e parmi les érudits de l'Université de Paris. Cette version a été introduite comme glose dans la vieille traducti<m fran- '.«ise de la Citi de Dieu que fit faire le roi Cliarles V. Elle mérite d'être rapportée textuellement : •
U E« trouve au VI' livre de Jidius Celsus', De bello gaitico, duquel Julius
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228 DU LIEU SE Ll BATAILLE
César flst partie, que quand ce Jultus vial en Fronce de par les Rommiuns, Paris estoit habité des gens grans et puissans qui s'appeloienl Parisiens et tenoient la Cité seulement, laquelle estoit si Tort pour lors et estoil Lelement rermée d'yaue, que luy mesmes tesmoigne que l'en n'y povoit passer. Or est tout aterry par gravois, fiens et autres ordures que l'en y a depuis gelté. Il fu longuetaent derant, car les Parisiens qui estoient environ Paris et jusques à Mcicun, avoient une telle coustuœe que, tantost comme guerre leur Boufdoit, il venoieot tous & fans &. secours et jlour estre plus focs, et ne leur chaloït du remenant. Or arint que, ai comme il faisoit siège devant Paris et que tous les Parisiens se estoient relraiz et vuldié tout le remenant, il s'avisa de prendre Meleun, et le print de fait, et par ce fu signeur de la riviËre, et povoit venir assaillir de quelque part que il ly ploisoit. Quant il eust esté longtemps devant sans rien faire, il Tisl semblant que il se parUst et de lever son siège, et s'en ala droit à la Ville-Juyve qui, à droit parler, est appelée Ville-Julitte, pour le corps de celle sainete qui y fépose', El comme ung appelle Camulogenus, qui estoit de Rouen, auquel, combien qu'il feust ancien, estoil bailla pour sa vaillance tout le gouvernement des gens d'armes, leur deist que ce n'estoit que toute feinlise, et qu'il se gardassent bien que il ne le poursuivissent, il ne le vouidrent croire, mais alërent après et l'atteindirent ; et (antost ses gens qu'il avoit laissië en embusche vindrenl et les cncloirent et y ot grant desconfllure. Et c: fu la cause qui pour lors les fisl eslre tributaires des Romains, car oncques homme n'y entra ne ne la prini par force ; dont ils Bat le Palais des Termes, qui estoit ainsi appelle pour ce que là se paioient les trehui' aux termes qui estoient ordonnez. El odont les gens commencèrent i êdiffier maisons à l'environ de ce chastel et à. eux loger, et commença ceste partie lors à estre premiè' rement habitée; n'encoresne depuis longtemps ne fu l'autre partie de Paris devers Satnt-Denys, kquelle est â présent la plus grant, habitée, mais avoit par lout foresti et grans bois et y faisoit l'en moult d'omicldes. *
' Au lieu de nous récrier sur les erreurs que contient ce récit, cherclions plutôt à nous les expliquer. Il est clair que ce n'est pas l'analyse des Commentaires que nous fait là le vieux traducteur français. Son récit est un composé de circonstances prises dans les Commentaires et d'autres choses fournies, les unes par la fausse érudition du ten[ip3(laridiculeétymo)ogiedupa1ais<lesTliorinesestdu nombre), les autres par la ti-adition, comme ce qu'il dit de la rive gauche habitée avant la rive droite. A. laquelle de ces deux sources l'apporter son opinion sur ViUejuif? On ne l'accusera pas d'avoir été chercher ce village à cause d'une ressemblance présumable de son nom avec celui
1. L'égUae paroissiale de VillejuiF est sous le vocable de saiut Cyr et du sainte Julitte. Lebeuf a réfuta celte étymotogie.