‹ Mélanges d'archéologie et d'histoireChapitre 86 sur 240 · BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ ACADÉMIQUE DE LAON · texte numérisé non relu

BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ ACADÉMIQUE DE LAON

(1858 BT 1859)

VOIES ROMAINES DU VERMANDOIS (Revue de> Soeiétii lajvinfes, 1S60. — Bibliogr.,n°I12.)

Plusieurs Mémoires, de M. Piette, forment uoe étude complète des voies romaines du pays. Ils sont consacrés à la description successive des grands chemins qui mettaient en communication, d'une part, Reims avec Arras, Amiens et Térouanne ; d'autre part, Soissons avec Senlis, Troyes et Paris. L'auteur s'attache plus particulièrement à l'examen des tronçons contenus dans le département de l'Aisne.

Le sujet n'est pas nouveau, n y a peu de voies romaines sur lesquelles on ait plus disserté que sur celles de la Picardie. Toutefois, M. Pietle s'est donné la peine de vérifier sur le terrain les résultats précédemment obtenus; il ajoute ses observations à celles de ses devanciers. Sur plusieurs points, il propose des corrections dont nous ne nous permettrons pas de juger la valeur, car ce sont là de ces choses sur lesquelles il n'est possible de se prononcer que lorsqu'on possède la parfaite connaissance des lieux.

L'auteur nous parait avoir suivi une méthode louable en ne se boiTiant pas à enr^istrer des mesures et à indiquer l'état actuel des chaussées. Il jette les yeux à droite et à gauche, pour signaler tous les vestiges d'antiquités existant à proximité du parcours. Peutêtre est-il allé trop loin en profitant de l'occasion pour aborder à peu près toutes lai questions controversées de l'histoire ancienne du pays. Nous n'aurions qu'à applaudir s'il avait dit le dernier mot sur ces questions ; mais il ne feit que résumer des incertitudes et laisse la science dans le doute où elle était auparavant.

DigitizsdbyGOO'^le

VOIES BOUADŒS DO VERHAHD0I3 251

Pour la partie pratique du métier, M. Plette se montre dominé par un certain nombre d'idées préconçues qui l'empêchent de tirer de ses explorations tout le parti désirable. Ainsi, il suppose invariablement la préexistence de capitales gauloises sur les emplacements où se sont élevées des cités romaines, ce qui est loin d'être un fait prouvé; il fixe l'étendue de ces mômes cités à toutes les époques de la domination romaine, d'après les enceintes fortifiées dont on retrouve les vesti^s, quand il est certain que ces enceintes, construites aux derniers temps de l'empire, n'enfermèrent que des espaces très réduits comparativement à ceux sur lesquels les villes s'étaient d'abord développées; il voit d'anciens magasins à blés dans les lieux du nom de Basocbe, basilica, où il y aurait à chercher et peut-être àtrouverles traces de prétoires, ou tout au moins de très anciennes églises qui s'y élevèrent primitivement; il atlrihuc à la présence de colonies romaines rappeltalion locale de Cologne, qui n'indique pas autre chose dans nos campagnes que l'exploita lion ancienne du terroir par cette espèce de cultivateurs qui étaient désignés sous le nom de eoloni, etc., e!c. Voilà autant de traits sur lesquels M, Piette reconnaîtra qu'il importe de ne pas se méprendre, car ils caractérisent l'état de choses dont ce savant emploie ses courses et son zèle à chercher les traces encore visibles. L'archéologue voyi^ur est celui qui est appelé à rendre à la science les plus grands services ; mais il faut pour cela qu'il ait la notion exacte des faits acquis qui peuvent éclairer sa recherche. Une fausse doctrine qu'on a dans la tête suffit pour faire passer à l'état de lettre morte les témoignages les plus apparents qu'on a devant les yeux.

DigitizsdbyGOO'^le

RAPPORT

AU COMITÉ DES TRAVAUX HISTORIQUES

Page 1