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MEMOIRES DE LA SOCIÉTÉ ACADÉMIQUE DE MA IN E- ET- LOI RB

(cinQUiËuK \0!.vsir., fS59)

ROBRICA STATION ROMAINE (R«i>u« dtt Sociélét ^avanlei, 1S61. — BibUogr., n° lU.)

Robrica ne nous est connu que par la carte de Peutinjfer, qui en marque la position entre Juliomagus (Angers) et Cfesarodumun (Tours). D'Anville et Lapie ont identifié ce Heu l'un, avec Longue, l'autre avec Beaufort, deux villes situées sur la rive droite de la Loire. Les historiens et antiquaires du pays, tels que Robin, La Sauvagére, Bodin, ont porté au contraire Robrica sur la rive gauche du fleuve, et ils lui ont assigné pour emplacement le plateau de Chénehiitte, mine abondante d'antiquités que ta tradition dit être les restes d'une ville qui se serait appelée Orval.

M. Boreau se prononce également poiir la rive gauche; et sur ce point il nous semble difficile de contester l'opinion des Angevinsi, car le Vallage, qui borde la rive droite à une grande distance dans l'intérieur, était un pays exposé aux inondations avant l'établissement des levées de la Loire; la circulation aurait été sans cesse interrompue si elle s'était faite de ce cùté. Au contraire, une côte élevée, où l'on n'a rien à redouter des caprices du fleuve, règne tout le long de la rive gauche. D'ailleurs la grande voie qui aurait iravei^> le Vallage n'a pas été rigoureusement constatée, tandis que celle qui longeait la c<Me se révèle encore par plusieurs Ironçons, et, là où elle n'existe plus, son parcours est indiqué par des ruines si rapprochées les unes des autres qu'elles forment comme une rue. Enfin, c'est sur la rive gauche que la carte romaine figure le tracé.

Quant à la position de Robrica, M. Boreaii l'enlève à Chénehutte pour la transporter à Pont-Fouchard, qui est un faubourg de Saumur. Voici sur quels molils il appuie son opinion à cet égard :

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ROBBICA STATION ROMAINE 253

D'abOTd le nom de Robrica peut être considéré comme une conlraclîoti de Toarobriea ou Toarobriga, et s'intei<pi-Èter Passage du Thouet, ce qui s'applique on ne peut mieux au Pont-Fouchard.

En second Ueu, la distance marquée par ta carte de Peutinger entre Juliomagus et Robrica est de il lieues gauloises. Or 17 lieues gauloises, évaluées d'après le système de M. Pîstollet de Saint-Feijeux, qui a démontré que la lieue gauloise contenait 2,4J5 mètres, font 41 kilomètres, et 41 kilomètres représentent la distance d'Angers à Saumur.

L'une et l'autre de ces pi-opositions prêtent le liane à des objections péremptoii'es.

Il n'est pas démontré que llobnca soit la contraction d'un composé où entre le nom du Thouet, car, s'il en était ainsi, même en supposant l'aphérèse des deux syllabes Toa, il resterait Jti'obrica, le nom latinisé du Thouet ayant été Toarius et non Toarus. D'ailleuis le radical briga dans les composés celtiques ne signifie pas uu pont ou un passage de rivière, comme le brug ou brucfc germanique, mais bien une éminence. C'est un point que M. Rogct de Belloguet a mis hors de contestation dans son Ethnogénie gauloise.

Quant au système de M. PistoLet de Saint-Ferjeux sur la mesme (le la lieue gauloise, il est fondé sur une lecture de la fameuse inscription géographique d'Aulun, que M. le général Creuly vient de Informel', et, par suite de la leçon nouvelle, la lieue gauloise reprend ^ contenance de 'i,220 mètres, qui résultait d'ailleurs de tant d'autres

^ conjecture de M. Boi'eau sur Robrica ne nous parait donc pas

"''ttiissibie. 11 faut chercher ce lieu à 37 ou 38 kilomètres d'Angere.

^' Ooù pas à 41. Nous convenons que, si, en opérant d'après cette

^gy. la. station dont 11 s'agit ne peut pas se rencontrer à Saumur,

./ ^»^ peut pas non plus se rencontrer à Chénehutte : Chénehutte

gjit-foj» près d'Angers, Saumur est trop loin.

Inoiciemment, M. Boreau s'est livré à une discussion sur le lieu iVpelé Tasciaca dans la carte Théodosienne. Selon lui, cette station n*aurail p^g existé sur la voie de Tours à Boutées, où on l'a toiijours chercli^, mais bien sur un embranchement de Robrica à Boui^s. En inti-oduisant, dans cette hypothèse, le calcul de la lieue gauloise *®**® & 2,415 mètres, il trouve Tasciaca à Tauxigny en Touraine.

^ - C'uei iji le paasugii qui a douné lieu à une rÉclaination de M . Pîstollet de ™>Dl~|,-m.j^yj^ gl^ P^P gyj^ 2^2 rectidrclied dâ J. Quictierat sur la Ueue gau- *ia« «lue noua avons puhliûu plus haut, A. G.

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â54 HOBRICA STATION ROBIAIIIE

Indépendamment des objections qu'il y aurait & faire, comme cidessus, relativement au nom des lieux et à la mesure des distances, nous ne voyons pas ce qui autoriserait la critique à supposer un embranchement là où le dessin de la carte montre incontestablement une même ligne qui se continue ; par conséquent nous laisserons Tasciaca à Tbézé, emplacement déterminé par l'accord unanime des savants, et confirmé par la présence d'une ruine des plus importantes, la seule de la Gaule par laquelle il soit possible de se taire l'idée du genre d'établissement que les Romains appelaient Slatto ou Mansio.

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RAPPORT

AD COMITÉ DES TRAVAUX HISTORIQUES L'ANNUAIRE DE LA SOCIÉTÉ D'ÉMULATION DE LA VENDÉE

(AM.XAE3 18S3BT 18S9) FOUILLES DE l'aBBÉ BAUDBÏ A TBOCSSEPOIL ET AU BERNARD.

(Benue dei Sociéléi tavanles, 18S1. — Bibliogr.. n" liG.)

Presque tout le contingent archéologique de ces deux volumes a été fourni par M. l'abbé Baudry, curé de la paroisse du Bernard, et concerne des fouilles auxquelles cet antiquaire, aussi entendu que zélé, s'est livré sur deux points de sa paroisse, d'abord au lieu dil TrouslepoU, ensuite au village même du Bernard.

Troussepoil est un vallon voisin de l'Océan, fermé entre ces collines que les Poitevins appellent terriers. Ce sont des langues de terre qui vont en s'abaissant autour de basses prairies ou marais que plusieurs indices témoignent avoir été des iiaies de mer à une époque peu reculée, tellement que, dans l'opinion des savants du pays, le fond du vallon de Troussepoil était auti-cfois rempli à marée haute.

Apnt eu l'avantage de visiler ce lieu l'année dernière, en compagnie de M, BenjaminFillon, j'ai recueilli une curieuse tradition de la bouche de cet infatigable e.fplorateur, qui connaît le département de la Vendée comme un propriétaire connaît son domaine. Je rapporterai ce conte, parce qu'il n'est pas sans rappoil avec les antiquités découvertes par M. l'abbé Baudry.

Le vallon de Troussepoil était anciennement le repaire d'une grosse bêle noire à long poil, faite comme un ours, qui ravageait le pays à plusieurs lieues à la ronde. Le monstre prenait plaisir à se baigner dans un ruisseau qui coule au fond de ta vallée, et le nom de Troussepoil vient de ce qu'il se retirait de là le poil tout hérissé. Les vaches et les femmes étaient la viande qu'il préférait, de sorte qu'il n'y avait jour où il ne Ht ample consommation des unes et des autres. Les habitants consternés implorèrent toutes les puissances pour être dé-

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