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livrés d'un si grand Qéau. Le lé^t du pape se proposa pour exorciwr la bêle ; mais il ne réussil pas, ayant perdu sa vertu parce qu'il avait embitissé une fille le matin. L'abbé de Fontaines échoua Clément pour avoir bu quatre chopines de vin passé minuit, et celui de Talmont pour avoir cassé la léle à un paysan qui lui barrait son chemin. L'abbaye d'Âni^le!; était alors gouvernée par un saint homme du nom tle Martin, qui voulut aussi tenter l'aventure ; mais il eut soin de passer d'abord cinq jours et cinq nuits en prières. Avec ses sijfnes de croix, il réduisit la bète à venir se ranger sous son bâton et il l'amena ainsi, docile et douce comme un agneau, jusqu'au milieu de la cohue d'Angles. Les hommes el les femmes chantaient alléluia, mais les filles virent là dedans matière à risée et dirent : a Père Martin, dompis quand êtes vous breger dau diable ? » L'abbé, sans rien répondre, lit monter la béte au pi^'non de l'é^^Use où elle est encore (il faut savoir que le pignon de l'église d'Angles, sur k façade, est surmonté d'une statue d'ours qui sert de piédestal à une croix dressée sur son dos), et quand l'ours eut été changé en pierre par un nouveau signe de croix, le saint homme lui dit : «: Tu ne vivras dés inesuy que de la beauté des filles d'Angles. » Et aussitdl les fillea d'Angles, qui jusque-là avaient été jolies, devinrent laides.
Il y aurait peut-être Heu de rapprocher la bète de Troussepoil de l'ours dont il est question dans la légende de Saint- Vaast, et de celui qui désigna à sainte Richarde l'endroit où elle devait fonder l'abbaye d'Andlau. L'image de ce dernier, tailléu dans un bloc de poi'phyre des Vosges, était placée autrefois, comme en sentinelle, à la porte de l'église d'Andlau : on l'a descendue dans la crypte ou elle est devenue l'objet d'une sorte de vénération. Elle diffère, par son mouvement, de la statue posée sur le pignon de l'église d'Angles, car l'oura d'Andlau tourne la tète pour regarder derrière lui.
En attendant qu'on ait trouvé la signification e.uiute de ces animaux, il est permis de les considérer comme ties symboles du paganisme vaincu, et la légende poitevine, par le tour qu'elle a, semble indiquer que les vieilles croyances se maintinrent très tard dans la vallée de Troussepoil.
Quoi qu'il en soit, ce lieu, qui est aujourd'hui désert, fut autrefoia très habité. Sur les pentes des coteaux le sol est plein de débris, et depuis loi^mps les chercheurs d'or, qui savent cela, s'évertuent à le fouiller pour en retirer des trésoif .
C'est une tentative de ce genre qui donna l'éveil à M, l'abbé Baudrjen 1858. Des gens avaient cherché et trouvé, au lieu d'or, des pots i-omains qu'il lui fut possible de recouvrer en partie. Lorsqu'il sut d'où
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cela venait, il ji^^ea à propos d'y aller fouiller ou f^nre fouiller à son tour.
Des substi'uctions furent bientôt constatées sur toute l'étendue d'un champ dit Y Essermilière, qui tient à la cdte à laquelle appartient en propre le nom de Troussepoil. Les bâtiments, disséminés à des intei^ valles iné^ux, semblaient avoir été autant de dépendances d'un autre Jiâtiment plus considérable. Celui-ci formait un ensemble de constructions, distribué en plus de quarante petites pièces ou cellules, toutes coctigués et qui couvraient environ vingt ares de terrain. Au bas de l^cdte une berge en briques, qui parait avoir été établie pour la prise d'eau d'un moulin, n'a pas moins de 300 mètres de développement. ,
L'état des mines de l'un des petits bâtiments a domié lieu à des observations pleines d'intérêt. L'édiQce avait i5 mètres de long sur S'iSO de largeur. Le mur du nord, épais de 90 csntimëtres, était garni de cinq contreforts ; le mur au levant présentait 1",33 d'épaisseur, et sur les deux autres cétés ta même dimension était seulement de 50 cenlimètres. La construction était grossièrement appareillée, reliée par un simple mortier de terre ; le mortier k la chaux n'apparaissait qu'au parement intérieur des deux murs les plus épïis.
Les couches de débris accumulées entre les murs indiquaient ce qu'avait été la maison. Voici dans quel ordre M. l'abbé Baudry les décrit à partirdu fond.
Il y avait d'abord une couche de 30 centimètres de cendre, d'où on a extrait un linteau déporte en pierre taillée, une clé de serrure, une boule en grès percée, de la grosseur d'une noix, un grand vase à ^ulot, beaucoup de petits os ji^és appartenir à des brebis, un bois de cerf, deux petits trépieds en terre cuite, beaucoup degrands clous. Avec les cendres étaient mêlés les résidus charbonnés d'un ouvrage en charpente, plancher ou comble, dont les poutres, de 35 centimètres d'équarissage, avaient conservé leur forme. Par-dessus ce dépôt gisaient des tuiles à rebord, toutes avariées et portant la trace de l'incendie qui les avait précipitées d'en haut. Il y en avait près de deux charretées. Le lit de tuiles était recouvert d'une nouvelle couche de cendre, un peu plus épaisse que la première, remplie de coquilles d'huîtres et de tessons de poterie grise et rouge. M. Baudry signale des pièces en terre samienne d'une grande Cnesse, plusieurs avec des ornements en relief, avec la marque de fabrique |VIN- La couche de terre étendue sur ces décombres était d'environ 80 centimètres.
Dix-huit médailles ou monnaies de bronze ont été données par les fouilles dea divers édifices. Il y a dans le nombre une pièce gauloise,
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une moDuate juive frappée & Jérusalem du temps d'Auguste, une autre moanaie de la colonie de Nîmes. La moitié des pièces sont au type d'Auguste ou de Néron ; la plus récente est un petit bronze de Claude le Gothique.
Les dates fouimiee par ces monnaies auront l'avantage de modiller l'opinion, professée d'une manière trop absolue, que les constructions effectuées du temps du Haut-Empire se présentent partout avec le caractère de solidité inbérent aux édifices publics de la même époque, et que la négligence de l'appareil et la mauvaise qualité des mortiers sont un signe infaillible de la décadence. Si ce principe est vrai pour les localités où l'on a pu se procurer facilement des ouvriers et des matériaux, il faut faire une exception à l'^ard de beaucoup d'habi> tations rurales, bAtîes en des lieux retirés avec les seules ressources que fournissait le terrain.
Ce résultat n'est pas le seul qui ressorte des fouilles de Troussepoil. M. l'abbé Baudry a trouvé la confirmation d'un fait déj& coDStaté à Baugency par M. Dnfour de Pibrac, et en d'autres endroits par divers archéolt^es, mais dont la science ne s'est pas encore emparée. Il s'agit de morts inhumés dans des fosses en forme de puits,
Le champ de l'Essermiliëre a laissé voir une dizaine de ces sépultures. Leur orifiœ était indiqué par des pierres brutes posées en cercle sur te sol. EQes variaient par la profondeur et par le diamètre, de sorte que leurs dimensions semblaient avoir été proportionnées 4 l'importance du défunt. Les chercheurs d'or vendéens en ont bouleversé plusieurs. Voici les observations de H. l'abbé Baudry sur \et deux plus grandes.
L'une descendait & dix mètres de profondeur et se terminait en entonnoir. Son diamètre à i'oriflce était de l'Oise, et au fond de 50 centimètres seulement. On fouilla jusqu'à cinq mètres sans trouver autn chose que de la terre rapportée et des tessons de poterie romaine, dont quelques-uns avaient subi l'action d'un feu violent. Sous ce premier dépét se présentèrent sept couches successivee renfermant des ossements et séparées les unes des autres par des amas de terre. Les os n'étaient pas brûlés, et comme'plusieurs appartenaient, ainsi qu'on va le voir, h des animaux de grandie taille, on a jugé qud'cea animaux n'auraient pas pu passer par l'orifice du puits, àmoinsd'avmr été coupés d'abord en morceaux.
Dans la première couche entamée, il y avait des os de bœuf avec un poids en terre cuite ; dans la seconde, une tête de chien de grande taille ; dans la troisième, des os de vache avec un morceau de bois d'orme ; dans la quatrième, un bois de cerf, trois têtes de chiens, une
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tasse en bois dur, analogue k ud coco taillé, une tuile à rebord, et deux fragments de petits vases en terre fine ; dans la cinquième, des têtes avec divers oseemente qu'on croit avoir appartenu à des renards, et deux planchettes d'ormeau ; dans la sixième, les ossements de deux chevaux et d'un petit chien ; dans la septième, une urne funéraire, grossière par la substance et par le travail, remplie de cendres noires ; à côté de l'urne six os humains non brûlés, que les gens de l'art ont attribués à une femme, une lame en fer à deux tranchants, un style de bronze virole d'or, une clé de bronze, un morceau de quenouille en buis, une statuette en pierre d'une divinité assise dans un fauteuil, un vase à goulot, presque aussi grand que Tume, mais de meilleure fabrication, qui contenait plus de cent moules à couler des monnaies. Ces moules sont aux types de Trajan, d'Adrien, de Faustine, d'Antonin le Pieux, de Marc-Auréle, de Garacalta et de JuHa Mammea. Une pièce d'ai^nt toute neuve et de bas aloi remplissait l'alvéole de ce dernier.
Ij seconde fosse, large également de 1°',20 k son oriûce, n'avait que six mètres de profondeur. A un mètre sons le sot, elle a fourni un lit de tuiles & rebord sous lequel était un coutelas de fer pesant plus de quatre livres, un vase à parfums en terie cuite et un magnifique bidon de bronze muni d'une anse de cuivre passée dans ses oreilles. Dans les trois mètres inférieurs c'était un péle-méle de coquilles d'huitres, de tessons de poterie romaine, d'ossements de porc et de bœuf, de charbons et de terre. Aquatre mètres, il y avait un lit de grosses pierres & partir duquel la fosse, de ronde qu'elle était, devenait carrée. Sous les pierres étaient des ossements brûlés d'animaux domestiques, étendus sur une masse épaisse de charbon inétée de nouveaux tessons de poterie, mais plus belle. La dernière couche n'a fourni que de la terre et quelques os de ruminants, non brûlés. Des ais et des clous, disséminés dans les diverses couches, ' annonçaient la présence de caisses dans lesquelles ont dû être renfermés des résidus humains.
Tels sont les faits observés par M. l'abbé Baudry. Ils se rapportent, je le répète, & une pratique déjà' ^connue, mais qui ne s'était pas encore révélée par des monuments si instructifs. La présence d'une série de moules monétaires dont le dernier, encore rempli de sa coulée, fournit une date Ôërtaine, ajoute surtout au prix de la nouvelle découverte. Il est certain que nous avons là des sépultures du 111° siècle où les anciens rites gaulois se trouvaient associés avec les rites romains. Faut-il s'empresser de conclure que le même usage a été observé par toute la Gaule à ta même époque? Faut-il voir dans
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les puits fiméraires un genre de sépulture particulier aux Gallo- Romains?
Celte dernière question me semble résolue né^tivement par une découverte, postérieure à celle de M, l'abbé Baudry, dont le département de la Vendée a été également le théâtre. M. Parent«au, de la Société archéologique de Nantes, a reconnu, près du icbàteau de Pouzauges, un groupe considérable de puits funéraires. Ils sont beaucoup moins profonds que ceux de Troussepoil, car ils ne descendent pas à plus de deux mètres sous le sol, et quelques-uns n'ont pas même un mètre. On a trouvé dedans des urnes cinéraires accompagnées de pierres brûlées, de poterie et d'armes en fer, et ni cette poterie ni ces armes ne paraissent être de façon romaine ; â mon sens, elles se placeraient plutôt dans h série des objets d'origine germanique.
II n'est donc pas encore temps de généraliser les faits qui se rapportent au mode d'inhumation dans des fosses en forme de puits. Attendons pour cela que les faits se soient produits en plus grand nombre, et souhaitons que tous les observateurs qui se livreront a l'étude de monuments analogues y apportent autant de soins et de discernement que M. l'abbé Baudry.
J'ai dit en commençant que ce consciencieux archéologue arait porté aussi ses investigations sur le sol du village qu'il habite. Toflt près de l'église du Bernard, il a mis à découvert environ 160 mètres carrés d'une substruction romaine, où il a facilement reconnu un établissement thermal. C'est une rencontre importante pour la Vendée, oCi l'on n'avait point encore signalé de monument ie ce genre; mais elle n'ajoute rien à la somme des notions que l'on possède sur la matière. 11 suffit de la consigner ici par une simple mention.
Je me bornerai également à l'indication sommaire d'un souterrain-refuge, dépendant de l'ancien château de la Cacaudière, près Pouzauges, dont M. Aude a donné la description. C'est un boyau sans ma^nnerie, creusé dans un terrain de granit mal agrégé. On - y descend par un puits de deux mètres de profondeur. La galerie, qui a ta hauteur d'un homme, est aérée par d'étroits soupiraux. H y a sur les côtés plusieurs cellules de dégagement. D'autres galeries qui s'ouvraient sur celles-là ont été bouchées par des éboulements. M. Aude s'abstient sagement de toute conjecture sur l'âge de ce souterrain, n'ayant rencontré aucun indice qui lui permit d'avancer quelque chose de plausible à cet ^rd.
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RAPPORT
AU COMITÉ DES TRAVAUX HISTORIQUES
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