ÉTUDE- PAR LES MONUMENTS
t LA TOIE ANTIQUB DU PETIT SAINT-BEBNA
IRtvue dei Socieié* mvanUt, 1863. - Wbliogr-, n* 119.)
H. Ducis, professeur d'histoire au collée Chappuisïen d'Annecy et iDcmbre de plusieurs sociétés savantes de la Savoie, envoie à l'appui du titre de correspondant qu'il sollicite use étude de la grande voie qui traversait l'Alpe Graïenne. Ce travail a le mérite d'avoir été Eait après une inspection attentive des lieux. L'auteur a parcouru toute la distance entre Cbambéry et le petit Saint- Bernard, dont il a même visité la descente jusqu'à la seconde station sur le revers italien. Il résulte de là que non seulement il indique avec plus d'autorité que ses devanciers les positions restées incertaines, mais qu'il signale encore les antiquités dont les vestiges sont innombrables sur toute la longueur du trajet. Par exemple, il a reconnu sur le plateau du petit Saint-Bernard les substructions parfaitement accusées de la station romaine, celles d'un édifice qui lui parait avoir été un tem[de, et un cromlecli de soixante pierres, que la route moderne traverse, mais que la voie antique avait respecté en faisant pour cela un détour incommode.
La station A'Ariolica, indiquée sur la carte Théodosienne comme la première qui se présentait en descendant du côté de l'Italie, avait été mise k la Tbuile. M. Ducis apporte une nouvelle preuve en faveur de cette opinion : c'est que la Thuile est entourée d'un cercle de forêts qu'on appelle les Ariolet. Il place au pré Saint-Didier, en retranchant dix milles du chiffre XVI donné par la carte, le lieu d'^rebrigium, qui venait après Ariolica.
Voici les autres attributions proposées ou adoptées par l'archéologue savoisien pour les stations en deçà du petit Saint-Bernard
DigitizsdbyGOO'^le
262 LA VOIE ANTIQUE DU PETIT SAINT-BBnMAR&
Bergintrum, au bourg Saint-Maurice, où la présence du torrent de la Borgeat, appelé autrefois Bergenta, préseote une synonymie que confirme la distance marquée sur la carte ThéodosteDne.
Axima, Aizme, position fixée depuis longtemps.
Darantasia, au confluent du Doron et de l'Isère, sur la rive gauche de cette dernière rivière, par conséquent à l'opposite de la ville de Houtier-en-Tarentaise, bâtie depuis le xi* siècle sur la rive droite. C'est à Houtier même qu'on plaçait la cité antique.
OHlunwn, au village d'Albine, autrefois Ablëne.
Ad Puhlieanoa, à Saînt-Vital, limite probable de la Viennoise, selon M. Ducis.
MatUala, au Bourg-Eveecal, entre SaintJean-de-la-Porte et Saint- Pierre-d'Albigny, dans une contrée où, sur quatre kilomètres de long, on ne voit que ruines romaines. L'auteur conjecture que le nom latin Boui^-Evesca), qui fut d'abord Burgus episcoporum, ne peut Tenir que de ce qu'une assemblée d'évéques s'est tenue en ce lieu, et i) en conclut avec assez de vraisemblance que le concile de l'an 879, qui conféra au comte Boson la royauté de la Provence, se réunit au Hantala des Itinéraires, et non pas à Mantaille, dans le département de la DrAme, La seule difSculté à élever contre cette opinion est que l'acte de l'élection de Boson semble attribuer au diocèse de Vienne te lfanfa/(i,d'oùilestda(é : Apud Mantalam territorii Ftfnnemlx, y estil dit; mais M. Ducis répond que territorivm ViennemU peut s'entendre de la circonscription de la province ecclésiastique aussi bien que de celle du diocèse, et telle est la confusion des termes dans le latin du ix' siècle que le contraire serait fort dtfTicile à prouver.
Après la station de Mantala vient celle de Lemincum, qui est pour out le monde l'antique Cbambéry.
DigitizsdbyGOO'^le
RAPPORT
AU COMITÉ DES TRAVAUX HISTORIQUES