BULLETIN DE LA- SOCIÉTÉ ACADÉMIQUE DE LAON
tOHES z rr II, in-S°, lSSa~lB61.
(Revut det SoeiiU* savanlti, 1863. — BIbliogr., d° 120.)
La Société de Laon ponrsuH ses travaux avec une activité digne des plus grands éloges. Chaque année elle publie un volume où alwndent les communications, et celles qui concernent les antiquités ne sont ni les moins nombreuses ni les moins importantes. Ainsi que nous avons déjà fait lorsqu'il s'est agi de rendre compte du même recueil, nous nous bornerons à faire ressortir des deux livraisons que nous avons sous les ^eux les Hémoires susceptibles de contribuer à l'avancement des questions d'arcbéolt^e.
Parlons d'abord d'un rapport de M. Edouard Fleury sur l'extraction de la mosaïque découverte à Blanzy en 1859. Les travaux préliminaires pour d^ger ce somptueux pavement permirent de reconn^tre la forme de la salle pour laquelle il fut ftdt. C'était une vaste pièce terminée par des alnides sur deux de ses cdtés, et qui l'avait été probablement sur trois. La figure d'Orphée avait apparu tout d'abord. Lorsque les terres furent enlevées, elle se montra avec l'entourage traditionnel des animaux charmés par les sons de la lyre. Le musicien est représenté avec l'habit phrygien. Dix cordes sont montées surson instrument. D frappe du plectrum sur la quatrième corde i droite, en même temps que de la main gauche il pince la septième et appuie sur la neuvième. L'ouvrage est d'un dessin remarquable ; la fondation et le dressement de l'aire attestent le soin avec lequel il fut exécuté. Les pièces de mosaïque reposaient sur un enduit de douze à quinze centimètres. Grâce & la solidité qTii résultait de là, on a enlevé sans aucun accident le groupe d'Orphée et des morceaux de bordure qui ont
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264 ANTIQUITÉS DU DÉPAItTEUENT DE l' AISNE
jusqu'à àeu^ mètres de long. Ces fragments ont été transportés à Laon, sauf une partie de bordure, qu'on a laissée comme souvenir dans l'élise de la commune.
Une autre mosaïque, découverte dans le même temps près du villa^ de Basoches, a donné lieu à une opération semblable, décrite Clément par M. Fleury. Le succès n'a pas été le même qu'à BIUizj. L'ouvrage, imparfaitement cimenté et posé sur un sol malsain, s'est détruit presque entièrement lorsqu'on l'a enlevé. On n'a pu sauver qu*uQ morceau d'un mètre, que le musée de Laon possède aujourd'hui comme échantillon. Le dessin général formait un immense entrelacs entrecoupé de cartouches. L'exécution, aussi négligée que la pose, annonce un ouvrage de la décadence.
Le sous-sol de Basoches n'est qu'un amas de décombres. Ce village, situé sur la grande voie de Lyon à Boulogne, parait avoir été ' un centre administratif du temps des Romains. La légende y place le martyre de deux apôtres du pays, saint Ruûn et saint Valère. Son nom atteste qu'il posséda une Jjasilique. A ce propos, M, Reury se demande si Basoches vient réellement de èaailica, comme on le prétend, et ce n'est que sous toute réserve qu'il finit par admetti'e celle étymologie. Aucune cependant n'est plus certaine. Basoches s'est formé, suivant les règles générales de la dérivation, sinon sur basUiea, du moins sur le thème barbare baaeleca qui, par l'accentuation forte de l'antépénultième, a donné successivement baselche, bateuche et enfin Basoches.
M. Piette continue ses études sur les anciennes voies du département de l'Aisne. Deux mémoires de bii nous exposent le tracé des chemins de Châtil ton-sur-Oise au Gàteau-C^mbrésis, de Saint-Quentin à Noyon, de Gutz vers Ham, de Soissons à Noyon, de Noyon à Villers-Cotterets, de Reims à Crépy, de Corbény vers Noyon, et enfin du fameux chemin de la Barbarie, dont on a tant parlé en ces derniers temps. L'auteur a joint la mention des antiquités existant dans les diverses directions qu'il parcourt, et c'est par là que son travail rentre dans l'archéologie. Cette façon de grouper les choses a de l'agrément, mais elle ne comporte pas des descriptions étendues. Nous ne cachons pas notre préférence pour les sujets plus restreints qui permettent à l'antiquaire de donner le résultat d'une observation attentive.
M. Martin a exécuté et décrit la fouille du tumulus de Bninehamel, situé sur le territoire de Parfondeval. C'est un tertre immense de forme ovoïde, élevé desix^nètres au-dessus du sol, et qui présente sur son pourtour un développement dc142 mitres. Un vieux chemin, dit le Chemin des f'':e.t, y aboutit. Quelques-uns l'appellent la Holtée tir
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AKTIQDITÉS DU DÊPARTEUENT DE l'aISNI: 265
diablty parce que le diable aurait jeté 1& par dépit une charge de terre qu'il portait on ne sait pas où ; mais à côté de cette tradition, qui porte avec elle la marque du moyen âge, il y en a une autre de date plus ancienne. La butte, ditH)n, fut la résidence d'une bonne fée, maltresse d'une vache qu'elle envoyait paître avec les autres du village sur le communal. Journellement la béte apportait au pâtre, pour prix de sa garde, des toumioles, ou pâtisseries en forme d'anneau enfilées dans ses cornes, et une fois par an elle venait avec une somme d'argent soigneufiement empaquetée sur sa tète.
Cette fable semblait assigner au monument une antiquité plus reculée que celle qui fut reconnue après vérification. Deux puits ayant été creusés dans tout« la hauteur du tertre et rejoints par une galerie horizontale, on ne trouva que de la terre uniformément argileuse qu'on avait battue à mesure qu'elle avait été entassée. Seulement les couches, en approchant du fond, étaient mêlées d'une matière blanchâtre et de quelques brins de charbon. Enfin, un lit de gros cailloux noirs, liés comme de la maçonnerie avec de la terre naturelle, recouvrait le sol qui était brûlé comme si un feu violent eut été allumé dessus. On se trouvait donc en présence d'une de ces sépul- tures recelant les restes d'une infinité de corps qui ont été réduits en cendres. Une tuile romaine trouvée dans la galerie intérieure a enseigné l'âge du dépdt.
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AU COMITÉ DES TBA.VAUX H18T0H1QUES
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DIVERSES COMItfUNICATIONS
B EHÏLIIBN PB LA CHAFBLLE-TENdOhOIBB ET LB TIléATRI D'AREINBB (loIR-ET-CHIr},
Par H. Ladut, comtpoDdaut.
(AfliiM des SoeiiUi êavanUs, 1SS4. — Bibliogr., n* 121.)
Le beau dolmen de la Ghapelle-VendAmoise, outre la réputation que lui a faite le regrettable M. de Pétigny dans son ouvrage sur le Vendômois, a été l'objet d'un rapport présenté récemment à la Section par M. de la Villemarqué. Je n'y reviendrai pas autrement que ponr avertir que la Notice de M. Launayest accompagnée d'un bon dessin qui représente le monument de profil, de face et en plan.
Le théâtre d'Areines est une découverte de la fin de 1862 due à l'œil investigateur de M. Neîlz, membre de la Société archéol<^que du Vendômois, qui avait été averti de la présence de substructions circulaires par l'aspect des blés au temps de la moisson. Le village d'Areines est presque un faubourg de Vendôme. Son nom, rapproché des observations de M. Neilz, donna l'éveil à la Société. Elle fit faire des fouilles, et l'on eut bientôt la preuve que l'on tenait l'emp^cement, non pas de l'amphithéâtre qu'on s'attendait & trouver, mais d'un théâtre, car la construction circulaire est coupée par im mur droit, un peu au-dessous du diamètre. On a dégagé la fondation de cinq murs concentriques bâtis en fort libage avec parements de petit appareil soigneusement jointoyés. M. Launay a constaté que les dimensions de ce théâtre sont les mêmes à l'extérieur que celles du théâtre de Néris, mais qu'à Areines les gradins couvraient une étendue plus grande de terrain. On n'a rien trouvé dans les déblais que des tuiles à rebords, de nombreux débris de poterie rouge et plusieurs squelettes d'enfants. Comme on s'est rappelé que des urnes funéraires et des médailles avaient été déterrées, il y a une trentaines d'années, dans un champ contigu, une enquête à laquelle on s'est livré au sujet
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LE TQËÀTBE d'aRKINES 267
de celte découverte a fait retrouver quatre monnaies de Domitlen, de Tngan, d' Adrien et de Marc-Aurèle.
Notre correspondant ajoute à son Rapport des considérations sur les théâtres de la Gaule qui font voir qu'il n'est pas au courant des constatations les plus récentes de l'arcbéok^e. Le Midi n'est pas, ainsi qu'il le pense, la seule région où des restes de théâtres se soiept conservés. Il est avéré aUjourd'liui que la Celtique et la Belgique, aussi bien que l'Aquitaine et la Narbonnaise, possédaient de ces monuments ; et non seulement chaque chef-lieu de cité avait le sien, mais on en trouve dans la campagne, sur des points où ne se montre aucun indice d'où l'on puisse inférer qu'ils ont fait partie d'une ville. Celai d'Areines assurément n'est pas dans ce cas. Sa proximité de Vendôme dénote qu'il^ut construit pour la population dont le dépla- '^^Bient ultérieur a donné naissance & la ville actuelle ; il est même prouvé par ses dimensions qu'il répondait au besoin d'une population '^•nhreuse. D peut fournir des déductions importantes pour l'histoire ^ ^ localité ; au point de vue général, il ne fait que confirmer une "^Q acquise à la science.
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RAPPORT
AU COMITÉ DES TBAVAUX HISTORIQUES
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