‹ Mélanges d'archéologie et d'histoireChapitre 9 sur 240 · Ibid.^ cliap. ix · texte numérisé non relu

Ibid.^ cliap. ix

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li JULES QL'ICriËlUT

contestait encore ]a valeur artistique, dont on ne comprenait guère l'intérêt historique.

Quicherat avait à peine quitté les bancs de l'École des Chartes que son esprit pénétrant était frappé de l'important secours que l'étude des monuments peut apporter à l'histoire. Il comprit que cette étude devait se faire non dans les livres, mais devant les monuments euxmêmes.

1! commença dès loi's à consacrer tous ses moments de liberté à parcourir la France, à visiter nos i^lises et nos musées. Il notait soigneusement les observations de tout genre que la vue des monuments pouvait lui sug'^rer, accumulant ainsi dans de nombreux carnets, que sa famille a libéralement abandonnés à l'École des Chartes, de précieux renseignements i-endus plus précieux encore par une foule de croquis, dans lesquels il savait allier l'habileté de l'artiste à l'exactitude du savant.

Quicherat continua ainsi pendant plusieurs années à étudier l'archéologie, sans se presser de faire jouir le public du fruit de ses études, entassant patiemment une foule de matériaux, acquérant une expérience, un coup d'oeil, qu'ont pu lui envier les première archéologues de notre époque.

Il y avait près de dix ans qu'il poursuivait ainsi l'étude de nos antiquités nationales, et le public n'avait encore pu juger de sa compétence dans cette science nouvelle que par quelques comptes rendus publiés de temps en temps dans la Bibliothèque de l'École des Chartes ' .

Il est vrai que plusieurs de ces comptes rendus sont de véritables articles de fond, et par leur étendue, et surtout par les idées originales, par la doctrine substantielle et neuve, qui en font des morceaux inoubliables. Qu'on relise, par exemple, l'article qu'il consacrait, en 1843, à l'édition des œuvres du moine Théophile, publiée par M. de l'Escalopîer'. On y trouve plus qu'une simple critique des principales imperfections du livre. Car après avoir posé avec un bon sens parfait les règles qui doivent présider à l'interprétation des œuvres de cette espèce, Quicherat joint l'exemple au précepte, et refaisant l'œuvre de M. de l'Eacalopier, il prend un chapitre entier de Théophile, il le traduit à son tour, émerveillant son lecteur par l'art qu'il sait mettre à interpréter cette langue si confuse du moyen dge, par

1 . Le premier <Jo ces articles est, croyona-Dons, an compte reada de qaelques ligues qu'il conascra en IS40 au travail de Hollon-Corney sur la Tapiteerto de Bayeui. [Biùl, de l'École dea Charles, 1" série, t. 11, IStO. p. 9t.) Le second est le compte rendu du livre de .M. if. l'EBCnlopier dont nous allons parler.

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