I.YT AILLES AHAMEENM
précédent : on remarque seulement une tendance à l’ouverture des lettres bouclées, ouverture qui doit un peu plus lard consommer la sejwralion definitive de la branche arainéenne et de la branche phénicienne.
Ce qui est important à constater ici, c’est le caractère araméen de la langue employée, caractère qui se manifeste par l’emploi du mot “13 fils, du relaif et de l’état emphatique. L’emploi du rt comme «fiixe de la conjugaison Aphel se trouve aussi dans les parties araméennes du livre de Daniel.
Le dieu Hadad, dont le nom signifie «unique » ainsi que l’avait déjà remarqué Macrobe (Sut. I, a 3), est un dieu solaire; comme tel, il est couronné de rayons et tient à la main une fleur ou des épis: seulement la statue décrite par Macrobe est ornée de rayons dirigés de haut en bas, circonstance cpii ne se retrouve pas ici.
Cylindre du musée britannique.
Personnage assyrien, les mains élevées en signe d'adoration , et accompagné de son nom Yir/ihnét. Il adore une triade divine composée du dieu suprême El ou Ilou, représenté comme sur les bas-reliefs assyriens avec un buste humain, un disque ailé et une queue d’oiseau, puis de deux divinités ailées et barbues d’un caractère indéterminé. En rayon partant du disque de El vient frapper le front de Yir-
INTAILLES AUAMÉENNES.
phaël : devant ce personnage une ligne ondulée représente la foudre (?).
La légende officielle, qui est indépendante du nom gravé à côté de la figure, et qui est écrite en sens contraire, se lit ainsi :
nynn -13 Sus-p
Yrphaël fils de Hura’da'il
Yrpliaël a le même sens que Raphaël, sa n a vit El : Hora’dad, Horus firmavit (?).
M. Lévy a déjà publié ce cylindre (o. c. p. «9); mais, trompé sans doute par une empreinte défectueuse, il s’est complètement mépris sur l’arrangement des lignes et le sens de l’inscription.
Scarabéoïde de cornaline provenant des ruines de Ninive. — Musée du Louvre.
Lion de style assyrien : au-dessus, scarabée égyptien les ailes déployées.
TSH
Raphati (Sanatio rnea)
Cette pierre gravée a été découverte par M. Victor Place, ainsi qu’un scarabée phénicien 1 , au mi-
(I) Publié par M. de Longpérier, Journal asiatique, novembredécembre 1855.
INTAILLES AIUMEENNES.
lieu d’un dépôt considérable d’amulettes de toute espèce enfoui sous les fondations d’une des portes du palais de Kliorsabad. I>e taureau ailé qui recouvrait ce dépit étant du roi Sargon, notre cachet a été gravé au plus tard dans les dernières années du VIII* siècle. J'ai déjà cité 1 cette légende comme preuve de l’uniformité de l’alphabet employé à cette époque par les Phéniciens, les Juifs et les Arainéens Reconsidérais alors cette pierre comme hébraïque, comme étant peut-être le cachet' d’un captif samaritain emmené par Salmanassar en 720 et employé par Sargon à la construction de son palais. Je me fondais sur la forme du nom q«i peut être regardé
comme l’abréviation du nom essentiellement hébraïque irprfil ( Sanatio Jehovsë). C’est ainsi que le nom 1 iT 3 PO Mathaniahou ( Donurn Jehoi’æ) présente les formes successivement abrégées rP3n!2,
Mathaniah , Malhani , Nathan. Aujourd’hui, je suis moins absolu dans mon opinion ; tout en pensant que ce petit monument peut être hébraïque, je le classe parmi les monuments araméens, les noms propres araméens terminés en s étant aussi trèsnombreux et les symboles qui décorent la pierre paraissant plutôt avoir été gravés par un idolâtre que par un Israélite*.
1 itev. archcot., art. cité, p. 336.
• Nous Terrons plus loin que cotte raison est loin d'étre absolue
■mailles araméennes.
Scarabée d'hématite. Collection de Lnyncs.
Personnage debout en costume imité de l’égyptien, une sorte de sceptre à la main.
tdS
A Knrouzi.
Nom propre formé avec le verbe araméen TQ clamavit , d’oit VO præco, xrips!;. Ce mot se trouve dans le livre de Daniel (ni, 4 ) où quelques critiques l’ont considéré comme un emprunt fait à la langue grecque. Notre pierre gravée, par les caractères paléographiques de la légende, appartient au VH" ou au VIII e siècle avant notre ère, et nous prouve l’emploi de la racine à une époque antérieure 11011sculeinent à Daniel, mais à toute intervention de la Grèce dans les affaires araméennes.
Scarabéoïde de calcédoine — Collection de M. Pérétié : trouvé à Beyrouth.
Dieu solaire syrien, Belsamin ou Iladad, en costume assyrien, une fleur à la main, au milieu d’un cercle, surmonté du disque aile d’imitation égyptienne. Dessous, un grand croissant porté par deux lions,
INTAILLES AKAMEENNES.
symbole de la Déesse syrienne Atergatis ou toute autre 1 , dont le caractère à la fois lunaire et tellurique est indiqué par le croissant et par les lions qui jouent ici le rôle des lions * qui portent la figure de la Mère des Dieux, Rhéa-Cvbèle. Ces trois groupes constituent .une sorte de triade formée du dieu suprême représenté par le disque ailé, et de ses deux puissances composantes, l’une solaire et mâle, l’autre lunaire et femelle.
La légende qui accompagne cette représentation est très-difficile à lire, la lettre du milieu du mot de gauche est même toute nouvelle pour moi : elle paraît être un p, ce qui donnerait pour ce mot la lecture npn dont le sens m’échappe complètement. Pour l’expliquer il faut avoir recours à l’hypothèse, supposer une erreur du graveur qui aurait oublié de retourner le mot , et le lire à l’envers : Jlpn Inscul/isi. la 1 mot suivant paraît être le nom propre DPI3 nu hum. I.a légende serait donc la signature de l’artiste qui a gravé le cachet.
J’ai classé cette pierre parmi les araméennes à cause de la forme du PI qui n’a qu’une barre transversale, comme le H moderne, et de la forme du n qui se rapproche du type que nous rencontrerons tout à l’heure.
* Ct. Macrolie, Sut., 1, 23.
’ Voye», sur la valeur de ces symboles ce que nous disons cidessus, p. il et G4.
INTAILLES ARAMÉENNES.
Agate blaaclie bombée; de la collection de M. l’érétié : provenant de Beyrouth.
Deux personnages vêtus de longues tuniques, la tête ceinte de bandelettes, en adoration de chaque côté d’un autel (?). Au-dessus le soleil et la lune.
naSi-mS
A Akhilekcd.
I>a dernière lettre n’est pas très-certaine : si nous l'avons bien lue, le nom pourrait signifier frôler capturas, et correspondre aux noms bibliques si nombreux qui sont composés de même, connue Akhie— zer, /rater auxilü, Akhitophel, fr. sudtitiæ, etc,
Cylindre du musée Britannique.
la? dieu Kl domptant deux griffons.
imn
Hurkhou.
I,a forme du n et celle du n sont bien caractéristiques, et tout à fait araméennes.
INTAILLES AIIAMEENNES.
Pierre du musée Britannique.
Personnage debout devant un pyrée, de style clialdéo-persan. Au-dessus, le soleil et la lune.
trDumSsS
A Pal-ziar-shemesh
Ce nom est de forme tout à fait assyrienne; il commence par le mot Pal qui veut dire fils, et entre dans la composition d’un grand nombre de noms assyriens (Tcgiat-pal-assar, Nebo-pal-assar Sardanapale... pour ne citer que des noms classiques). Ensuite il se compose de trois éléments, comme la plupart des noms assyriens; le troisième est le nom du soleil; lesecond est assez difficile à expliquer et est d'ailleurs d’une lecture douteuse : d’après M. Fr. I^normant T* = splenduil d’où le nom entier prendrait le sens de Filius-splendoris-solis ; à l’appui de son opinion, mon savant ami me signale un cylindre assyrien, dont le dessin a été donné par M. Lajard 1 , et sur lequel il lit le nom propre suivant, écrit en caractères cunéiformes ’p'£‘ rTDI Ss Pal-rimil - sin , filins excelsionis /.uni. Je laisse la question à décider aux assyriologues.
Cylindre du musée Britannique dont je ne repro-
1 Recherches sur Mitlira, pi. XVIII, fig. ;>.
INTAILLES AHAMÉENNES.
duis que la légende. I.a figure complète en a été déjà donnée plusieurs fois, entreautres par M. Lévy (o. c. p. 4o et fig. i4). Mais la légende a toujours été mal transcrite, même par M. Rawlinson (o. c. p. a38). Le sujet du cylindre est la lutte d’un personnage initié avec un griffon et un taureau à tête humaine, sous la protection d’Ormuzd : le style de la gravure est perse, de l’époque des Achéménides. I.a légende, quoique araméenne, se compose de noms propres perses.
mm» "o maiins cnn
Sceau de Parsharulat fils <f Ârladat.
Cette lecture est duc à M. Rawlinson, et je n’ai rien eu à y changer, si ce n’est que j’ai supprimé un ^ à la fin du second nom propre : l’addition de cette lettre, que .M. Lévy prend pour un i, est fautive : la lettre n’existe pas sur l'original, et une circonstance toute fortuite a induit en erreur tous les interprètes de ce petit monument : l’empreinte en soufre que le British Muséum, avec sa libéralité ordinaire, inet à la disposition de tous les travailleurs, est faite de telle façon que par suite de la révolution du cylindre sur la matière molle du moule, l’extrémitc de la queue du griffon apparaît à la suite du dernier mot de la légende et simule, à s’y tromper, une lettre faisant partiedu mot lui-même. Mais il n’eu est rien en réalité : le mot n’a que cinq lettres et se lit Artailal sans aucune difficulté.
intaili.es arameennes.
L'écriture est tout à fait araméenne et se rapproche de celle des monnaies cilicicnncs et des autres uionuments de la même époque.
Empreinte communiquée par M. le duc de Luynes.
Deux têtes de bélier affrontées : dessous, trois poissons.
enty -q wma cm
Sceau (le Serras h fils de S/ieresh
Le style des figures gravées est inspiré de l’art grec. Je ne crois pas ce petit monument antérieur au V”, peut-être même au IV e siècle. L’écriture de la légende est presque semblable à celle du cylindre précédent. Des nuances séparent seules cet alphabet araméen du type des papyrus Ulacas, type de transition dont, par une dernière transformation, est sortie l’écriture dite carrée, c’est-à-dire celle des inscriptions de Palmyre, de Jérusalem, du Haouran, immobilisée dans l’hébreu moderne ou aschourit, tandis que dans les autres familles elle continuait sa marche progressive. Je n’insiste pas sur cette question , que j’ai déjà développée ailleurs : je me borne à renvoyer au travail que je lui ai consacré, ainsi qu'aux tableaux qui l’accompagnent : je n’ai voulu donner ici que les preuves à l’appui de l’opinion exprimée alors.
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