ET L’ALPHABET HÉBRAÏQUE. U
papier, on ne saurait vouloir trouver la raison de chaque accident, et surtout la place de chaque détail dans une classification invariable. Les transformations d’une même écriture, qui ne sont pas dues à un concert préalable ou à une importation directe, sont le produit d’une élaboration lente, semblable à celle qui a présidé aux enfantements successifs du langage ; dès lors elles comportent des périodes de transition, c’est-à-dire des époques où les types se confondent, où les diverses fractions d’un même peuple sont en retard ou en avance les unes sur les autres en raison des distances qui les séparent ou des influences qui les dirigent. A ces causes d’erreur, qui mettent en défaut les classifications les plus minutieuses, il faut ajouter les exceptions créées par la fantaisie, le caprice, les pastiches, les archaïsmes volontaires. La paléographie grecque, malgré les milliers de monuments dont elle dispose, n’est pas exempte de ces anomalies, et on serait exposé à de singulières méprises si l’on appliquait toujours, et les yeux fermés, les règles qu’elle a posées. Il n’en reste pas moins vrai que, dans la plupart des cas, ces règles sont exactes; quand elles sont en défaut, il est rare que des circonstances accessoires de style, de faire , ne mettent pas en garde l’œil d’un observateur exercé. Les grandes lignes surtout, c’està-dire les grandes divisions de l’histoire des formes épigraphiques, restent indiscutables, et serviront toujours de base au classement historique des textes.
Ce sont ces grandes lignes que j’ai voulu déterminer pour l’épigraphie araméenne et l’épigraphie hé-
lit
L’ALPHABET ARAMÉEN
braïque. Pour y parvenir, j’ai dressé des tableaux renfermant des alphabets tirés des monuments dont la date est déterminée par des circonstances intrinsèques ou extrinsèques indépendantes de la question paléographique. Ensuite, j’ai eu bien soin de ne mettre dans une même colonne que des lettres prises à un même monument, ou à des monuments absolument semblables d'âge, de provenance et de type. Cette manière de procéder est très-importante, et la seule qui puisse produire de bons résultats; la plupart des incertitudes et des divergences d’opinion qui ont signalé jusqu’à présent les études paléographiques sémitiques proviennent de ce que cette méthode a été négligée, et que l’on a eu recours à des alphabets composés de toutes , mains à l’aide de monuments appartenant quelquefois à des régions très-éloignées les unes des autres, non-seulement sur la carte, mais dans l’histoire.
Le premier tableau (planche VIII) a été tiré uniquement de monuments araméens, c’est-à-dire écrits dans la langue arameenne caractérisée par des formes grammaticales bien positives. Je vais rapidement indiquer pour chaque colonne le nom et la provenance de ces monuments, ainsi que les principaux caractères de l’écriture.
i" colonne. — Cachets assyriens. Ce sont ceux