‹ Mélanges d'archéologie orientaleChapitre 25 sur 42 · ET L'ALPHABET HÉBRAÏQUE. 1T · texte numérisé non relu

ET L'ALPHABET HÉBRAÏQUE. 1T

époque, dont les formes sont sensiblement semblables à celles que nous reproduisons dans cette colonne; elles appartiennent au type dit carré , et ne diffèrent que par des nuances calligraphiques de l’hébreu carré. L’écriture palmyrénienne a eu, dans les siècles suivants, son développement spécial, que l’on peut étudier dans les planches de notre recueil; elle avait en outre un type vulgaire et cursif qui a abouti à l’écriture estranghé/o , de laquelle est sorti le syriaque moderne, dernière forme de l’écriture araméenne. J’ai reproduit à l’extrémité du tableau l’alphabet estranghélo des plus anciens monuments syriaques, mais je n’ai pas donné les formes intermédiaires; j’ai préféré suivre le développement de l’alphabet araméen dans les provinces à demi arabes de la Syrie méridionale; les inscriptions récemment découvertes dans celte contrée éclairent son histoire d’un jour tout nouveau; c’est à elles que sont empruntées les dernières colonnes de notre tableau.

7 * colonne. — Inscriptions du Ilaouran, publiées par moi dans la Syrie centrale ( Inscript., PI. i3). Quand le tableau a été lithographié, je les croyais postérieures de quelques années à l’ère chrétienne; de nouvelles considérations, développées dans l’ouvrage cité, me font croire aujourd’hui qu’elles ne sont pas postérieures à la mort d’IIérode le Grand, ce qui place dans la seconde moitié du premier siècle néant Jésus-Christ l’époque où elles ont été gravées.

8 ' colonne. — Inscriptions nabatéennes. La première est celle d’Hebrân (Syr. ccn/r., IN., n" t),

L'ALPHABET ARAMÉEN

datée de l’an 47 après Jésus-Christ. La rolonne suivante est tirée des inscriptions des rois nabatéens que j’ai publiées dans le même ouvrage, et des inscriptions du Sinaî, dont les plus récentes sont chrétiennes, du quatrième siècle sans doute.

En regard de cette dernière colonne, j’ai placé l’alphabet coijit/ue primitif des Arabes; la simple inspection prouve qu’il provient de l’alphabet nabate'en '. Quant à l’écriture neskhi , celle dont les Arabes se servent encore aujourd’hui, elle n’est que la forme cursive du coufique.

En résumé, si l’on compare les unes aux autres toutes les colonnes de ce tableau, et que l’on généralise le résultat de cette étude, on arrive aux conclusions suivantes :

i° Antérieurement au sixième siècle, l’alphabet commun à toutes les populations sémitiques de la Syrie est l'alphabet phénicien archaïque, souche de l’écriture grecque et de tous les systèmes graphiques de l’Occident ; les règles que nous avons tracées ci-dessus (p. 90), pour distinguer l’écriture du septième siècle de celle du huitième par les ondulations du mim et du schin , s’appliquent donc aux monuments araméens.

a 0 Vers le sixième siècle , l’écriture phénicienne type, celle que j’ai appelée sidonienne, se constitue : le plus beau monument de cette écriture est le célèbre

' Pour plus de détails, voyez les chapitres II et III de l’ouvrapre déjà cité, Syrie centrale. Inscriptions sémitiques, Baudrv, 1868. Paris.

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