‹ Mélanges d'archéologie orientaleChapitre 29 sur 42 · F.T L'ALPHABET HÉBRAÏQUE · texte numérisé non relu

F.T L'ALPHABET HÉBRAÏQUE

C’est pour élucider cette question qu'avant d'interroger les textes j'ai pensé à consulter d’abord les monuments ; j’ai ainsi été conduit à construire les deux tableaux annexés à ce travail.

Le tableau n° II est consacré à l’alphabet hébreu archaïque.

La première colonne est tirée des pierres gravées publiées ci-dessus fpl. Vil, n"’ 34, 35), et que leurs caractères intrinsèques nous font considérer comme étant au plus tard du septième siècle. L’alphabet est presque semblable au phénicien archaïque, et ne s’en distingue que par des nuances spéciales : — la double branche transversale du waw , — l’allongement et le parallélisme des branches horizontales du ht!, — la forme du zaln , — la tendance des hastes inférieures à se recourber vers la gauche.

I,a a* colonne provient des anciens sicles, qui sont an plus tôt du quatrième siècle, et au plus tard du milieu du deuxième 1 ; un alphabet analogue se trouve sur les pierres gravées décrites ci-dessus, sous les n" 38 et suivants; j’ai également décrit (p. i36) les caractères de cette écriture archaïque de basse époque.

La 3 e et la 4” colonne sont tirées des monnaies des Asmonéens et des révoltés. L’écriture est évidemment

' Ces sicles sont attribuas par M. «le Saulcy au granit prêtre Yaddous; par MM. Cavedoni, Lévy et Madden 3 Simon Marchabée. Je ne me charge pas de décider laquelle des deux opinions est la vraie ; la question est très-embarrassante : d'un côté se trouve l’histoire, et de l'autre les considérations numismatiques qui ont une valeur incontestable.

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de la même famille que les précédentes, mais elle a tous les caractères d’une œuvre d'imitation souvent maladroite. L’altération de certains caractères, à côté d’autres fidèlement reproduits, leur renversement fréquent, la présence de formes araméennes (/<é, rwun , rrsc/t ) qui se glissent parfois au milieu des autres, tout semble prouver que les graveurs d’alors n’avaient pas une grande habitude de ce genre d’écriture.

C’est de cette écriture que dérive l’écriture samaritaine; on s'en convaincra en jetant les yeux sur la dernière colonne de ce tableau, qui contient un alphabet emprunté au plus ancien monument samaritain connu, une inscription située à Naploiise, et qui a été attribuée par le docteur Rosen 1 au quatrième ou au cinquième siècle de notre ère.

En regard, j’ai placé le tableau n° 111, consacré à l’écriture carrée.

La première colonne contient l’alphabet tiré des inscriptions de Jérusalem, que j'ai le premier fait connaître (Beni-Hezir, etc.) *. Elles ne sont pas datées, et c’est la détermination de leur date qui a soulevé les discussions dont ce travail est sorti. Je les crois du premier siècle avant notre ère; M. de Saulcy les croit du troisième. Il y a un fait hors de doute, c’est que l’époque de leur rédaction est comprise entre

* Zeitsch. der D. Morgenl. Gesell., XIV, 005. Les lettres entre parenthèses ne se trouvent pas sur l'inscription et sont empruntées aux manuscrits du vu* ou du vin* siècle.

2 Voir notre Temple de Jérusalem, p. 45, 136. PL XXXVII.

ET L'ALl’HABET HEBRAÏQUE, le siège de Jérusalem par Titus, comme limite inférieure, et l'invasion grecque ou l’avénement des Séleucides comme limite supérieure, à cause du style grec des monuments sur lesquels elles sont gravées.

Les alphabets rangés dans les autres colonnes, et tirés de monuments d’une date presque certaine, prouvent que, depuis le deuxième ou troisième siècle de notre ère jusqu’à nos jours, l’écriture carrée a peu varié, et n’a guère subi que des modifications calligraphiques.

La comparaison des deux tableaux II et III démontre que l’alphabet archaïque n’a pu donner naissance à l’alphabet carré; il faut donc chercher ailleurs l’origine de ce dernier; pour cela, nous n’avons qu’à retourner au tableau n° I, celui de l’alphabet araméen. On voit du premier coup d’œil que l’écriture carrée est une écriture arainéenne; l’alphabet des inscriptions de Jérusalem vient se placer entre la cinquième colonne et la sixième, c’est-à-dire entre l’écriture des papyrus et celle de Palmvre ou du Haouran ; c’est ce qui nous a conduit à lui assigner pour date le premier siècle avant J. -G.

Aux monuments dont le dépouillement a servi à la construction de ces deux tableaux, il faut en ajouter de deux espèces : les uns que je ne connaissais pas au moment où je les ai fait lithographier, un autre sur l’interprétation duquel je m’étais trompé.

Les premiers sont les pierres gravées publiées cidessus, sous les n"* 36 et 3 7 , qui sont juives par la langue et les noms propres, arumrennes par le type

tt;2

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<lc l'écriture; elles nous ont prouvé qu’il existait dès le sixième et peut-être le septième siècle des monuments juifs écrits à l’aide de l’écriture araméenne, telle qu elle était alors usitée par les Aramécus.

Le second est le mot gravé sur les rochers d’Araqcl-Emir, et que nous avions mal lu, M. de Saulcy et moi, faute de reconnaître le véritable alphabet dans lequel il est écrit. Je reproduis la copie que j’en ai prise en i8tia avec le plus grand soin, et dont une copie, relevée simultanément par Waddington, contrôle l’exactitude quant à la forme des caractères.

Le mot a été exactement lu par M. le D r Lévy, de Breslau, 5"P21t2 , Tol/iah. Il est écrit à l’aide du caractère mixte que j'ai appelé araméo-phénicien (voir les colonnes a et 3 du tableau n" I), et pendant la dernière période de son existence. Le tel ne figure pas dans ces colonnes, faute «l’un exemple appartenant positivement à l’époque correspondante: mais le tel du second papyrus de la colonne 5 n’est pas très-éloigné de celui d’Araq-el-Emir, et il est probable qu’il reproduit une forme un peu plus ancienne. Les autres lettres sont caractéristiques; le ôef/i ouvert par en liant et de formes rectangulaires; le iW, encore ancien de formes comme celui du Lion d'Abydos et de la grosse darique ; le he\ déjà semblable à celui de certaines monnaies ciliciennes. Nous retrouvons dans ce mot les caractères que nous avons assignés à cet alphabet arainéen de transition, dont les formes, déjà modifiées au quatrième siècle en Cilicic, ont pu, sur

ET L'ALPHABET HÉBRAÏQUE, d’autres points, se conserver plus ou moins longtemps; nous avons déjà signalé cette incertitude de limites propre aux époques de transition. Ainsi, en appliquant à ce inot îTQlü les règles paléographiques que nous avons posées dans la première partie de ce travail nous sommes conduit à le considérer comine étant écrit pendant le quatrième siècle au plus tard, et à l’aide de l’écriture araméenne.

Ces deux exemples nous font donc connaître deux états de l’écriture hébraïque dans laquelle elle est semblable à l’écriture araméenne contemporaine, à

' Telle n’etait pas l’opinion que j’ai exprimée, il y a quatre ans {Temjde de Jérusalem, p. 12). Je considérais alors l’inscription et les frottes à l’entrée desquelles elle est gravée connue contemporaines du palais ou château d’Araq-el-Emir, construit par Hrrcan en 176 avant J.-C. Quant à cette construction, je persiste à la considérer comme l'œuvre même d’Hyrran : la concordance entre la disposition générale de l’édifice, les détails de l’architecture et la description de Josèphe, est si complète, si absolue, que les arguments de M. «le Saulcy n’ont pu l’éhranler à mes yeux. Ce que M. de Saulrv appelle des chapiteaux persépolitains sont des chapiteaux corinthiens inachevés dont les volutes à peine ébauchées ressemblent à des hustesd’aniinaux.Tout est inachevé dans ce monument; on sent que la mort a interrompu l'auteur, et, en effet, il n’a eu à peine que sept années pour s'installer. Mais je reconnais avec M. de Saulcy que cet espace de temps n'aurait pas suffi pour creuser dans le rocher les immenses caves fortifiées, écuries, magasins, etc., qu’il a si complètement décrits. Je suis donc tout disposé a admettre avec lui qu’Hvrcan a choisi ce lieu de refuge, à cause de la présence de travaux antérieurs, lesquels ont pu être exécutés par ce Tolnah l'Ammonite, adversaire de Néhémie, dont il a raconté l'histoire dans un récent et important ouvrage (Étude chroiml. sur les litres d'Esdras et Xèhémie. Lévy, 1868). L’inscription pourrait être attribuée à ce Tubiah, mort, suivant M. de Saulcy, vers 330, ce qui coïnciderait avec nos réflexions paléographiques.

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une époque antérieure à la forme cnrrce ; ils nous la montrent en voie de formation.

Si maintenant nous considérons dans son ensemble l’histoire de l’écriture hébraïque, telle qu’elle résulte de l’étude des seuls monuments, nous pouvons la résumer ainsi :

Une première période pendant laquelle la seule écriture en usage est l’hébreu archaïque, caractère très-voisin du phénicien ;

Une seconde période pendant laquelle l’écriture araméennc s’emploie simultanément avec la première, et se substitue peu à peu à elle;

Une troisième période pendant laquelle l’écriture araméenne, devenue carrée, est la seule en usage.

I.a première période est antérieure à la captivité, et la troisième postérieure à Jésus-Christ.

Les limites de la deuxième 11e sauraient être déterminées avec exactitude à l’aide des seuls monuments, car ceux-ci nous font complètement défaut, mais les traditions et les textes viennent ici à notre secours. Le nom d 'aschourit/i , assyrien, donné par l’école rabbinique à l’alphabet carré ; le rôle qu’elle assigne dans l’introduction de cet alphabet à Ksdras, personnage collectif qui résume l’ensemble des traditions relatives au retour des Juifs, semblent prouver que l’introduction de l’écriture araméenne coïncide avec le grand mouvement araméen qui envahit toute la Syrie et toute la Palestine aux sixième et cinquième sièdesavant notre ère. L'écriture hébraïque s’aramaïsa en même temps que la langue hébraïque, — c’est un

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fait naturel qui tient à des causes générales, — et dès lors elle suivit, excepté sur les monnaies, les destinées de la paléographie araméenne ; au sixième siècle et au cinquième, elle ressemblait beaucoup à celle qui est figurée à la colonne 3 de notre premier tableau ; au troisième siècle, les manuscrits de la Bible, proposés à Ptolémée Philadelphe, et qui, suivant un trèsprécieux passage de Josèphe, étaient écrits en caractères araméens , devaient ressembler beaucoup à notre cinquième colonne, c’est-à dire aux papyrus Blacas; enfin, au premier siècle, quand l'écriture araméenne est devenue carrée à Palmyre et dans le Haouran, elle apparaît carrée à Jérusalem.

Or, comme il n'est pas probable que les inscriptions de Palmyre, du Haouran et de Jérusalem, que nous possédons, soient précisément les premiers monuments de leur espèce, il faut bien admettre que l’écriture carrée est plus ancienne que ces textes, et que c’est au plus tard dans le courant du premier siècle qu’elle s’est constituée.

Pour nous résumer et pour éviter les dénominations trop absolues, nous dirons que c’est sous le règne des princes asmonéens que l’écriture employée par les Juifs pour la plupart des usages sacrés et profanes, à l’exception de la fabrication des monnaies, a reçu la forme dite carrée , forme qu’elle ne devait plus quitter ; elle ne l’a pas reçue brusquement par suite d’une révolution ou d’une importation étrangère, mais par la transformation lente et le développement naturel des types araméens adoptés depuis plusieurs siècles.

L'ALPHABET AH AM KEN

Quant au fait curieux présenté par la numismatique, il est assez difficile à expliquer, mais n’est pas aussi anomal qu’on pourrait le croire. La tendance à l’archaïsme est assez naturelle dans la fabrication des espèces monétaires; elle peut se justifier par le désir de ne pas déranger les habitudes commerciales, ou défaire profiter des émissions nouvelles de la faveur attachée à certaines espèces plus anciennes. La numismatique grecque n’est pas exemple de faits semblables : à Athènes, par exemple, l'archaïsme «les types s’est maintenu longtemps après Périclès. La numismatique moderne est encore plus riche en anomalies du méine genre : à l’heure qu’il est, on frappe ru Angleterre des monnaies à légendes gothiques et en langue latine. Sans vouloir pousser trop loin la comparaison entre des temps et des lieux si divers, on peut néanmoins conclure de ces rapprochements que le fait offert par la numismatique judaïque n’est pas unique dans l'histoire ; il ne constitue pas dès lors une exception qui doive nécessairement infirmer nos conclusions et faire opposer une fin de non-recevoir aux résultats de nos recherches. Pour les monnaies frappées pendant les diverses insurrections qui ont armé les Juifs contre les Romains, il y a plus : on conçoit qu’un sentiment particulier ait poussé les chefs de ces révoltes à rattacher l’émission de leurs monnaies aux anciens souvenirs de l’indépendance nationale; Rarcocéhas surtout, qui reproduisait sur ses sicles les formules des plus anciens types, était naturellement conduit à imiter en même

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temps la forme même et les détails extérieurs des légendes.

Il nous reste maintenant, après cette revue des monuments et des renseignements qu’ils nous donnent, à rappeler rapidement les principaux textes relatifs à la question, et à montrer comment ils s’accordent avec la théorie que nous avons développée.

Le plus ancien texte est celui de Josèphe, auquel nous avons fait allusion plus haut ; l'historien juif le met dans la bouche de Démétrius de Phalère, bibliothécaire de Ptolémée Philadelphe, proposant à son maître d’acheter et de faire traduire les livres saints pour la bibliothèque d’Alexandrie (.'/«/. J tu /. , XII, il, i, 4)- «Ces livres, dit-il, écrits dans la langue des Juifs et avec leur propre écriture, sont incompréhensibles pour des Grecs; » puis il ajoute que cette langue et cette écriture, quoique ayant des idiotismes qui leur étaient propres, offraient la plus grande analogie avec la langue et l’écriture des Syriens, c'està-dire l’écriture araméennc : Aoxrî utv yip rivai tt, iiîtüTV.Ti tùv Supiov YsaiAjcaTtov £[/.çepr,; 6 yapaxT/,p aùrwv, xai tt,v <pcuv/,v oaoiav aÙToè; à~ r.yEÎv, i<JiOTpo-ov üï a’j- -riiv tïvai cu;/.ééêr,xev. Ceci se passait en ay'i av. J.-C,.; à cette époque, d’après notre tableau n° l, l’écriture araméenne n’était pas encore carrée; elle avait les formes reproduites sur les papyrus araméens d’Egypte ; ces précieux fragments nous représentent donc l’aspect que devaient avoir les rouleaux de la loi confiés aux Septante. Il n’est pas impossible que le mouvement produit par le voyage des traducteurs juifs et le

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courant d’idées qu'il suppose ait contribué à fixer en Égypte la colonie arainéenne (ou juive parlant l’araméen), à laquelle nous devons les divers documents qui nous servent aujourd’hui de point de repère.

Parmi les textes qui nous donnent la tradition de l’école thalmudique, le plus connu et le plus important est le suivant, dont j'emprunte la traduction à de Wettc 1 : « ... Au commencement la loi a été don- « née à Israël en écriture hébraïque , "HSJ? 3T02, et « en langue sainte; plus tard, dans les jours d’Ezra, « elle fut donnée en écriture assyrienne, JVVHyX, et « en langue araméenne. Plus tard les Israélites adopte tèrent l’écriture assyrienne avec la langue sainte, u laissant l’écriture hébraïque et la langue araméenne « aux gens du commun. Quels sont ces gens? R. Chasda « répond : les Cuthécns (Samaritains). » ( Gemar . Sanheilr ., fol. ai, a; aa, i). Cette écriture as syrienne était l’éciiture araméenne qui, à l’époque de la rédaction du Thalmud , était devenue carrée , Mais pour les rabbins d’alors, peu au fait des variations paléographiques d’une même écriture, les formes carrées qu’ils avaient sous les yeux représentaient les formes primitives, celles dont l’introduction était attribuée à Esdras; de cette confusion sont nées les diverses contradictions qui se rencontrent dans les textes rabbiniques, et qui, de nos jours encore, ont occasionné les discussions auxquelles nous avons déjà fait allusion. La véritable opiuion de l’école est

1 Lehrbuch der jïtdischen Archéologie, IV' ed., p. 426.

Di

ET L'Al.PHABET HEBRAÏQUE, celle qui est renfermée dans le texte précédent, à savoir, que « l’écriture aschourith était le produit de n l’influence araméenne qui, sous l’impulsion d'Es- « dras, avait envahi le peuple hébreu, et que l’écriture « usitée au commencement de notre ère par les Sa- « maritains représentait l’ancien type hébraïque. » Cette opinion est celle que les monuments nous ont montré être conforme à la probabilité historique, et que nous avons adoptée, sauf en ce qui touche le personnage d’Esdras, expression d’un monument collectif et d’une époque, plutôt que d’un rôle personnel.

La preuve que cette opinion était universellement reçue dans l’école, c’est qu’elle a été recueillie et reproduite par les premiers exégètes chrétiens. Origène, écrivant vers le milieu du deuxième siècle, dit que, « dans certains manuscrits des Septante, le tétragram- « maton (ou nom ineffable Iehovah) était transcrit en « anciens caractères hébraïques et non avec ceux « dont on se servait de son temps, Eépaïxoî; àpyatot; « ypâpLftaei ytypairrat, aXV oôyi toi; vùv, car, ajoute- « t-il, on dit qu’Esdras changea l’écriture après la «captivité». ( Hexapla , I, 86, Montfaucon.) Et ailleurs (ad Ezechiel, IX, 4)j il définit cet ancien alpliabet Ta àpyaïa oroqreîa, en disant que « la dernière «lettre, 1 e thau.y a la forme if une croix » ; remarque qui ne s’applique, notre tableau en fait foi, qu’à l’ai— pbabet dérivé du phénicien, auquel nous avons donné le nom d 'archaïque. Dans le même commentaire, Origène se donne comme répétant l’opinion de Juifs instruits qu’il avait interrogés au sujet de la forme et

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(le la valeur symbolique de la lettre thau. Il reflète donc la doctrine de l’école; c’est ce que font aussi après lui Etisèbc et saint Jérôme; celui-ci se sert presque des mêmes termes ; seulement il précise davantage; comme dans le passage tbalmudique cité plus liant, il fait intervenir Esdras et les Samaritains : «In nntii/uis Hcbræorum I ilteris , quibnsusquc bodie « utuntur Samaritain, extrema thau littera crucis « liabet similitudineni. « ( Cornm . in Ezech., IX, 4). IiC début du Protogus ga/enfus, quoique souvent cité, est utile à reproduire en entier : « Viginti et « duas li Itéras esse apud Hebræos Syrorum qiioque lin- « gua et Cbaldæorum testât ur, quæ Hehrase magna « ex parte conliuis est, nam et ipsi viginti duo ele- « monta liabent eodem sono, sed diversis cbaracteri- « bus. Samaritani eliam Pentateuchum Moysi totidem « litteris scriptitant fignris tantum et apicibus discre- « pantes. Certumque est Esdram scribam legisque « doctorem, post captam Ierosolymam et instauratio- « nem teinpli sub Zorobabel, alias litteras reperisse, « quibus mine utimur; cmn ml Hlnd usque trmpus « iitlem Sumaritnnovnrn et llebrœurum characteres

« fuerint et nomen Domini tetragrammaton in

« quibusdam (iræcis voluminihus usque bodie anti- « nuis expressum litteris invenimus. » La description qu’il donne ensuite de l'alpbabet en usage de sou temps, avec scs lettres finales, convient parfaitement à l’alpbabet carré. Les autres renseignements donnés par ce passage ne sont pas moins conformes au témoignage des monuments : d’abord la différence que

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