Nous les publions un peu plus loin
pires qui sc partagèrent la domination de l’Orient, l’Assyrie, l’Egypte, la Perse.
Elle fut des premières à sc soumettre à Salmanasar et è Nabuchodonosor quand ces monarques envahirent le littoral méditerranéen.
Plus tard, quand l'Egypte, sous la vingt-sixième dynastie, entra, si l'on ose ainsi parler, dans le concert européen , les flottes de Citium, jointes à celles deTyr et de Sidon , furent battues par les vaisseaux d’Aprièsoti d’Amasis, et l’ilc subit la douce domination des souverains égyptiens, jusqu'au jour où la victoire de Cambyse la fit passer sous la suzeraineté de la Perse.
Dans les grandes guerres qui mirent aux prises les États naissants de la Grèce et les vieilles races de l’Asie, Cvpre ne resta pas neutre, et les galères de Citium se mêlèrent aux flottes phéniciennes qui portaient en Europe les hordes du grand roi. L’ile même fut le théâtre de luttes violentes dans lesquelles les villes phéniciennes prirent parti pour les Perses contre les Athéniens, que soutenaient les colonies helléniques. L'avantage finit par rester aux Asiatiques; mais leur puissance sortit affaiblie de la lutte, et, pendant la seconde moitié du v° siècle, l'autorité du grand roi fut presque nominale. Les petits dynastes locaux, Grecs ou autres, prirent une
1 Engel, Kypros, I. La preuve matérielle de la conquête assyrienne a été trouvée aux portes memes de Citium. C'est la stèle de Sargon, aujourd'hui conservée au musée de Berlin, et dont le moulage est au Louvre. ! Voy. I.ongpérter, Calai, des monum. assyr. n* G 1 7.)
INSCRIPTIONS PHÉNICIENNES I)E CYPRE. 31 plus grande importance, battirent monnaie en leur propre nom comme les Azbaal de Citium , et quand l’esprit hellénique se réveilla de nouveau sous la vigoureuse main d’Evagoras, il combattit avec avantage contre l’Asie. La lutte fut longue; Citium, alliée naturelle des Perses, fut la dernière à se soumettre à Évagoras, mais elle eut la consolation de le voir perdre dans sa rade la victoire navale qui sauva au moins la suzeraineté persane.
Evagoras fut le précurseur d’Alexandre par l’impulsion qu’il donna à la propagande hellénique en Orient; avec lui, les lettres, les arts, les sciences de la Grèce prirent en Cypre un développement nouveau. Le mouvement se continua après sa mort, si ce n'est peut-être à Citium, où la petite dynastie desMelekiathon et des Pumiathon revint A la langue, aux types, aux usages nationaux. Cette réaction toute locale ne pouvait arrêter le courant qui poussait l’Occident en Asie, et quand Alexandre le Grand, porté par ce courant , eut envahi la Syrie, les rois grecs de Cypre, conduits par Pnytagoras, vinrent se joindre à lui et prendre leur part des victoires qui consacraient définitivement le triomphe de la Grèce sur la Perse. Citium ne put concourir à l’envahissement de la Phénicie et à la prise de Tyr, mais elle dut sans doute à sa neutralité de perdre une partie de son territoire; néanmoins elle conserva son autonomie jusqu’au jour où file entière fut annexée à l’unité gréco-égyplienne, en attendant le moment où elle devait disparaître dans l'unité de l’empire romain.