‹ Mélanges d'art et de littératureChapitre 53 sur 63 · N0VAL1S · texte numérisé non relu

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son âme, son esprit, son génie, étaient catholiques, et quel puissant instinct l'entraînait , non-seulement vers le catholicisme en général, mais même vers les résultats particuliers auxquels nous croyons quele catholicisme aboutit de nos jours, et que nous nous efforçons de proclamer. C'est, nous l'avouons sans peine, cette merveilleuse sympathie entre lui et nous qui nous a déterminés à commencer par lui, quelque peu connu que soit en France son nom; nous aimons, en entrant dans cette carrière nouvelle, à nous reposer dans cette sympathie et à contempler avec une douce émotion l'accord intime qui a régné entre les doctrines que nous avons professées, lui et nous , à quarante ans de distance ; lui dans la paix et Tinnocence de sa jeunesse , et nous dans la naïveté de notre foi; mais lui, au sein d'une tranquille et tolérante patrie, et nous, le cœur gonflé de tristesse, au milieu des tombeaux du passé et sur le bord d'un abîme.

Avant d'exposer sous une forme précise les opinions philosophiques de Novalis, nous ne pouvons résister au désir d'initier nos lecteurs à quelques détails de la pure et poétique existence de ce jeune homme.

Frédéric de Hardenberg , qui prit dans la suite , par un caprice littéraire assez commun à cette époque, le nom de Novalis, naquit le 2 mai 1772, dans le comté de Mansfeld, d'une noble famille de Saxe. Son père, directeur des salines du royaume , avait été longtemps militaire , et était depuis entré dans la communauté des frères Moraves ainsi que sa femme. Une piété fervente et scrupuleuse présidait donc à toute leur vie domestique. Ils eurent onze enfants, qui s'aimèrent toute leur vie d'une tendre et inaltérable affection : c'était une de ces nombreuses familles qui font tout un monde , et que le monde ne remplace jamais.

Novalis , le second de ces onze enfants , vécut silencieux et

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