‹ Mélanges d'art et de littératureChapitre 10 sur 24 · D’ANDRÉ DEL SARTO · texte numérisé non relu

D’ANDRÉ DEL SARTO

La vie entière d’André dcl Sarlo, qui est peut-être le plus grand peintre de l’école de Florence, fut trisletement agitée par un amour malheureux dans son objet.

Andrea Vannucchi naquit en 1488, dans un bourg voisin de Florence, d’un père qui était tailleur, ce qui lui fit donner le surnom del Sarto.

A sept ans, au sortir de l’école, il fut mis chez un orfèvre, dans la boutique duquel il s’exerçail beaucoup plus à dessiner qu’à manier les instruments avec lesquels on travaille l’or ou l’argent. Un peintre des plus vulgaires, Jean Bazilc, frappé de cette inclination si véritable, se l’attacha et le mit ensuite chez Pietro di

Cosimo, qui pnssait alors pour un des meilleurs peintres de Florence.

Son heureux caractère lui gagna Famitié de Cosimo, qui ressentait un plaisir extrême à entendre dire que, quand André avait quelque loisir, et particulièrement les jours de fête, il passait des journées entières, avec d’autres jeunes artistes, à copier, dans une des salles de 1 hôtel de ville, les célèbres cartons de la Bataille d' Ar.- (fhiariy de Michel-Ange et de Léonard de Vinci, ctqu’il surpassait tous ses camarades. Ce fut dans ces réunions qu’André se lia d’une amitié particulière avec Francia Bigio, qui fut depuis un assez bon peintre. Lui ayant fait confidence qu’il ne pouvait plus supporter les singularités de Cosimo, déjà vieux, et qu’il était résolu à prendre une chambre en ville. Francia, qui se trouvait dans un cas analogue, se joignit à lui par affection et pour vivre plus économiquement, et ils firent ensemble plusieurs ouvrages.

Des membres d’une confrérie qui avait pour patron saint Jean-Baptiste, et qui se nommait dello Scalzo^ entendant parler du talent naissant d’André del Sarto et désirant faire orner, sans beaucoup de dépense, le lieu où ils SC réunissaient, l'engagèrent à y peindre à fresque, en clair-obscur (c’est à-dire d'une seule couleur, ou en camaïeu), douze traits de la vie de leur patron. Le premier tableau que fit André représentait Saint Jean baptisant le Christ sur les bords du

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