DU RIRE EN TROIS TEMPS
On fait un conte; Torribio Poncil ne le comprend qu’à demi, il commence à rire; il voit rire le reste du salon : par sympathie, physique et neneuse, il rit davantage: Enfin, tout à coup, il comprend entièrement le conte. A cette troisième secousse, il naît un rire fou et capable de le faire tomber. C’est peut-être là la manière dont le rire fou naît le plus fréquemment; il faut une nouvelle dose de ridicule, arrivant, lorsque l’on rit déjà.
Un souvenir fait rire, surtout si ce souvenir vous prend en quelque lieu ou occasion grave , et où le rire soit malséant. Se laisser gagner du rire fou en un lieu grave, vient de deux causes :
1° La sympathie physique, comme dans le cas du bâillement.
2“ La vue ou seulement l’idée de la grave inconvenance commise par un tel rire. Peut-être rit-on desoiméme, en cette occasion. Pour moi, ce rire-Ià me semble le plus irrésistible; je tomberais, je crois, si je voulais absolument m’empêcher de rire.
ESSAI SUR LE RIRE