LES BAINS
AU pied 'méridional du coteau sur lequel la Tour-Magne est assise, sort une fontaine abondante, qui a été selon toute
apparence la première cause de la fondatim de Niines. Le poète AQsone la nodune Nemausm. Josqo'att miKeii du dixhoittèmé nède, on ne fioupçwBait pae que cette footaîne îùt dl)6truée des débris d'un mi^iiffîQne établisseiiieBl romagi , et qofË tout automr le 8(4 se oomposât de floonuiaQeHtsenfoiHS. A cette époque , rencombremeot dés dévastations successives des Barbares avait tëtemeiit exhaussé le terrain des envirms de la fontaine, que le- prise d'eau d'onmoalin que possédaient à la source même les religieuses de Saint-Sauveur, étaitaeinq pieds auHlessus du niveau des bassins de rétabiissement romain.
Bea fouines votées en 1750 par les état» de la province, et commencées en i758 , mirent à découvert les Bains de la Fontaine. La curiosité publique était si vivement exdtée quil fallut placer des troupes aux avenues pour protéger les travaux et repousser la foule. Cent cinquante ouvriers , employés aux déblaiements et partagés m div^^s ateliers , exhumèrent successivement des restes d'édifices somptueux , des colonnes , des statues , des marbres , des porphyres , des inscriptions. D'abord , ces fragm^ts hireat transportés à Févéché par les soins de Tévéque luÎHfnème ; puis leur nombre s'ai^mentant chaque jour, et la curiosité et Targent dimi* nuant en pn^rtion , on négligea œs richesses , on suspendit ' les fouilies. « Ce ne sont qœ des ruines de bains , » dirent dédaigneusement les savants de la vffle, lesquels ne savaient pas que les bains romains embrassaient dans leur enceinte des gymnases , des palestres , de longues galeries , des p<M*tiques, des jardins, et que de ces bains4à Ammien-Marcdin disait que c'étaient plutôt des provinces que des édifices. On ne son gea donc plus qu'à restaui^r la fontaine , qu'à régler le cours d'eau et à recouvrir de terre cette mine de sculpture et d'architecture antique dont les savants faisaient fi. Delà l'origine
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de ces terrasses en forme de bastions et de ces canaux en forme de fossés , qu^un o^tain Philippe Maréchal y architecte de fortifications , fit établir sur les bases antiques des monomaats découverts , avec Taccompagnement obligé des chicorées et des amours bouffis de Tépoque de madame de Pompadoar. C'est ce beau travail moitié militaire , moitié galant,- qu^on appelle aujourd'hui la Fontaine. Une inscription latine gravée sur unmurenpi^re detaiOequi fait faceàla source du côté du midi , présente cette construction malheureuse comme une swte de conquête sur les Barbares. Ce n'est, en tout cas, qu'une conquête relative.
Deux inscriptions parfaitement semblables et symétriqucv ment placées dans le bassin même de la source , ne laissent aucun doute sur l'époque des premières constructions de ces baius' . En voici le texte :
IMP. GABSARl. DlVl. F.
AVGV$TO. COS. NONVM.
DESIGNATO. DEGIMVM.
IMP. OCTAVVM.
Cette date se rapporte à Tan de Rome 729 , vingt-cinq ans avant Jésus-Christ : Auguste avait alors trente-huit ans, était désigné pour soa dixième consulat , et recevait pour la huitième fois le titre àlmperalor.
« En 93 , » dit M. Pdet , « ces inscriptions parurent em- » preintes de féodalité et furent effacées ; toutefois on peut )y encore en distinguer quelques lettres. »
* La Richesse et la variété des débris découverts donnent lieu de croire que ces constructions furent complétées par Adrien , à Tépoque où ce prince remplit lempirn de monuments.