‹ Mélanges d'économie politique par m. Fr. BastiatChapitre 7 sur 47 · DBOIT, MAIS QU'IL HE SERA LOISIBLE DF. LES ABAISSER A MO* GRE · texte numérisé non relu

DBOIT, MAIS QU'IL HE SERA LOISIBLE DF. LES ABAISSER A MO* GRE

< El moi, Jacques Bonhomme, je vous garantis, non pas 280, mais 500 millions. Deux cents banquiers de France seront mes cautions. Je ne demande pour ma prime que ce que ces trois impCts produiront en sus des 300 millions.

■ Maintenant ai-je besoin d'énumérer les avantages de ma proposition?

< 1° Le peuple recueillera tout le bénéfice du bon marché dans le prix d'un objet de première nécessite, le sel.

< 2° Les pères pourront écrire à leurs fils, les mères à leurs filles. Les affections, les sentiments, les épanchemenls de l'amour et de l'amitié ne seront pas, comme aujourd'hui, refoulés par la main du fisc au fond des cœurs.

i 5° Porter une lettre d'un ami a un ami ne sera pas inscrit sur nos codes comme une action criminelle.

i 4" Le commerce refleurira avec la liberté; notre marine marchande se relèvera de sou humiliation,

« 5° Le fisc gagnera d'abord vingt millions; ensuite, tout ce que fera affluer vers les autres branches de contributions l'épargne réalisée par chaque citoyen sur le sel, les lettres et sur les objets dont les droits auront été abaissés.

i Si ma proposition n'est pas acceptée, que devrai-je en conclure? Pourvu que la compagnie de banquiers que je présente offre des garanties suffisantes, sous quel prétexte pourrait-on rejeter mon offre? Il n'est pas possible d'invoquer l'équilibre des budgets. Il sera bien rompu , maïs rompu de manière à ce que les recettes excèdent les dépenses. 11 ne s'agit pas ici d'une théorie, d'un système, d'une slaiistique, d'une probabilité, d'une conjecture; c'est une offre, une offre comme celle d'une compagnie qui demande la concession d'un chemin de fer. Le fisc me dit ce qu'il relire de la poste, du sel et de la douane. J'offre de lui donner plus. L'objection ne peut donc pas venir de lui. J'offre de diminuer le tarif du sel, de la poste et de la douane; je m'engage à ne pas l'élever; l'objection ne peut donc pas venir des contribuables. De qui viendrait-elle donc? Des monopoleurs? Reste à savoir si leur voix doit étouffer en

France celle de l'Étal el celle du peuple. Pour nous en assurer, je vous prie de transmettre ma proposition a» conseil des ministres.

« Jacques Bonhomme, t t P. S. Voici le texte de mon offre :

* Moi, Jacques Bonhomme, représentant une compagnie de banquiers et capitalistes, prête à donner toutes garanties et à déposer tous cautionnements qui seront nécessaires;

« Ayant appris que l'État ne lire que 280 millions de la douane, de la poste et du sel, au moyen des droits tels qu'ils sont actuellement fixés;

* J'offre de lui donner 500 millions du produit brut de ces trois services;

t Même alors qu'il réduirait la taxe du sel de 30 francs à 10 francs;

* Même alors qu'il réduirait la taxe des lettres de 42 J/2 centimes en moyenne à une taxe unique et uniforme de 5 à 10 centimes;

« A la seule condition qu'il me sera permis non point $ élever (ce qui me sera formellement interdit), mais A'abainer, autant que je le voudrai, les droits de douane.

> Jacques Bonhomme, i

Hais vous êtes fou, dis-je à Jacques Bonhomme, vous n'avez jamais rien su prendre avec modération. L'autre jour vous vous récriiez contre l'ouragan des réformes, et voilà que vous en réclamez trois, faisant de l'une la condition des deux autres. Vous vous rainerez. —Soyez tranquille , me dit-il, j'ai fait tous mes calculs. Plaise à Dieu qu'ils acceptent ! Mais ils n'accepteront pas. — Là-dessus, nous nous quittâmes la tête pleine, lui de chiffres, moi de réflexions, que j'épargne au lecteur.

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