DE
Monument tie Ronsch (fils) de Nagid, qui demeure à Sardon. Il a élé
(un homme) paisible; qu'il entre en paix! Melkiton, fils de Rousch, fils] de Nagid de Lipis.
n2 a maison -n désigne le tombeau , qui est la maison éternelle (uhv na) du mort.
tii = crxi «tête» est aussi un nom d'homme chez les Hébreux (Genèse, xlvi, ai).
i;j2?. On voit par la ligne 7 que Rousch était le fils de Nagid; je ne crois cependant pas qu'il faille corriger 13:2; en l'ii p. Je pense que notre I3:îy est une imitation d'une forme grecque Na^/rJ'oy, ce qui n'est pas étonnant pour une époque aussi récente que celle de notre monument. C'est à la même influence grecque qu'il faut attribuer la fréquente omission du mot p «fils» dans les inscriptions de Palmyre ^
pn^3 iVns? «demeurant à Sardon??, mot à mot «qui est à Sardon??. pTj était probablement le nom phénicien de Nora, et s'est ensuite étendu sur l'île entière.
ND"» □"jîi; xn d'jc/, mot à mot «paix lui, en paix il entrera», locution très-usitée en hébreu ; X3'' nb^* porte une physionomie éminemment funéraire, comme le rh'^D nt^ d'Is. lvii, 2.
îriD^D pour în''D'?D «Melkiyaton, Melk(qart) a donné».
'•cd'? «de Lipis», le yod forme l'ethnique de dd'?; cette localité me paraît répondre à Turris Libysonis de Pline, car, en général , l'épithète turris s'applique à une ancienne fondation phénicienne ^.
Ajoutons ici quelques observations sur deux autres textes phéniciens :
1. (Inscr. trilingue de Sardaigne.) Le mot mxD = n'ixp (= héb. n-ixp), transcrit Mj/pp»? en grec et Merre en latin, dérive de mx, recevoir un hôte, et a le sens de «hospitalier». Le groupe si controversé DJonî!; se compose, à mon avis, de
' Vogué, Syrie centrale, n" 3, etc.
* Cette intéressante observation m'a été communiquée par M. Maury.
la particule u, employée dans le sens de ia préposition latine «de», et du participe présent, au pluriel QjÇfi =^ l'hébreu D"»î?în. Pour la forme, le jZT\ phénicien se rapproche de l'orthographe palmyrénienne :m (Vogué, Syrie centrale, p. 82, etc.); la permutation de î en c a été constatée dans le mot "iZD (Première inscr. d'Oum el-Awamid), qui répond à l'hébreu ~)2T. Le verbe pm signifie, au qal, tenir ensemble des choses détachées (Ezéchiel, xxx, 21); le participe pTM = pçn désigne ici l'homme qui surveille les travailleurs et dirige les travaux. La phrase rin^pp? cfK DjÇfic? veut donc dire mot à mot «de ceux qui dirigent ceux qui sont dans la saline » , c'est-à-dire un des directeurs de la saline.
2 . (Inscription d'Abydos en Egypte. ) Ce texte doit s'entendre ainsi qu'il suit : -
iji» 2C7> ^-^Sn 121 J p in-ilS p r!p2N Vi'D "j^N
Moi, l'ouvrier (nommé) Abimal, fils de Sedyaton, fils de Gadsed, le Tyrien , habitant d'Akké (Saint-Jean-d'Acre) , j'arrive en Egypte au moment du départ du pr[ince] Bodmelquert.
Le r(D2K répond au dv"'2N des Hébreux, qui signifie «père du peuple??; pour le mot riD , voyez plus haut, p. 2 3.
L'auteur de l'inscription a mis deux fois : au lieu de *?; c*est plutôt un défaut d'organe que d'orthographe ^.
Le mot mî3D s'accorde avec l'expression rabbinique ni"»OS R congé, permission départir», puis «départ, mort».
§ 10. LES IXSCRIPTIONS D'IPSAMBOUL.
Un des colosses voisins du temple égyptien d'Ipsamboul (Abousimbel), en Nubie, porte une inscription grecque pro-
' Nous lirions de même dans la seconde Maltaise : ^ri'jD 3^i?j '7?S'? 12p «tombeau pour l'ouvrier Neqiab (de ""pi et 3N); je l'ai terminé, elc.r»
venant des mercenaires qui ont suivi Psammétique ^ dans sa poursuite des soldats égyptiens réfugiés dans ie territoire de Méroé, environ 65o avant J. C. A côté de l'inscription grecque se trouvent plusieurs lignes en écriture phénicienne, qui semblent provenir également des soldats phéniciens enrôlés dans l'armée de Psammétique. Si cette provenance était prouvée, on aurait dans ces inscriptions un document phénicien de la moitié du vii^ siècle avant notre ère et un point de départ certain pour la paléographie sémitique. Cette considération donne à ces inscriptions une importance' de premier ordre; aussi les tentatives d'interprétation n'ont-elles pas manqué de se produire. Il faut cependant reconnaître que l'étude la plus récente, consacrée à ce sujet par M. Blau, n'était pas faite pour encourager ceux qui admettaient l'antiquité du document phénicien. M. Blau y trouve non-seulement un récit de victoire, mais le nom même de Psammétique; malheureusement, il n'obtient ce résultat que grâce à des combinaisons plus ingénieuses que naturelles, et la langue 'qu'il crée n'a presque rien de commun avec celle des autres monuments connus. Il lit :
DDn ii[2Vj,b inxD z'it nn^ p nnc nny n'' x: h.
□VnD3 Vdh -ij
a. Hier anwesend opferte Petah b. leter, welcher war im Gefolge des; damais (?) vorûberziehenden Heeres des Psammetich. |
f ' Hér. II, 38, 3o; Pline, VI, 35; Diod. 1,67. \
h. Bei ihier Rùckkebr oplerte er abermals
frohJockend ùber den glûcklicben Verlauf seiner Heerfabil; Er besuchte den Terapel im Siegesreigen ; denn es gelang ihui zu enlgeben dem Verderben.
Les liébraïsants me dispenseront, je l'espère, de faire la critique de celte traduction, qui pullule d'impossibilités linguistiques.
M. Lev\ a renoncé à expliquer l'inscription b; quant au texte
il le transcrit de la manière suivante :
ÎC;ND (3y)n T. T\2
Hier war Abdptah (oder : hier betete an Ptah) Sobn leters, ein Bûrger aus M — Ahinesi, Tocbter Hai's des
Cette traduction, quoique plus justifiable au point de vue linguistique, est encore remplie de difficultés insurmontables. Levy hésite entre la leçon D''ii2 « ici » et lai'ri"» nd « ici a adoré ». dans le premier cas, il se produit une forme n'»ND, inusitée dans les autres langues sémitiques. Dans le second cas, il faut attribuer au verbe -ai'n"' (= héb. livrin) la signification de «adorer», également inconnue dans ces langues. Outre ces considérations , on est étonné de voir l'inscription se terminer par le nom d'une femme, ccnK ou ""îD-x (Levy bésite entre ces deux leçons), dont la forme conviendrait mieux à un homme.
Je crois donc qu'il ne sera pas superflu de faire une nouvelle tentative pour diminuer l'obscurité de ces textes. Voici comment je proposerai tout d'abord de les lire :
ff.
2?N ï)ljfn ■•nnac
nefn nn'? iny n'jn n Varna
HDnVa c?D ne? Vy 2?n
Quelques mots suffiront pour motiver les changements que j'ai introduits dans la transcription :
a. Je prends le signe qui suit le premier D comme représentant un 2 , et non pas les lettres nx , ce qu'il me paraît difficile d'admettre; le trait vertical à droite est lin peu court. mais cela n*a pas une grande importance. Le y de l'avant-dernier mot n'est pas tout à fait sûr, étant ouvert du côté droit.
b. La première ligne de 6 i répond au commencement de la troisième ligne de i 2 , qui est mieux conservé. Par contre. la deuxième ligne de è 1 est plus exacte que la deuxième ligne de è 2 , où un 1 fut oublié par le graveur, qui a , en revanche , ajouté un n dans le troisième mot. Cette circonstance esl restée inaperçue de mes devanciers et les a empêchés de bien séparer les mots.
Nous pouvons maintenant donner la traduction des inscriptions, qui n'offre aucune difficulté.
Ici est venu *^Abd-Ptah , (ils de Yeter, homme de Mezetule(?), frère di Masibatliaï, le bourreau(?).
Kouschaï, fils de 'Abd-Pou^m
qui (se trouvait) sur la plaine d'Ethiopie, en guerroyant.
Ger-hêkal, fils de Hêlem, serviteur du général Hour.
Ger-hck[al fi]ls de Hêlem
([ui (se trouvait) sur la plaine d'Ethiopie, en guerroyant.
WSCRIPTION À.
ni N3, en hébreu nrN;; ni (ounri^) «ici est venu plusieurs fois»; r;: est l'imparfait de nra ou npn « venir r-, l'aleph est élidé, comme dans □>' ''X^H'i HDyi (Deutéronome, xxxiii, at).
Comparez la locution araméenne îN"'3D p^î ndV "•ns n2i
(Palm. XV, Zi et 5 1).
nrî~2i'. Ce nom signifie et serviteur de Ptah»; le dieu Ptah est une des divinités communes aux Egj'ptiens et aux Phéniciens.
icbisc rappelle la ville de Mezetula, en Afrique; cependant la lecture de ce mot n'est pas certaine.
Le nom "TinacD est formé comme (?3)~î:>*n3"'CD ; le premier composant riTCD est d'origine carthaginoise. Les Libvens le prononçaient msD; de là, la transcription latine Massiva^,
tfN* ïi"i>n. Le verbe p|"iy signifie en hébreu «couper le cou à un animal»; ici le déterminatif UN rend hors de doute qu'il s'agit d'un décolleur d'hommes, d'un bourreau. La fonction du bourreau était honorable dans l'antiquité; les rabbins expliquent l'expression hébraïque 2^1213 "ic? par N^.^iaj? sn «chef des bourreaux ». Il va sans dire que la leçon ^"l'jn découle de l'hypothèse que le i* se trouve sur le monument; autrement, on pourrait lire un D*in «le médecin qui. . . », et l'on devra supposer une lacune à la fin de cette inscription.