ET D£ LÀ MEE ROUGE
les terrains de ce caractère, on rencontre de grands
vides, et même de vasles cavernes inlërieures où il n'est pas rare qne des rivières s'engouffrent. Elles vont se joindre à ces nappes d*ean souterraines*, dont l'existence n'est plus un problème, depuis les nombreux et éclatants succès qu'ont obtenus les fontainierssondeurs, presque partout où dominent les formations seeouilaircs ou terliatns^. Ainsi, par exemple, Pline* citait de son temps, parmi les rivières qui disparaissent sous terre, TAlphée dans le Péloponèse, le Tigre dans la Mésopotamie, le Timavus dans le territoire d'Âquilée, etc., etc. Des faits plus voisins de nous ont été mieux étudiés et plus constatés que ceux dont parle ce naturaliste. La Goadiana, en Estrémadure, se perd au milieu d'une immense prairie. La Meuse disparaità Bazoilles. La liille, Titon, rAure,etc., etc., se perdent aussi petit à petit. « Et il serait flicile, dit M. Anigo, de mulli plier les citations, même en se bornant aux rivières qui disparaissent complètement\ »
Mais pourquoi le sol de la Pentapole aurait-il dftn^ceuairement se refusera de semblables phénomènes? Les puits de bitume, qui s'y trouvaient en si grand
■ Atm. du B. dahng*, iS35, p. SOSetinhr.
« Ihid., p. 217.
' Al. Àr igo, fiol. ic., lS5i»f p. 182 ctsuiv.
• Hist. tint.
* Annuaire, 1855, p.
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nombres auraient bien pu faire roffice de ces bétoirs qui, dans plusieurs contrées de la France, absorbent les eaux de la wrfece, au point de réduire des rivièra considérables à de simples filets, et même de les faire disparaître tout entières.
Pour toutes ces raisons et beaucoup d*autres que les bornes d*une lettre ne permettent point de développer ici, ne suis-je pas en droil de conclure :
1* Que si l'on considère l'origine de la mer Morte sons le rapport historique, il n*est nullement impôt' iible d'en indiquer la date absolue, attendu que peu de faits réunissent an même degré que oelui-ci autant de documents qui tous se rapportent à la ruine de la Penlapole ;
2" Que pour le fait historique et géologique, il est bien plus raisonnable de s*en tenir, ayec tous les géographes, au témoignage de voyageurs judicieux cl désintéressés, qui parlent de ce qu'ils ont vu, qu'aux conceptions d'un écrivain dont je respecte le mérite, nuis qui ne saurait inspirer, loin des lieux, la* même oonOance ;
5* Que le mouvement volcanique local , qui a changé la foce de la Fentapole, fut. assez énergique pour opposer à l'ancien cours du Jourdain des obstacles dont la connaissance ne contredit pas l'opinion si nalurelledes voyageurs modernes;
> Gm,t cw, T. 10.
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V Que, môme en supposant le double versant de rOsadi contemporain dv sfstènM entier des monta* gnea qui l'environnent, la Fenlapoie réunissait, avant la destruction des couches supérieures, des considëralîona an moins auaai fayorablea qne celles qui aoffiaenty en cent lien divers, pour faire disparaître les eaux de la surface ;
5" Et par conséquent, que la mam dei eam de la nm M&rtê ne remonte patnéeenairenmt a»Mà det limites de C histoire?
Eeceves, monsieur le directeur, etc.
Canéto.
Prof, de physiq, miénu (CÂueh,
SUR l'ancien cours du JOURDAIN ET LA FORMATION
OB U ma MORTB.
J'ai luj dans le cahier 72 des Annale» de phUotoplUe ekrélMenne^, un mémoire de M. Ganéto, intitulé : IMfutalion de l'opinion de M, Letronne sur le cours du Jourdain, titre seul annonce que l'auteur ne m'a pas lu, puisque je n'ai pas émis d'optnio» iqnneUe sur ce point. J'ai relevé simplement l'observation d'un
' T. JM, p. 4S8.
ii% BASSINS DE LA MER MORTE
/oâ, dont j*ai demandé la vériGcalion aux voyageurs à venir, me contentant d'en indiquer les conséquences probables, dmu le cat où il viendrait à se vérifier. IL Ganéto m'attribue en outre des choses que je n ai pas dites; il répond à des objections que je n'ai pas faites , et m'en fait d'autres auxquelles j'ai répondu d'avance. Je cesse de m'en étonner quand je vois que l'auteur de la Réfnlalion connaît mon opinion, seulement par l'extrait fort abrégé donné dans le numéro 104 de ÏÉdio du monde iavani^ et qu'il n'a pas eu recours! l'article même que j'ai publié dansle/ot^rnd d£s Savants, d'octobre 1855. Si M. Canéto, dont je me plais à reconnaître le sav(nr et la bonne foi, avait pris cette peine, il aurait sans doute rédigé autrement sa Réfutation^ ou peut-être ne l'aurait-il pas écrite.
La question dont il s'agit est bien simple ; la voici : Avant la destruction des villes de la Pentapole, racontée dans la Bible, la mer Morte oxistait-clle déjà en tout ou en partie ? Le Jourdain sortant du bassin où il se renferme maintenant, se rendait-il dans la mer Rouge? Cette destruction a-t-elle eu pour effet d|arrêtcr son cours ultérieur?
M. Canéto assure que la Bible est formelle sur ce • point, et qa*on ne peut le mettre en question sans attaquer son autorité. Il est dans l'erreur, et cette erreur, qu'il n'aurait pas commise s'il ni'avmi lu^ est, je pense, ce qui Ta déterminé à me réfaier. Il m'oppose le passage de la Genèse où il est dit... a que les rois