T DE LA MEA ROUGE
se réunirent sur les lieux mêmes où $e forma depuis la mer salée (ce qui n'est pas précisément le sens du telle) » et il se demande sur quelles données j'ai pu admettre i*exi$(enoe antérieure de la mer Morte ; 8*il m*amit /u, il n'aurait pas fait celte demande, car e'esi un point que j'ai discuté \
Il résulte de mes paroles que ni Tanthenticité ni l'exactitude du récit de Moïse ne sont intéressées dans la question de géographie physique relative à la formation de la mer Morte. Que celte mer ait existé à une époque antérieure, comme quelques commentateurs l'ont pensé, de l'aveu de M. Canéto, ou qu'elle date de la catastrophe des villes de la Pentapole, peu importe à l'intégrité de ce récit.
Dans le reste de sa dissertation, M. Canéto raisonne toujours en homme instruit ei conséquent, mais qui n*a pas lu ce qu'il réfute. Il insiste « sur ce que les changements dans la vallée de la Pentapole n'ont pu avoir lieu sans bouleverser le sol, sur ce qu'il a dû 8*opér6rde8 commotions analogues à celles du Mexique et du Chili, » etc., etc. Il cite à ce sujet Malte-Brun, MM. de Hoir, Chateaubriand, Ârago, etc« C'est là certainement de l'érudition perdue, car je n'ai pas dit le contraire. Dans la supposition que le bassin de la mer ait été a^andi et crmaé^ je n'ai pu concevoir un tel rfFet sans admettre que de violentes commotions et de
1 Plus haut, p. 98.
iâO BASSlflS DE LA MER MOETB
grands changements dans le sol de la vallée ont dû
ravayer la plaine et la couvrir de cendres et de scories qui détruisirent k végétation, comme dit l'Ëcriture.
Il me paraît inutile de discuter plus au long les diverses objections de M. CaïuHo ; car elles pèchent toutes par le même défaut* J'aime mieux rappeler l'état exact de la discussion.
Sur la carte de M. de Laborde, j'ai remarqué que, du seul côlc où ce voyageur a observé les courants qui descendent dans la vallée, les versants n'ont pas la même direction ; à partir d'environ quinie lieues de la mer liouge, les vallées débouchent dans la direction du sud-ouest, c'estrà-dire de cette mer; mais qu'à partir de ce point elles se dirigent au nord-ouest, c'est-à-dire vers la mer Morte, ce qui est conforme à la carte de Burckhardt.
Si fo finit e$t exact, il en faudra conclure qu'il y a dans cette vallée longitudinale deux versants différents dont le point de partage se trouverait à Tendroit où la direotion change; par conséquent, que le bassin de la mer Morte a bien pu être agrandi et creusé, mais non formé f loi^ de la catastrophe qui a détruit les villes de la Pentapole, en d'autres termes, que l'exisienee de celte mer est antéri$im à la catastrophe dont il s'agit.
M. Canéto nie cette conséquence dans le cas même où l'observation serait exacte. Il pense que ce double
versant pourrait lui-même avoir été formé lors de
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cette eatastn^il» , car le texte saeré dit qu'elle boele*
versa an loin le sol de la vallée, suhversit civUales /ms, et omiem drcà regùmem, il force évidemment le sene detse texte; Uomnmcîrtàregùmmf eaxddirMmdgy irept'xctipov n'a jamais été entendu, et ne peut 8*eiitendre que des environs de ces villes^ de toute la plaine où elles étaient ^tuées» et non du pays qui s'éteud au sud de la mer Morte jusqu'à vingt ou trente lieues de chaque côté, pays qui n'a rien de commun avec celui qui avait mérité la colère céleste. Le passage de Strabon qu'il dte (liv.XYI; lisexliv. XVU.p. 763, 764), est contre lui, puisque ce texte se rapporte uniquement à la vallée du lac Aspiialiite. On concevra bien que des tremblements de terre soulèvent ou abaissent telle montagne, mais non qu'ils changent la direction des vallées el les versants de toute un^ région montagneuse. Et si les recherches des voyageurs confirment plus tard que les eaux d'une grande partie de ce système de montagnes se rendent dans la mer Morte, il en iaudra conclure, je le répète, que le bassin de cette mer est antérieur à la catastrophe rapportée dans la Bible.
Pour tout homme qui n'est pas absolument étranger â la géographie physique, la conclusion est inévitalde; mais elle dépend de la réalité du fait, à savoir de la direction des venants; or cest sur cette réalité que j'ai appelé l'attention des voyageurs. Après avoir fait ressortir les indications qui l'appuient, je les ai ia-
m BASSINS DE LA MER MOBTE
▼it^ à la vérifier autant qu'ils le pourront, d'abord en
parcourant la valb^e dans toute son étendue, pour sWurer qu'elle forme deux versants ; ensuite, en eiaminant la direction des vallées transfersales ; car toute la question est là. Je me suis contenté de la poser, sans avoir la prétention de la résoudre ; on jugera de ma réserve par le passage suivant : « Telle est (c la considération de géographie physique qui me a iemble s'opposer à l'opinion commune, à laquelle
j'ai déjà montré que les textes bibliques sont plut4U « etmirairm que faoorablet. Je regrette que MM. Lia nant et Laborde se soient arrêtés en chemin, et « n'aient pas, selon le conseil de fiurcidiardty exploré « la vallée dans toute sa longueur; nous aurions le « relevé complet de tous les vallons latéraux. Nous -m saunons encore si, à partir d'un certain point, le « versant de la vallée change, et si la pente se dirige « vers la mer Morle. C'est une recherche tout à lait a digne d'un voyageur, et je m'estimerais heureux, si « le doute quefémeU ici avait pour rémUaS de donner cr à quelque explorateur instruit le désir de résoudre tt définitivement cette question intéressante \ n)
On voit que ee que M. Canéto appelle mon cpinkm n'est pas une opfntoH. C'est un doute que j'émets, dans l'éspoir qu'on lèvera une difhcuUé qui m'emban'asse. Personne ne contestera l'utilité qu'il y a tinyours à
« Plu hanl. p. 90.
BT DB LA JIBR KOQGB. liS
signaler \es desidercUa de la science, puisque déjà mon article a fait naître la lettre de M* Caliier, lettre où Ton mt que eei habile exploratear avait conçu les mêmes doutes que moi en voyageant sur les lieux, et cela, d'après des indices très-frappants qui donnent beaneoup de poids à ma propre observation* J'engag« M. Canëlo à lire cette lettre qui lui est restée inconnue aussi bien que mon article ; et, puisqu'il tient, avec toute raison, aux témoignages des vojag^nrs jtirfîciem H dé9mtére9iés\ il ne pourra manquer d'être frappé d'une confirmation qui est venue si à propos, et surtout des faits intéressants dont M. Gallier nous a donné connaissance.
Au reste, je suis loin de me contcn 1er de celte confirmation, toute satislaisanle qu'elle puisse paraître à d'antres. Elle ne fait qu'exciter en moi davantage le désir de voir d'autres voyageurs, marchant sur les traces de M. Caliier, étudier, sur les lieux mêmes, ce point intéressant de géographie physique, dont j'ai demandé la solntion à leur lèle et à leurs lumières.
Je suis convaincu que M. Ganéto, quiaimeia science et la vérité, s^associera à mon vœn, et qu'il est aossi disposé que je le suis moi-même à recevoir et à admellre le résultat quelconque qui sera le fruit de leurs recherches, pourvu que ce résultat se présente avec les caraclires d*une certitnde suffisante.
Lbtroiimi.
Pari», S «eptenbrt 1836.
BASSINS DE LA MER MORTE
SUR LA prétendue; CÛNMimiCATIO» DE LA HSR MOBTB
sr DB LA m ReOGS.
Une importante question de géographie physique a été soulevée pour la première fois dans le Journal âeaaivanU (octobre 4855, p. 596 à 802), et recommandée aux recherclics ultérieures des voyan^eurs en Orient. Des observations récentes ont fait faire à cette question des progrès qni en amcent beanooop, si même ils n'en décident pas tout à fait la solution. • La discussion s'est élevée à l'occasion de l'intéressant et beau voyage de MM. Léon de Laborde et Linant dans l'Arabie Pëtrée. C'est la carte jointe à ce voyage qui en a fourni les éléments.
Cette carte donne atec de grands détails la vallée qui- court presque du nord au sud, de Textrémité de la mer Morte jusqu'à la mer Rouge, au golfe de l'Akaba. Cette vallée, dont on n'avait aucun indice avant le voyago de Seetsen en 1808, Ait depuis reoonifue par Burckhardt on 1812, et successivcnicnt par MM. Bankes, Mangies etirby, liéon de Laborde, Linant etCallier.-
Aucun de ces voyageurs n'a parcouru cette vallée dans toute son étendue; les uns n'en ont vu que la