‹ Mélanges d'érudition et de critique historiqueChapitre 14 sur 62 · ET DE LA MEA BOUOB. 1S · texte numérisé non relu

ET DE LA MEA BOUOB. 1S

jMirtie septentrionale, à l'endroit où elle dëbondie

dans la mer Morte ; les autres seulement la partie méridionale, du côté de la mer Ronge. Burckhardl n'avait iaît qne la traverser vers le milieu.

Néanmoins, d'après la direction de celle vallée, qui semble n'être que le prolongement de la mer Morte et l'ancien lit d'on flenve, on n'hésita point à la considérer comme ayant jadis servi d'écoulement au Jourdain, qui, selon celte hypothèse, aurait seulement traversé la mer Morte pour termina son cours dans la mer Ronge.

. Cette conjecture est si naturelle et si vraisemblable, qu'elle fut adoptée par lesavant éditeur de ces voyagesî M. W. M. Leake, par M. Cari Ritter, M. de Hoff, MM. Léon de Laborde et Linanl, etc. Elle était devenue une opinion à peu près générale parmi les géogra- . phes; aussi, sur la plupart des cartes récentes, le fond de la vallée est qualifié d'ancien co?/r.v da Jourdam. C'est qu'en effet, outre son extrême probabilité sous le point de vue géographique, cette opinion a^ait encore l'avantage de paraître se lier assez naturellement avec le récit de Moïse, sur la destruction des rilles de la Pentapole, considérée comme refTetd'éruptiens volcaniques et de tremblements de terre survenus dans le bassin de la mer Morte. Rien ne pouvait être plus séduisant que de ramener ainsi dans une époque historique un de ces phénomènes de géologie qu'on est habitué à placer avant toute histoire.

IS6 BASSl^iS DE LA MER MORTE

Tenter de s'éloigner d*uiie opinion devenue si gé»

nérale, c'était s'exposer à être taxé de paradoxe^ et e'esteequi m'est arrivé lorsqu'en rendant compte de la discussion de M. Léon de Laborde j*ai cru pouTmr élever quelques doutes sur cette opinion, k laquelle ce voyageur venait d'i^outer le poids de ses observations et de ses raisonnéments judideui. Mais je suis d'a^s qu'il ne fiut pas craindre d'encourir un td reproche lorsqu'on s'appuie sur quelque fait capital que la théorie convenue et adoptée généralement ne peut expliquer ; car c'est un signe évident qu'il y a là quelque difficulté grave, quelque lacune à remplir, qu'il importe au moins de signaler. En pareil cas, le scepticisme, quand même il serait outré, est plus utile qu'un assentiment aveugle ; car il appelle Tattenlion, il éveille la critique, il lait chercher, et tét ou tard la difficulté est résolue.

Dans cette droonstance, on a combattu mes scrupules, sans trop les comprendre; j'ai répondu, pour montrer qu'ils n'étaient pas chimériques : les laits viennent de me donner raison sur tous les points.

La carte de MM. de Laborde et Linant me parut offrir un trait important, tout à fait contradictoire avec l'opinion généralement admise. Il résulte en effet de l'examen attentif de celte carte que les versanls qui débouchent dans la vallée du côté de Test, le seul dont elle donne le relevé, présentent deux directions différentes. Depuis l'extrémité de la mer Morte, et dans la

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