ET DE LA MER ROUGE. IM
servé, est une dépression considérable dans le bassin de la mer Morte, constatée par les observalions barométriques de MM. Moore et Beke, suivies de celles de M. de Bertou. M. Callier, en calculant ces obsemtions, démontre qu'elles sont incohérentes, difûcilement comparables, et certainement entachées d'erreurs, puisqu'il y a environ 200 mètres de différence entre elles. On ne peut donc compter sur l'exactitude de la mesure ; elle exige d'autres observations faites avec de meilleurs instruments. Mais le fait même de la dé^ pression résulte de trois observations indépendantes Tune de l'autre; on peut donc le considérer comme prouvé ; la quantité seule est incertaine. C'est un fait entièrement analogue à celui qui est constaté par la mer Caspienne. Un premier nivellement avait donné 51 toises au-dessous de la mer Noire ; le nivellement qu'on vient d'exécuter, par des moyens qui ne permettent pas d'admettre une erreur do plus d'un mètre, réduit la dépression à 15 toises 9 dixièmes.
Il en sera de même de la différence du niveau de la mer Morte; celle différence sera très-probablement fort inférieure aux 607 mètres qu'ont trouvés MM. Moore et Beke, d'après le degré d'ébuUition de l'eau, et même aux 41 9 mètres qui résultent de i'obser- • vation barométrique de M. de Bertou. M. Caliier pense qu'une dépression de 200 mètres n'est peut-être pas fort loin de la vérité. Quand elle n'aurait pas plus de 100 mètres, et elle ne peut guère être muindre, elle
m BASSINS DE LA MER MORTE
serait encore le triple de celle de la mer Caspienne.
D'après cette nouvelle considération, 1 écoulement du Jourdain dans la mer Rouge est rendu encore moins probable; elle résout la question dans le sens que nous avons annoncé; on voit maintenant que, si Tune des deux mers a jamais coulé dans l'autre, ce sera plutôt la mer Uouge. Mais tout indique que les deux bassins sont séparés depuis la constitution définitive de loulc celte région, et j'ai montré que le lexle de la Bible, bien examiné, est plulôl favorable que contraire à la solution.
Je n'ai ])as un mol à clianger aux expressions dont je me suis servi dans l'article du mois d'octobre 1855 (plus haut, p. 107, 98).
Ces expressions rendent encore exactement tout ce qu'il est possible de conclure des nouvelles observations de M. de Borlou, analysées par M. Callier. Il faut espérer que quelque voyageur pourra enfin, par des observations barométriques comparées, sinon par des mesures trigonométriques , constater exactement la différence du niveau du lac Aspbnllite et du golfe d'Elana. C'est une opération donl le résultat n'aurait pas moins d'intérêt pour la géograpliie pbysique que celui de la mesure qui vient d'être exécutée entre la mer Noire et la mer Caspienne.
Letronne.