DES TROIS VALLÉES SUCCESSIVES
Dans une lellre écrite de Beyrouth par M. J. de Bertou (octobre 1858), se trouve le passage suivant :
« Je n'avais pas encore eu Tavantage de lire Tintéressaut article que tous fîtes insérer dans le numéro du Journal des savants du mois d'octxibre J855, sur la constitution physique du bassin de la mer Horte^ lorsque je résolus de chereher sur les lieux la solution du problème soulevé par la découverte de Burckhardt, et ce ne fut qu'après avoir accompli cette exploration et tout dernièrement qu'il m'a été donné d'admirer avec quelle sagacité vous étiez seul arrivé à la vérité longtemps avant qu'elle fût entrevue par aucun autre* »
Dans le mémoire détaillé que le même voyageur publie dans le Bulletin de la Société de géo^aphie^ il dit : a En lisant, à Beyrouth (après mon voyage dans TEl-Ghor), Tartide de M. letronne, j*ai eu peine à me persuader que celui qui l'avait écrit n'avait pas ràité les lieux, et que c'était par une simple prévision qu'il avait deviné Texistence des bits que je venais de découvrir. »
BASSiMS D£ LA MER MOaTK
A Tappui de ce jugement de M. J. de Bertou, je vais présenter un court exposé de l'état des lieux, tel qu'il résulte de sa carte et de son propre récit.
A Textrémité sud de la mer Morte, s'ouvre Ouadi'êU Ghoi\ vallée de doux ou trois milles de large; à vingt milles plus loin, on traverse OmdX'U-Fukrti^ courant qui vient des montagnes à l'ouest et se rend dans la mer Morte, ainsi qu'un grand nombre d'autres courants. A vingt-deux milles, on atteint la chaîne de montagnes peu élevées qui termine au sud ïéMhor et le séparent de la vallée suivante, dite éUÂrahùh. Celle-ci s'ouvre à l'endroit appelé Ain-êl-Arui (fontaine du fiancé).
Le Owidi'Ârahah a d'abord l'apparence du lit d'un grand fleuve, et l'on serait tout disposé d'abord à le considérer comme ajant été réellemenl celui du Jourdain, si sa pente tiès^ensible n'était évidemment tournée en sens inverse, c'est-à-dire vers la mer Morte. C'est en effet le lit d'un torrent qui va se rendre dans cette mer en traversant Tél-Ghor. Sa largeur est de 250 à 500 toises, et il est rempli de lamarisks dont les chameaux sont fort avides. Jusqu'au Ouadi-Afdel^ cette largeur moyenne se continue \ dans l'intervalle, la vallée reçoit une multitude d'autres courants qui débouchent constamment dans la direction nord.
Au delà du Ouadi'Àfdel la vallée s'élargit, lescourants suivent la même direction et l'on monte toujours jusqu'à Omdi-Talh (vallée des acacias), qui vient de