‹ Mélanges d'érudition et de critique historiqueChapitre 23 sur 62 · I. ~ Éud)littem6ia des Grecs eaËgjpte 6000 te règne de Ptmum · texte numérisé non relu

I. ~ Éud)littem6ia des Grecs eaËgjpte 6000 te règne de Ptmum

Selon le témoignage précis d'Hérodote, ni les Grecs

ni aucun autre peuple étranger n'avaient été admis à former un établissement on figyptc*. Jusqu'à cet événement, qui eut lieu vers 670, l'Égypte et la Grèce étaient restées sans communications directes Tune avec Fautre. Je pourrais confirmer ce témoignage, s'il en était besoin y en établissant, contre l'opinion commune, divers points que je me borne à indiquer. Ainsi, jusqu'aux temps voisins de la fondation de Cyrène, entre 62â et 048 avant Jésus-Christ % les Grecs, même les insulaires des Cyclades, ignoraient jusqu'à la situation de laLibye% ot ne trouvèrent qu'un navigateur crétois qui la connaissait pour y avoir été porté par les vents. L'unique mention de l'Égypte et de la Thèbes aux cent portes, dans VIIiade\ est due à une interpolation postérieure, ce que les- cri tiques les plus réservés re-

« npwTci ^if c5tm i'v Atpimi à>lv^Xt»99t\. (Unod., H, IhA.) • Thriggo, Mes Cyrenmtium, p. 86» 87.

> Bénà,, IV, 158.

« IHod,, l, 581-384.

sua LA CIVILISATION ÉGYPTIENNE. 157

connaissent. Dans VOd^têée^ le récit du voyage de Mé* nélas montre que TÉgypte, encore placée, comme la Sicile et l'Ilalie, à l*[iorizon géographique de la Grèce^ était un pays de prodiges et d*6tres sumatureb. Cette contrée n'avait jamais eu de ports ni sur la Méditerranée» ni sur la merKouge, où l'on ne trouve aucune mine pharaonique; les prélendneB colonies égyptiennes d'inachus, de Cécrops ou de Danaûs sont de riiiiitoire fabriquée à post&riorij inconnue aux anciens Grecs; enfin, les ressemblances apparentes entre les religions des deux pays scHst'dues à des assimilations factices, dont Tépoque est postérieure au règne de Psammitichua.

Mais, sans entrer ici dans ces graves questions dont j*ai plusieurs fois eu Toccasion de présenter ailleurs^ Texamen approfondi, je me borne à constater, diaprés Topinion formelled'Hérodote, qu'avant rétablissement des (irecs, sous l^sammilichus, aucun peuple étranger n^avait joui de cette faveur.

Après une lutte prolongée, ce prince finit par triompher de ses compétiteurs, avec l'aide des Ioniens. Ceux-ci, arrivés fortuitement sur la côte d*(^gypte, furent accueillis par ce chef ou dynaste du Delta. Sur son invitation, ils firent venir un nombre suffisant de leurs compatriotes, et établirent définitivement Ps^mmitichns sur le trône de toute l'Ëgypte.

' Dans met court au Collège de France.

Le service ifa'il venait de recevoir de ces étrangers

lui fit sentir tous les inconvénients <les préventions inhospitalières de sa nation, ainsi que l'avantage que l'Égypte pouvait retirer de ses oommanications avec les autres peuples. Il permit Honc aux Grecs de s'v établir. \À ils trouvèrent un monde nouveau; leur génie, éminemment perfectible, sut apprécier les mérites de cette civilisation antique ; ils s'approprièrent surtout avec une facilité merveilleuse les hautes qualités de l'art égyptien qu'ils devaient élever en si pea de temps à une perfection inconnue dans le pays qui lui avait donné naissance.

Psamniiiichus cooccda des terres, le long de la branche Pélusiaqae, aux Ioniens et aux Gariens, dont la valeur avait tant contribue à le délivrer de ses rivaux. Ces colonies, protégées par les successeurs de ce prince, continoèrent de fleurir. Toat fait présumer que d'autres émigrations vinrent successivement les augmenter, et, sous le règne d'Apriès, le prédécesseur d'Amasis, ces mêmes Cariens et Ioniens formaient un corps de trente mille soldats, ce qui pourrait faire supposer déjà une population de deux cent mille à deux cent cinquante mille hommes. Plus tard, An^asis les translSéra, en tout ou en partie, à Memphis ou dans les environs, et, en même temps, il permit à tous les Grecs qui voulaient se fixer en Kgypte de venir "('àa" Mit à Nawratù^ sur la branche Canopique^ Cette

« Hérod.,!!, 153, 154, 163, 178. — Dk)d. Sic, I, 67.

SUR LA CIVILISATION ÉUVPTlEISiNE. 15»

expression, qui semble impliquer la préexistence de

Li ville, et ce nom, tout à fait grec', feraient croire qu'elle avait été fondée par les Grecs à la suite d'une bataille na^le; mais, quand on pense à leur usage de dénaturer ceux des noms (étrangers qui pouvaient, par un léger chaugemcnt, être amenés ù des racines de leur langue, on a lieu de [»<ésumer, d'après le texte d'Hérodote, que le nom grec de Naucralis cache quelque nom égyptien d'une ville déjà existante. Celte ville fut, dès l'originei soumise à une administration toute grecque. Selon Hérodote, elle était gouTemée par (les magistrats ou prostates^ nommés limonquei par l'hislorien Uermias'; c'est le nom que portaient aussi les premiers magistrats de Marseille, qui tirait, comme Naucralis, son origine de l'Asie Mineure.

Un passage de Polycharmo de Nauciatis nous montre que sous la domination des Perses, à Tépoque du Toyage de Platon, cette ville conservait le culte et les usages grecs*. Hermias, dont l'époque n'est pas connue, nous représ^le Maucratis comme soumise à

* Formé devaûot k^atiIv, c Taiiicre ou domifier sur mer. »

* Ap. Alheii.»IV,i49,P.

* Ap. AlbeB., XV, p. 675, P., 516. — Le frit doof jo parle, qoi «m-

c me un certain IlénMtrate de Naucratis, est plac«^ dans le texte \

la 23* olympiade : x«Tà ^ TptTYjv irpà; txî; lîjtociv &Xuain«5a; ce qui répond h 1 an 688 aTanl J. C. Celle dat«; est impossible, piiis/|uVlle se Irouve antérieure au règne de Psainmitichus. Je lis : /.a-ri '^i --fi-vt -pcç Txic ixxTov i\, « vers la 105* olympiade; • ce qui rt'pond à l'an 367 avant J. C , vers le temps des voyajies de Platon et d Kudoxe. Les mots et ijMT«v ont pu être facilement con'bndos parles eo^llet.

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un régime différent de eelui des villes égyptiennes. Noos y trouons nn prytanée, des dionysiaques, des fêtes d'Apollon Comiuus, eld'autres particularités d adminislralion ou de cuite qui sont entièrement grecques. Athénée de Naucratis, dans tous les passages où il parle de sa pairie, nous montre qu*aii temps d'Adrien et des Antonins elle conservait le même caractère. Ainsi, tous les témmgnages des divers temps s'accordent pour nous faire voir que cette ville, depuis sa fondation jusqu'à l'arrivée d'Alexandre, ne cessa pas d*ètre une ville grecque; servant d'entrepôt au commerce extérieur ; état de choses qu'avaimt respecté les Perses. Après la fondation d'Alexandrie, événement qui dut beaucoup diminuer sa richesse et son înflu^ce, elle conserva son administration, et devint ce que furent à diverses époques Ptolémaïs, fondée par Ptolémée-Soter, et Antinoé, fondée par Adrien, c'est-è-dire une ville grecque au milieu de villes tout égyptiennes*.

Quand nous voyons les rois d'Egypte permettre aux Grecs d^introduire dans les lieux qu'ils leur assi* gnèrent l'administration qui leur était propre, nous pouvons déjà présumer qu'ils leur accordèrent aussi le libre exeroice de leur religion ; mais le fait résulte clairement de plusieurs textes formels d*Hérodote. Non-seulement les Grecs jouirent de cet avantage à

s Aâmi., Xm, p. S60, R. - Id., Vf, p. 675, F.

SUR LA CIVlLlSATlOri ÉGYPTiEr^NB. 16t

Naueralis, mais encore ÂiMsis leur assigna différents

lieux où ils eurent la faculté d'élever des autels et des temples, dans lesqueb ils pouvaient célébrer les cérémonies de lenr culte.

Le plus renommé de ces temples fut VUelleninm, à la construction duquel contribuèrent les Ioniens de Chics, de Tëos, de Phooée et de Claiomènes; les Doriens de Cnide, d'Halicamasse, de Phasélis et de lihodes; les Ëoliens de Mitylèue. D'aulres temples furent bâtis par les Éginètes à Jupiter, par lesiiamiens à Jonon, parles Milésiens à Apollon*.

Hérodote ne dit point en quels lieux tous ces temples furent élevés; il est assez vraisemblable que ce fut dans la basse Ëgypte. Cependant rien n'empèohe de croire que les Grecs aient eu, dès l'origine, la permission d'en élever partout où ils purent former des établissements considérables. Nous avons la preuve (pi'îls allèrent de bonne heure se fixer jusque dans la liaule Egypte, et même dans la grande oasis ou l'oasis de Tbèbes. Selon UérodotCi cette oasis était pouédée de son temps par dei Samiens de la iribu Mtehricmé^. Les commentateurs ont élevé des difCcultés imagi* naires sur œ nom de tribu, dérivé du nom propre si connu Muihrimi^ ce qui, du reste, importe asseï peu ; mais ils semblent n'avoir pas aperçu lout ce qu'a

' Ocrod.,!!» 17S.

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