‹ Mélanges d'érudition et de critique historiqueChapitre 34 sur 62 · S90 LES ÉCRITS BT LES TRAVAUX · texte numérisé non relu

S90 LES ÉCRITS BT LES TRAVAUX

ou son ami (irxïpoç^ Strab., XIV, 8M; ouviiOioi;, Plut., c. Co/ôt., c. 52).

Diverses combiiiaissiis amènent M. Ideler à établir était plus jeune <l*environ vingt ans que Platon, conséquemment qu'il a dû naître vers 409 ou 408 avant notre ère. Au témoignage de Sotion (Diog. Laert., ¥111, 86), il «nivitlea leçons de ce philoso(Ae à l'âge de vingt-trois ans, vers l'an 586. Ce serait à cette époque qu'il aurait voyagé en Ëgypte, en compagnie de ce philosophe, comme le croît Strabon^ s*il n'était pas beaucoup plus probable qu il a vu ce pays assez longtemps après Platon.

&rabon dit: a-On nous iit voir (à Héliopolis) la maison des prêtres, ainsi que les endroits où avaient demeuré Platon et Eudoxe. Ces philosophes, étant venus ensemble à Héliopolis, y passèienti à ce qne disent quelque^^nSy treize ans dans le commeroe des des prêtres. » (L. XVII, p. 806.) Or tout ce qu^ou sait descîreonslaneea de la vie de Platon rend asses difiielle à expliquer un sëfour de ireizê mu en Ëgypte. Il est vrai que Tabréviateur de Strabon met trois ans au Um de Ireûre, nombre qui parait plus probable* Mais k diffioulté. n'est pas senlement dans le oiombre des années, elle est encore dans le fait de la simultanéité des deux voyages. Selon Cicéron (iieip^L, I, 10 : Àmlntê te eredo PkUmm^ SocraU «lorfiio , prémèm in /Eyyptum.., poU in Italiam et in Siciliam conim-

Hm. et De fimbui, V, 29.) Platon voyagea en Égypte |>eu après la mort de 6ocrate, cooséqueuimenl peu après Tan 400, avant son premier vopge en Sicile» qu'il exécuta vers Tâge de quarante ans (en 389), sous Denys l'Ancien. (Plalo, Efdsl, VII, p. 524, A. — Laert.,111, 18. — Athen.,X, p. 507, B.) Mais Ëudoxe était trop jeune pour raeeompagner.dans son unique voyage en Egypte. A cet argument s'en joint un autre tiré de Solion, qui rapportait qu'Ëudoxe se rendit en Egypte, avec le médecin Chrysippe, .muni d'une recommandation d'Agésilas pour le roi Nectanébis ou NeUanébo (Diog. Laert., Ylll, 87); ce qui ne peut guère se rapporter qu*au deuxièine roi de ee nom, vers les années S64è 862 (olymp. i04). Eudoxe avait alors quarante-trois ou quarante-cinq ans. Cet âge concorde bien avee ee que disait ipollodore (ap. Diog. Laert. , VIU, 90), qu'il aorÎMit msla 103' olympiade, 368-564 ans avant J. C.

A son retour d Êgypteil fonda nneécole à Cnide, sa patrie, on ne sait pas précisément à quelle époque. Strabon parle de l'observatoire (tz-oty,) d'où il observait le lever de Canopus (H, p. 119). 0iogène de Laèrte bit mention d'nn déeret qui atteste la liante estime dont il jouissait parmi ses compatriotes. Le biographe dit encore, sur Tautorité d'Uermippus, qu'il fut le législateur de sa' patrie, ce qui est auisi rapporté par Plutarque. Une épigrammeoomj osée par Diogène deLaërte, maibeureuscmeal iurl corrompuci

m L£S fiCElTS ET Lfiii TBAVAUX

nous apprend qu'il vécut cinquante-trois ans. (Ànth. Palai., VU, n* 744; cf. Jacobs, t. III, p. 412.) Ces diverses dates forment un ensemble satisfaisant, que nous représentons dans ee tableau.

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Quant aux écrits d'Eudoxe, Diogène de Laërte ne les indique qu'en général par oes mots : xol ô^rpoAo-

UMtranamiqMe$^ géométrûpieif et quelques autres importemU; il ne les désigne sous aucun titre en particulier. Ses deux principaux écrits astronomiques s'appelaient TÔ Évoirrpovy le Miroir^ et rà 4>a(vofava, les Phénomènes eilêttei; nous n*en connaissons le contenu que par le, commentaire d'Hipparque sur Âratus. Us traitaient de la forme et de la position des constellalious, de leurs principales étoiles, de leurs configurations, de leurs levers et de leurs couchers. Aratus, qui n'était point observateur, n'avait fait que traduire en vers

raODOXE DE CNIDE. m

i'un et l'autre ouvrage, principalen)ent le second.

Suidas lui attribue aussi une agronomie en ver» hexamètres (èi inm)^ et Piutarque assure que, comme Hésiode etThalès, il a?ait composé un poème astronomique {de Pyth. Orac, c. 18). Fabricius ellleilbronner ont rejeté le fait, par k raison que tons les frag» ments cités par Hipparqne sont en prose. M. Mêler ne trouve pas cette raison suffisante, tout en avouant que, comme Tauthenticité des poèmes astronomiques d'Hésiode et de Thalès a été mise en doute dans l'antiquité même, il se pourrait bien qu'il y eût ici confusion entre les noms d'Âratus et d'£udoxe. Mais il n'y a rien d'inTraisemblable à ce que, indépendamment de ses écrits en prose, Eudoxe ait composé un poëmc sur sa science favorite; d'autant plus qu'il paraît bien que l'aotivilé de son eq[»rit s'était portée sur des sigets purement littéraires, comme Tindique un de ses ouvrages, qui sera cité tout à l'heure. Plutarque rapporte de lui un mot qui prouve son ardeur de connaître et son dévouement à la scienee. « Que ne puis-je, disaitil, m'approcher assez du soleil pour en connaître* la nature, la grandeur et la forme, quand je devrais en être consumé comme PhaétonI » (Quod non nuw. licet sec. Epic.^ c. i 1 .) Ce mot justilie ce que dit Suidas, qu'il s'occupa extrèmcmeni d'astronomie (tcr/z vpàç omptlktyUof ûir«^tt«); il ajoute qu'Ëudoxe a écrit beaucoup d'ouvrages sur cette matière (s/px^c te iàù7-:x roû ctdou^ ToÛTov), parmi lesquels il met un livre inli-

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