U L£S ÉCRITS £T LES TRAVAUX
pense qne c'est par le moyen d'une espèce de dep^ sydre. Celle con jecture est confirmée par le papyrus astronomique, à l'endroit où il s'agit de la mesure des arcs de l'écliplique ; on y décrit le procédé de la chute de l'eau servant à mesurer le temps du passage d'une dodéeatémorie^ et l'on se sert de termes analogues à ceux qu'emploient Macrobe et Sextus Empincus en attribuant ce procédé Tua aux Chaldéem, l'autre aux É^lieni^ c'est-à-dire aux astrologues de son temps.
L'incerlilude des positions qu'Eudoie assignait aux étoiles résulte encore dairément des indications qu'il donne sur la direction des tropiques/ de Téquateur, de l'arctique, de l'antarctique et des colures. Par exemple, il dit (ap. Hipp. ad «irai., I, 3) que le tropique boréal (i Btptvôç) tniYerse le Cancer par le milieu, le Lion dans sa longueur, qu'il passe un peu audessus de la Vierge, touche le col du Serpent, la main droite de VEngonoiit^^ la tète du Serpentaire, le col de l'aile gauche du Cygne, les pieds de Pégase et la main droite d'Andromède. Un peu plus loin, il passe entre les pieds de Persée, entre son épaule gaucîie et sa cuisse gauche, enfin par les genoux du Cocher et la téte des Gémeaux (Hipp., 1, 5). Si Ton suit ces indi-
* M. Iduler dit il Hercule. Mais Eudoxe nomimit certainement cette coitsleilation Engonasin [i it^itxau). comme Aratus. Elle n'a clé nommée Hercule que plus tard. Cette remarque est moins minutieuse qu'elle ne le parait. Lxccplê un petit nombre, les noms mythologiques des constcUatiooi sont de 1 époque alexandrioe.
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DEUDOXE DE C.MDE. 545
cations sur un globe, en ayant égard à l'effet de la préoession des équînoxes, on voit combien elles sont peu d'accord enlre elles. Dépourvu de tout moyen d'observé avec précision, Ëudoxe aura, sans doute, procédé ainsi : an jour où Tombre la plus courte du gnomon lui donnait le solstice d'élë, il remarquait les points de l'horiion dans lesquels le soleil se levait et se couchait, et il observait alors les étoiles qui se trouvaient dans l'horizon. Cette même méthode, appliquée à Téquateur et au tropique du Capricorne, donnait le moyen de placer les étoiles sur le globe, de manière à pouvoir s'en servir pour trouver celles qui se lèvent ou se ooudient avec tel signe de l'édiptique.
C'est là, en effet, ce que les Grecs appelaient <7wa- . varoXai, les Icvcrs simultanés, qui leur servaient à reconnaître les heures de la nuit. Nous voyons qu*Eudoxe avait traité ce point fort au long, en quoi Âratus Ta suivi. Hipparque leur reproche d'avoir commis de graves erreurs. En les relevant, il donne des indications plus parfaites, mais il se servait déjà de l'astrolabe, et il savait calculer ses observations à l'aide de la trigonométrie aphérique. Il put donc beaucoup perfectionner cette méthode des levers simultanés dont les anciens faisaient un si grand usage, et dont Dupuisa tant abusé dans l'explication des anciennes fables.
SfO LIS ItCRITS BT LES TRAVAUX
3* Place dkis coiures liuns t'écliptique. — Fausseté des systèmes de
KewtoD et de BaiUj.
M. Ideler discale oeUe question, tant et si longtemps débattue parmi les astronomes et lesehronologistes, de la place qu'Eudoxe assignait aux points équinoxiaux et solsticiaux dans le milieu des signes, Mtàfuqi^à C«&^i9(. Hipparque, qui nous donne cette indication, oppose constainment le milieu des ç^ôoix au commencement, où lui-même mettait ces points, comme, depuis, on a continué de le faire; et il retranche toujours 15° des longitudes d'Ëudoxe, quand il veut les réduire aux siennes. £udoxe plaçait donc les -points solsticiaux et équinoxiaux au milieu du Cancer et du Capricorne, du Bélier et de la balance'; ainsi il prenait pour le Bélier ia moitié de notre douzième signe et la moitié de notre premier.
Au lieu de rechercher comment sa méthode impar» faite d'obsenrer avait pu le conduire à cette délimitation des signes, Newton, Fréret, Bailly et plusieurs autresont voulu lui dénier toute observation du ciel et expliquer cette différence de 15** par reffct de la précession des équinoxes. Eudoxe, disent-ils, avait
* Tour ceux qui ont lu nos observations (J ou mal dei Savants, 1839.
p. 555-535), il est bien cnloiiflii qii'Eudoxe parle toujours des Serres et non do la Unlance, et il esl presque inutile dt- les [trévenir que le mol !^u^o; lie se trouve non plus nulle part dans le papvi us astronomique rédigé aviuit Dipparque; c'est toujours xiù^i qu on ) lit.
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SOUS les yeux un globe artîstemenl dressé| sur lequel leB étoiles étaient plaoées selon leur ascension droite et leur déclinaison mesurée avec exactitude, comme elles le sont chez nous. Sur ce globe, les colures passaient par le milieu des signes ; ils avaient donc rétrogradé d'environ un demi-signe jusqu'au temps d*Eudoxe, vers 578 avant J. G., depuis l'expédition des Argonautes, pour l'nsage desquels il paraît que Chifon avait construit cette sphère. Mais la rétrogradation de 1 5° a dû se faire en 1 070 ; ce qui fait remonter cette origine à 1400 ans, au moins, avaikt notro ère. C'est I*opinion de Fréret. Selon lui, la sphère est due à des astronomes Ëgyptiens et Phéniciens ; selon Bailly, an contraire, c'est Hercule qui a transporté en Grèce la sphère des Chaldéens et des Perses. D'autres ont donné des explicalions différentes, mais tout aussi arbitraires. Il est tout à fait invraisemblable qu*Eudoxe ait eu sous les yeux une sphère aussi perfectionnée qu'on le prétend. Toutes les indications d'une sphère savante, données par lesatndens, se rapportent à une époque postérieure, alors qu'on connaissait avec plus de précision la position désastres, il est bien plus naturel d'attribuer la méthode suivie par Eudoxe à Tincertitude et à l'inexactitude des observations. C'était déjà l'opinion d'Attalus, l'un des plus anciens commentateurs d'Aratus (ap. Hipp. tniraf., i, 25). Cet auteur dit qu'au moyen du dîoptra on pouvait parfaitement se convaincre que l'équateur etlestro-