‹ Mélanges d'érudition et de critique historiqueChapitre 39 sur 62 · M LES ÉCRITS BT LES TRAVAUX · texte numérisé non relu

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parque avait cru nécessaire d'ajouter 15" aux longitudes d'£udoxe pour ramner la position des astres à celle qu'ils avaient de son temps, il est clair que 1» cause d'une telle différence ne pouvait lui rester inconnue, et, en conséquence, que la précession des éqninoxes aurait été un fait patenté ses yeux. Or personne ne saurait contester que, lorsqu'il a rédi;;é son commentaire sur Aralus, il n'avait aucune idée de ce phénomène, qui lui a été, pour la première fois, révélé plus tard par la comparaison entre les observations de Timocharis et les siennes. Ce transport des points solstieiaux et équinoxiaux tient donc à une tout autre cause. On ne saurait être trop surpris qu'un raisonnement si simple ait échappé à Newton comme à Fréret, comme à tous ceux qui depuis ont traité de nouveau les questions si vivement agitées entre ces deux grands hommes.

11 n*e8t pas moins étonnant qu^un fidt positif leur ait également échappé, qui aurait eu le même résultat si l'on y avait fait attention, celui d'éviter bien des disputes inutiles. Sans ébranler la solution de De« lambre, il en modifie pourtant la base historique.

Nous pensons, en elTel, comme M. Ideler, que De* lambre a mis le doigt sur la difficulté, et qu'il a trouvé la vraie raison quia conduit Hipparque à placer les points solstieiaux et équinoxiaux au commencement et non pas au milieu des signes; mais c'est tomber dans une grave erreur que de regarder cette méthode

eomme une intention d'Uipparque el un résultat de la connaîssaiice de la trigonométrie sphérique ; c'était, au contraire, une méthode ancienne, qu'il a seulement employée de nouveau, parce qu'il la trouvait pins en rapport avec les moyens d*observation et de calcul qu'il avait à sa disposition. Ce fait est établi clairement dans un passage d'Hipparque lui-même. Après avoir dit que le tropique d'été est placé an commencement du Cancer ( ev raury? 7f, Tpoirn (Oepivrî) rotvuv

TÔv ^px^ ^"'X'' ^^'^ xapxt'vou), Hipparque ajoute que cette manière de diviser le lodiaqQe était celle que

suivaient presque tous les ancicm malhémaûciem ou ia pluparld entre em (mal viro rûv dpx^'^^^ fiAQnfia*

Çwcîiaxô; xux/os (îivîpyjTO.) (ilrf. .4ra/., Il, O, p. 21 2, E.)

Ainsi, avant Ëudoxe, ioui ou presqm tmtx les mathé* maticiens plaçaient lescolures an commencement des

signes. C'était donc la méthode ancienne, primitive, que les Grecs tenaient, sans doute, des inventeurs du aodiaque, les €faaldéens. Si Bodoxes'est écarté de cette méthode pour mettre les colures au milieu des dodécatémories, c est qu'elle lui a paru moins simple et mehis commode, par la raison qv'a donnée Delambre, et non parce qu'il l'avait trouvée sur une prétendue sphère antique. Hipparque, en amenant les colures è 15* en arrière, n*a point inventé une nouvelle ma* nièrede compter, il n'a fait que rappeler celle qu'Kudoxe avait abandonnée, mais qui devenait de beau-

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oonp la plus simple, avec les moyens qu'il possédait de mesurer el de calculer les arcs de récliptique. On trou've une trace de celte méthode dans les indications du calendrier d'Euctémon, que nous a conservées Géminus, et, après Eudoxe, elle fut quelquefois employée, puisque Ëudide s'en sert (Ptefiom., p. ôOI, ed. Gregor. ) et qu'Âratus, quoiqu'il prît Eudoxe pour modèle, metUiit les points équinoxiaux et solsticiaux au commencement des dodécatémories fl>elambre, llût. de l'Astr. anc, I, p. 140, 141); tant il y avait d'incertitude et d'incoustance sur ce point.

II n'existe réellement aucun indice qu'avant Eudoxe on eût placé les coluresau 15' degré des signes, et tout se réunit pour montrer que cette méthode est propre à cet astronome et de son invention.

En présence de ce fait, que deviennent les hypothèses de Newton, de Fréret, de fiailly, et tontes celles qui se fondent sur l'idée que cette position des colures remonte à l'origine de l'astronomie ? Mais ce qui achève de montrer rimpossihilité d'attribuer de telles Yariations à la précession des équinoxes, c'est la certitude oik l'on est qu'Eudoxe el les astronomes plus anciens se sont ^coie serris d'un autre point initial. M. Ideler rappelle, comme il Ta déjà fait antérieurement, que, selon le témoignage de Pline (xvni, 68) et de Coiumella (de R. R. a, 14), Eudoxe plaçait encore les points ëquimnûauz et sobticianx au 8* de-

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