‹ Mélanges d'érudition et de critique historiqueChapitre 4 sur 62 · SUR LA SËPARATION PRIMITIVE · texte numérisé non relu

SUR LA SËPARATION PRIMITIVE

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£ï D£ LA M£R EOUGË

AYËETiSSfiMEKT

L*idée que le lac Asphaltique a, dans les temps anciens, communiqué avec la mer Rouge, et qae le Joardain a jadis coulé dans cette mer, s'est introduite depuis la dëoouTerte faite parSeelaen, couûrmée par

Burckhardtet d'autres voyageurs, de vallées longitudinales qui s'étendent d'une mer à l'autre.

Ayant observé sur la carie de TArabie Pétrée, dressée par M. Léon de Laborde, une double direction «lans les versants qui aboutissent à ces vallées, j'en avais tiré une forte objection contre l'opinion unanime des géographes, et j'en avais conclu l'impossibilité de la communication des deux mers, au moins

M BASSINS DE LA MER MORTE

depuis que le dernier soolèTemeiit a donné au système de montagnes qui les sépare le relief qu'il offre de nos jours. Mon opinion, taxée de paradoxe et réfutée comme telle, n'a cependant pas lardé à être conOrmée |)ar les observations de M. le capitaine Cailler, qui, de son côté, en visitant les lieux, avait été conduit par des considérations différentes à une conclusion toute semblable. Nos conjectures Tiennent d'èlre confirmées par M. Jules deBertou, qui, ayant parcouru le premier la vallée, ou plutôt les trois ▼allées successives dans toute leur longueur, n'a plus laissé aucun doute sur l'existence du double versant, dont le point culminant est élevé de cent soixante mètres au-desshs de la mer Rouge et de quatre cent dix-neuf au-dessus de la nier Morte. M. Callier a rendu compte de cette importante découverte dans les ÀMMdei dm Voyagei (t. X, numéro 56), et le Bulletin de géographie (août 1858); et j'en ai présenté le résumé dans le Journal de* gavants, Pluaieurs personnes, amies des sciences géographiques, entre autres mon illustre ami, le baron Alexandre de Humboidt, avaient pensé qu'il serait utile de réunir les divers articles qui ont été publiés à ce sujet, lesquels, placés dans leur ordre cbronologique, donneraient une sorte d'histoire de cette question curieuse. L'éditeur des ^nfuifei des Foya{|fet, dans son lèle constant pour les progrès de la géographie, a désiré reproduire tous ces articles. De mon côté,

ET UE LA «ER ROtJGE. 87

j'ai cru que ce rmioil aurait surtout de l'intérêt, au moment où la queslioo prend une extension inattendue par saile des observations de plusieurs voyageurs, principalement de M. Jules de Berlou, qui a cunstalé que la mer Morte et tout ie bassin du Jourdain pré* sentent une dépression considérable.

On trouTora donc ici rassemblés :

V L'article du Journal des 6avant$ (octobre 1 835), où j'ai soulevé la question ;

S* Jm lettre de M. Callier qui confirme mes doutes, tirée du même journal (janvier 18J6);

3* La réfutation qu*a faite de mon opinion M. l'abbé Canelo, tirée des Àrchivet de pldloiophie ckràienne (juin 1856);

4* Ma réponse a cette réfutation, tirée du même recueil (septembre 1838);

5* Le résume que j'ai donné des noies de M. Callier ainsi que de toutes ses recherches, tiré à\x Journal de$ SavanU (août 1858) ;

6* Un extrait de la partie d'un mémoire de M. Jules deBertou (lu à l'Académie des inscriptions et belleslettres), où ee voyageur reconnaît qu'il a trouvé sur les lieux mêmes tout ce que j'avais indiqué d'avsnce.

Cette coïncidence entre les prévisions puisées dans l'étude du cabinet, et les observations positives faites par des voyageurs en parcourant le pays, est à noter, ne fût-ce que comme un encouragement pour les géographes et les physiciens à produire les vues de leur

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esprit, lorsqu'elles leur paraifisent^e fonder sur quelque fait capital. Quand môme elles ne devraient pas se confirmer, il est toujours utile de les mettre eu avant, parce qu'elles excitent à des recherches auxquelles on n'aurait peut-être pas songé, et qui, en tout éut de cause, payent rarement manquer d'éire utiles à la science. Ainsi, par exemple, si je n'avais pas eu la hardiesse de produire ce qu'on a appelé mon paradoxe^ la controverse n'aurait pas été éveillée sur un tel sujet , M. Jules de Berton n'aurait pas été invité k résoudre le problème sur les lieux, ce poinl-întéressant de géographie physique serait encore inconnu , et il se serait peut-être écoulé bien du temps avant qu'on songeai à faire les observations qui ont démontré la dépression de la mer Morte et de tout le bassin du lourdain, Tun des faits de géographie physique les plus curieux qui aient encore êé découverts.

DOUTES SUR hk r£aUTB D UNE ANCIENNE COMMUNICàTIOK DB tk WBR nom ET D£ LA 1I£R ROUGB.

MM. Léon de Iiaborde et Linant, arrivés h TAkabah, obtinrent du gouverneur la permission de se rendre à Ouadi-Mousa, vallée de Pétra. ils se mirent en route en suivant la longue vallée dite Ouaiir^Ârala^^ qui

t UrMtedef obNrvati0asTécailesdeN.JtdetdelertOtt,^

ET DK LA MtA ROUGE. 80

remonte droit an nord et va joindre l'eitrémîté de la

mer Morte. Cette grande vallée est stérile comme le désert et n'offre rien de reroarqnabie au voyageur: mais elle a dans tous les temps servi de route naturelle pour les communications commerciales entre la mer Rouge, la Palesline et le reste de la Syrie. On y Ironie encore d'anciens lieux de halte, et des ruines assas considérables, principalement dans les endroits où les vallées latérales viennent s'embrancher, la principale de ces mines se trouye à Fentrée de VOuaâ^Ckh randel, Talion très-fertile, qui débouche à dix-huit lieues environ au nord de TAkabah. Les rapports de distance font o^neider ce lieu, dit M. de Laborde, avec le Gijpsaria de Plolémée, le Gypsaria de la table de F^eutinger; sur la carte de Burckliardt, Gypsaria ' est placé nn peu plus au sud. C'est au nord de ce point que la route romaine quittait le Ouadi-d-Arabe, pour aboutir à Jérusalem en traversant le désert.

Le Ouadi-el-Araba n*est pas seulement remarquable par le rdle que cette vallée a joué dans les relations des peuples de cette région; il Test encore par les questions de géographie physique et d'histoire que sa découverte a fiiit naître, et que M. Léon de Laborde doit discuter plus tard dans l'ouvrage qu'il annonce. Dans son introduction il expose en peu de mots l'opinion qu*il adopte» et qui esl à présent admise par léus les

Tatlêe en fomie rééllemeni trou» qm lont : £f-Ghor, El^Araka et £<- Akabak.

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géographes. Nous présenterons à cet égard quelques doutes, fondes sur la carte même de ^1. de Laborde, et nous les soumettrons à son examen ultérieur.

Si !*on jette les yeuf sur les cartes de Syrie et d*Ârabie anléricures au voyage de Burckhardt, on verra que la région qui sépare le bassin de la mer Morte de celui de la mer Rouge, dans un espace de cinquante lieues environ, est coupé par des chaînes transversales qui ne permeiient pas de oonoeroir même la pos> sibililé d'une communication entre les deux mers. Mais les voyages de Seelzen en 1805, de Burckhardt, dans réié de 1812, et de M. Bankes en 1817,. constatèreni l*existence d*une tallée longitudinale courant du nord au sud enlre les deux mers, et dans la direction du prolongement de l'une et de l'autre. Bwrckbardt ne lit que traTener cette grande vallée, dans laquelle il entra du côté de l'orient, par le Ouadi-Garandel ; mais en gravissant les hauteurs, il la vit courir d*un côté au nord-nord-est et de Tautre au . sud-sud-o»esi; les Arabes lui dirent qu*élle s'étendait jusqu'aux deux mers, et il ne douta pas qu'elle ne fût un prolongement de la vallée du Jourdain, a La partie septentrionale de cette vallée se nomme el^Ghcr^ dit ce voyageur. A la hauteur de Beszeyra (placé sur la carte à treize lieues au sud de la mer Morte et à trentecinq de la mer Rouge), la vallée est coupée pendant un court espace par des rochers; à partir de là jusqu'à la mer Uouge, elle prend le nom d'el-Araba^ et elle

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