‹ Mélanges d'érudition et de critique historiqueChapitre 5 sur 62 · BT D8 LA MER ROUGE · texte numérisé non relu

BT D8 LA MER ROUGE

n'offre qu'un sol sablonneux, interrompu par de légères oadulations. » Burckbardl termine ce qu*il en dit par ces obsenratioos remarquables : « L'existence delà vallée el-Âraba, ^iciil-ùUeh Kadesh-Bamea de l'Ëcriture, parait avoir été inconnue aux géographes, tant anciens que modernes, quoique cette vallée forme un trait saillant dans la topographie de la Syrie et de l'Arabie Pétrée. Cela mérite d'être examiné à fond, et il est à désirer que des voyageurs puissent parcourir la vallée dans sa longueur^ en hiver, accompagnés de deux ou trois guides bédouins qu'ils pourraient se procurer à Hébron. Akabah peut être atteint en huit jours par cette même route au moyen de laquelle la communication était établie autrefois entre Jérusalem et ses dépendances sur la mer Rouge; car c'est à la fois la route la plus courte et la plus commode ; et c'est par cette vallée que les trésors d'Ophir furent probablement transportés dans les magasins de Salomon*, ji Ce trait si marquant dans la constitution physique de celte région parut à tous les géographes attester qu'autrefois le Jourdain, sortant de la vallée où ses •aux s'arrêtent maimenant, continuait son cours jusqu'à la mer Rouge, dans laquelle il avait son embouchure : il s'ensuivrait ou que la mer Morte n'existait pas alors, ou qu'elle ne formait qu'un lac de peu d'étendue, comme celui de Tibériade que le Jourdain

• TnvOiiHSifriÊ, ptg. M, 445.

«I BASSTNS DE LA MBB HORTB

a traversé auparavant. Cette opinion, énoncée d'abord ptrM. Karl RiUerS ensuite par M. W. If. M. Leake, dans la préface dn Voyage de Bnrckhardt en Syrie', et développée par M. de lloiï, dans son savant ouvrage anr les changements arritésà la snrfaoe de la terre S prëMnte, en effet, teus les caractères de la probabilité; et M. de Laborde, remarquant la direction de la vallée, son encaissement au milieu des montagnes de granit et de porphyre, ne oonsenre aucun doute à l'égard de son ancien état; et, sur sa carte, il n'hésile pas à ^alifier cette vallée d'ancien cours du Jourdain.

Celte hypothèse admise, on pourrait eipliquer naturellement la cause qui a forcé le fleuve de rester dans la vallée qu'occupe maintenant la mer Morte, en disant qu'une' oommotion volcanique aura enfoncé le sui de la vallée et formé un large et profond réceptacle qui n'existait points ou bien, si la mer existait déjà, que la commotion aura pu relever le terrain à l'eadroit où le fleuve sortait de la vallée; dans ce dernier cas, on conçoit «ju'il suffisait d'un léger soulèvement à l'extrémité sud de la mer Morte pour barrer l'issue des eaux, lesquelles, s'étendant alors librement dans la vallée, durent l'onner une masse qui s'éleva jvs^'à ce que sa surface fût assez grande pour que

« ^rékunde, Thl. Il, S. 217. 218, iT.

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ET DE LA MEE EOCGS. n

révaporation enlevât une quantité de liquide égale terme moyen à celle que le fleuve apportait. Cet effet serait ici d'autant plus admissible que le sol (et les anciens l'avaient remarqué aussi bien que les modernes) est entièrement volcanique, et a dû être sou- ▼eut remué par les tremblements de terre. Si donc il eiistait des yilles dans la plaine, ou à une fiiible hau* teur sur le penchant des coteaux qui la bordent, elles ont dû être successivement submergées et détruites.

On eist allé plus loin; on a cru pouvoir trouver l'époque où ce phénomène a eu lieu, et le rapporter à un fait de l'histoire biblique. On a dit qu'il coniirme le rédt de la Genèse sur la destruction des villes de Sodome, Gomorrhe, Âdama, Seboïm et Segor, reiiversées par le feu du ciel ; et ce feu du ciel, a-t-on dit, peut bien n*ôtre qu'une éruption vokamque^. GeCte eiplieation, admise par les savants déjà cités, l'est aussi par M. de Laborde, qui ci le à l'appui les passages où il est dit que a Loth levant ki yeux camidéra Uw4e la phme du Jourdain, qui, amni que le iSfeijneur eûi détruit Sodome et Gomorrlie^ était pat tout arrotée jardin magnifique^ comme le pap

d^Égyple*. . . Alon le Seigneur fit deMcendre du del une pluie de soufre et de feu.,, et il détruisit ces villes et loiUe la plaine;.., et Abrahatn*.. regardant ver$ So-

< Leakct Préface to Burckhardti TrmeU, pig. 6. . j * (knee,, tni, iO ; ut, 10.

94 BASSINS DË LA UBfi MORTE

dame et Gomorrhe^ vm tout le pays de la plaine,

vit s'élever de terre um fumée semblable à %uie fournaise^ » etc. « Ce récit simple et concis, dit M. de Laborde, donne une idée sufGsante d*une éruption ?olcaniquc ; je n'en doutai plus, lorscjuc j'en eus les eiîets sous les yeux... Sans discuter les différentes opi« nions des auteurs qui ont cherché k établir, les uns que la nature dans son cours, les autres que la volonté du Seigneur dans son indignation, enflammèrent les puits de bitume, il reste évident qu'ils furent l'origine du volcan qui détruisit les villes de Sodome et de Gomorrlie, et la plaine qui s'étendait auprès d'elles, et qu'ils formèrent par l'irruption des matières volcaniques un large bassin où le Jourdain, en se précipitant, cessa son cours vers la mer liouge. Ce bassin, qui prit depuis les noms de mer Morte et de lac Àsphaltite^ devait en eflet dans les premiers temps, en recevant les eaux du ilcuve, exhaler une fumée semblable à celle d'une fournaise. »

On ne peut nier que ces conjectures ne soient trèsplausibles; mais on peut trouver qu'elles ne sont pas aussi évidentes que le croit M. de Laborde. Quand on accorderait que le feu da ciel était l'effet d'une éruption volcanique, il ne s'ensuivrait pas qu'il ait dû produire la mer Morte. La plaine a pu être ravagée par cette éruption, couverte de cendres et de scories qui remplacèrent la fertilité par une stérilité complète, sans que pour cela le coui^ du Jourdain fût

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