‹ Mélanges d'érudition et de critique historiqueChapitre 45 sur 62 · LES ÉCRITS £T LES TRAVAUX · texte numérisé non relu

LES ÉCRITS £T LES TRAVAUX

Mercure et Vénus, mettant le premier au cinquième rang et l'autre au quatrième.

On peut dire que les opinions des aneiens se ré> duisent, dans le fond, à ces deux systèmes; carie changement dans la place relative de Mercure et de Vénus n'est qu*ttne modification pea importante.

Le premier est celui que les pythagoriciens ont suivi dans leur arrangement de l'univers, que, d'après les fragments de PhilolaâSf ils supposaient composé de dix œrps^ à savoir : le ciel des fixes^ les cinq pimèleSt ÏGwleil, la luiic, la terre et la terre opposée^ éanlx^^ « espèce d'élre métaphysique, dit M. Ideler, inventé pour sauver la sainteté do nombre c/tar. » Dans ce système, les cinq planètes sont placées audessus du soleil.

Platon admet un autre système; il cite brièvement les planètes dans le Timée^ p. 58. Autour de la terre, qui reste fiie an centre du monde^ se meuvent la lune, le soleil, et cinq autres asires nommés fianèUSj dont il nomme seulement deux : Ètacffofoç ou

* ED.cuatvYi. Sur le tem de ce passage, qu'ArIstoto lui-même n'avait pus compris, voyez nos ol)i>ervaUons dans ]c Journal des Savants, 1819, p. 329; lesqueUflt rewenngnt > celles que M. Bôckh avait déjà émises dans «a diiierlilioBn» Plamko sifUmaie imkitmm globirum, etc. qui nous élaitalors inauiBQe. M. Victor Ledavc, dans la aeooade édition de SCS Fragments de Platon (p. 468 et 469), a maîiiteiiu sa premièfe inteqirélaiioo, ftule d'avoir bien compris, à oe ^*il semble, les raùnms que nous avions exposées; M. Cousin, au contraire, s'y est rendu sans hésiter {Traduction de Platon, t. XII, p. 339, 341), aiosi que le dcr> nier traducteur du Timée, M. Henri Nartio.

D'fiUDOXB OE CNiDE. SOS

Yénus, et IrlkSwf ou Mercure ; mais, oomme il eite Vénus en premier, c'est un indice qu'il la plaçait à côté du soleil, el Meraure plus loin. Ce sjetème était, sdon Produs, celai d*Ettdoie et d'Àristole ; on le trouve encore dans le traité aristolélique de Mundo (U,. 7), et dans tous les auteurs les plus anciens, auxquels il faut joindre Vitrufe (II, 4) et Cicéron {Nat. <fcar.,ll, 20).

Le témoignage de Rrodus, à Tégard d*Eudoxe, est confirmé par le papyrus astronomique, où les cinq planètes sont énumérées dans cet ordre : Vénus, Mercure, Mars, Jupiter et Saturne, appelé ô iqîUou àmSp, PoÊlre du io/et/\ Je dois faire une remarque qui me paraît avoir échappé jusqu'ici : c'est que cette opinion est une suite naturelle de la distinction qu'on £sûsait entre les ctiifphn^ et le soleil et la lune; ces deux astres étaient considérés tout à fait à part, et distingués des planètes proprement dites. Nous avons montré ailleurs qu'il en était ainsi ehei les Ghaldéens, pour lesquels il n'y avait réellement que cinq planètes^ et nous en avons conclu qu'ils ne connaissaient pas la semaine planétaire. Le premier système, celui d'après lequel le soleil et la lune sont places en dehors de la série, est admis dans tous les anciens auteurs qui parlent des quinque erranlei. Cestdoneà

'SufccttdiMnomimHflBdaSiInfiig, empnmléeaiix ChaUëeos, vojti «e j*ti dit dntb Jami/id da SnanU, iW, p. SSt et 58S.

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bon droit que Ptolémée l'attribue aiu anciens mathématiciens. (Almag.^IX,!.)

L'autre opinion, que Stobce etCensorin attribuent aux pjftbagoriciens, parait s'être introduite beaucoup plus récemment ; Gféminus est le plus ancien auteur qui la cite; vient ensuite Cicéron, dans le Songe de Sâpion. Elle a cela de remarquable que l'amtngement qui en résulte est le teul qui donne l'ordre des jours de la semaine, au moyen de l'intervalle par quatre (cJi« T£flr<r«pwv); car, à partir de Saturne, en . allant de quatre en quaire, on a SaUtrm, Soleil, Lune, tfan. Mercure^ Jupiter, Vémis, pour revenir à Saturne, Cette seule observation montre pourquoi la semaine planétaire n'a pu être en usage que f<Mt tard, et lorsque cet ordre des planètes a été généralement adopté. C'est un point de vue que j'ai développé dans un mémoire inédit sor la semaine planétaire, dont les principaux résultats ont été exposés, dès 1824, dans mes Observations sur les représentations lodiacales.

s* Théorie âm flpbèns.

Après cette exearston sur Tordre des planètes, nous passerons, avec M. Ideler, à la théorie des sphèree d'Eudoxe. Ârislote en parle très-brièvement et d*une manière insuffisante dans la Métaphysique. Son commenUteur, Simplicius, est plus détaillé ; mais il

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donne beaucoup à la conjecture. Il se réfère au Iraitë d*Eadoxe sur les ràesief, ncpl tôv taxnvnvm^ et à l'Histoire de rastronomie d'Eadëmus, disciple d*Aristote. Dans ses éclaircissements, il paraît avoir suivi principalement Sosigène, le collaborateur de Jules César dans la réforme du calendrier. H. Ideler a reproduit ce passage remarquable (Comment, in Arhtot. de CattOf p. 120, a) d'après un texte manuscrit très-différent du texte imprimé.

Le reste de son Mémoire contient un savant commentaire de ce passage.

Les phitosopbes grecs ont eu beaucoup de peine i s'élever jusqu'à l'idée que les corpscclestes se meuvent dans Tespace libre. Ils voyaient les étoiles fixes rester à la même distance les unes des autres, et exécuter leur mouvemeiiL diurne dans des cercles parallèles, toujours également éloignés des pôles. Prenant ce mouvement pour réel, ils se représentèrent de bonne heure les étoiles comme attachées à un corps solide ou firmament. Déjà Anaximène enseignait que les étoiles étaient comme des dous fixés dans le cristal ; et cette opinion fut soutenue encore dans les temps modernes par les adversaires du système de Copernic On attribuait à chacune des sept planètes, qu'on croyait douées d'un mouvement propre, une sphère à part, qui était censée excentrique avec le ciel des fixes, mais qui exécutait un mouvement beaucoup moins rapide dans une direction opposée. Au mi-

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