DES PYRAMIDES DE GIZEU
£rila, de toute nécessité, les sculpter sur leurs parois souterraines.
11 n'en est pas ainsi des pyramides, qui offraient, au contraire, de vastes surfooes eitérieures, parfaitement unies et propres à recevoir toute espèce d'ornements; il est naturel de penser que c'était au dehors que ces représentations funéraires, que toutes ces inscriptions hiéroglyphiques devaient être figurées, exposées aux regards de tous, exprimant ce qu'il élail utile desavoir, répoque des monuments, leur objet, la vie do défunt, les cérémonies funèbres en général, et, en particulier, celles qui devaient se célébrer à son intention. Une fois sculptées au dehors, il devenait d'autant plus inutile de les répéter au dedans, qu'on a toute raison de croireque l'intention de ceux qui ont bâti les pyramides était qu'on ne pénétrât jamais dans l'intérieur. Les plus minutieuses précautions paraissent avoir été prises pour que les issues en fussent berméliquement fermées, et pour qu'on ne pût arriver aux duimbres funéraires. U n'existe aucune preuve qu'on y soit entré, tant que la religion égyptienne a conservé quelque empire. J'ai déjà conclu, d'un passage de Strabon, qu'on n'y entrait pas de son temps'. Depuis qu on a ouvert la seconde, la troisième, et six des petites qui en sont voisines, on a pu se convaincre que ni les Grecs ni les Romains n'y pénétrèrent jamais.
« Trad,fratiiaite, t. Y, p. 397.
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Une seule circonstance sufGrait pour le prouver claî* renient, c'est l'absence totale, à Tintérieur, de ces inscriptions grecques ou laUnés que les anoiens voyageurs ont tracées en si grand nombre dans lessyringes de Tbèbes^ S'ils avaient pénétré aussi dans lespyramideSy leur mité on leur admiration n'aurait pu manquer d*y laisser de pareilles traces de leur visite*. Les papyrus nous montrent que les tombes des particnlierSf à Thèbes, restaient accessibles, et s'ouTraient de temps en temps pour que les cholchytes, on autres prêtres pussent y célébrer des cérémonies funèbres, qui leur valaient de bonnes redevances. Les sjringes paraissent n'avoir pas été dans le même cas. On a lieu de croire que les cérémonies en i'bonneur des rois étaient célébrées dans les grands monuments de la rive gauche, au nombre de quarante-sept', tels quQÏQlihamesseumfle Mémphiheum^ V Amenaphieurriy qui étaient, ainsi que le £iiboleux (hgmandyeutnj des édifices à la fois religieux et sépulcraux, élevés aux rois, où le culte commémoratif de chacun d'eux était confié à certaines corporations sacerdotales. Telle
* On en a recueilU pins de cent vingt ; maïs il y en a Uen davantage. Voy. la Staiue vocale de Memnon^ p. 94t ,
* Ci sl ce montre qnll ne faut pas loîr nn fait réellement obser\o dansée que raconte le Pseudo-Plutarquc {de PlacU* phUoi.p
IV, 20) (le l'écho qui se faisait entendre à rinléricur des pyramides, où la voix se réperrutait quatre ou cinq foi?. Ceci doit appartenir h quelqu'une il.> u s narrations romanesques où i*ou décrivait ce tj^uc |>erflonnc n'avait jamais vu.
' Mémoire sur le tombeau d'Oiifnumdyas, ci-dessus, p. 283.
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était, sans doute, la fonction des pastophores d'ÂmenophisS qui siibsistaienl encore «Otts les Ptolémées» « quinze siècles après la morC de ce roi*. Si de pareOles cérémonies furent célébrées en T honneur des rois fondateurs des pyramides^ c'est à Textérieurf c*est au pied de ces monuments qu'elles ont d4k Têtre.
Cette vue, qui me semble sortir asséinaturellemrat de l'analogie des deux genres d*ëdifices funéraires,
a Tavantage, non-seulement d'expliquer sans effort, mais de rendre néœssaireis des témoignages parfaitement authentiques, qu'on a rarement admis sans restriction, quand on ne lésa pas décidément rejetés*. Ce sont ceux qui attestent que l'extérieur des pyramides offrait de nombreuses inscriptions hiéroglyphiques. Une des raisons pour les rejeter était qu'il ne restait plus de traces de ces inscriptions ; mais l'existence d'un revêtement, qui a depuis longtemps disparu, suffisait pour expliquer comment il n'en subsiste plus aucune. Une raison en apparence meilleure, c'est qu'on n'en aperçoit plus nul vestige sur la partie du revêtement qui existe encore au sommet de la deuxièn^e pyramide. Mais rien ne dit, dans l'hypothèse où le parement pyramides eût été sculpté,
• Voj . Pap. Taur. V et VI ; ib^ue Pejroiiy p. 37-39. StûlUê vocale de MewTian, p. 59, 60.
« Mémoire sur le tombeau d O^mandyoi, ci-dessus, p. 262.
* Comme Greavcs et Lircl:er.
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que ces sculptures eussent couvert les faces entières depuis le haut jusqu'en bas ; elles ont pu n'occuper qu'une zone d'une médiocre largeur, divisée en colonnes verticales qui ne s'élevaient que jusqu'au point où roeil pouvait saisir ces figures et ces caractères.
Il n'y a donc réeilement aucun motif pour rejeter ces témoignages, s'ils sont formels, positifs, émanés de gens qui parlent de ce qu'ils ont vu.
Or il n'est rien de plus précis que ceux des auteurs arabesi de Hasoudi, de Kordhabdeh, d'£bn-Haufcal, d'Abdallatif, de MakrisyS etc., la plupart témoins oculaires : ils s'accordent tous à Tégard des nombreuses inscriptions gravées sur la face des trois pyramides, n suffira de rappeler ici celui d'Àbdallatif, écrivain qui se distingue entre tous par son exactitude et son eicellent jugement, et qui avait fait, d'ailleurs, une étude particulière des pyramides, sur lesquelles il avait composé un ouvrage spécial, qu'il appelle fnoi» grand otmage ntr la pyramidâi. 11 dit : « L'extrême précision qu'on a mise à leur bâtisse est digne de la plus haute admiration. Les joints sont si parfaits, qu'il serait impossible de passer une aiguille ou même un cheveu entre' les pierres. Elles sont liées par un ciment dont la couche n'est pas plus épaisse qu'une feuille de papier. » Puis il ajoute : « Les pierres
• Cités par Silvestre de Sacj dm» ces Kotei sur AbdalUtiT, p. 321 et suÏY.