‹ Mélanges d'érudition et de critique historiqueChapitre 59 sur 62 · DES PYRAMIDES DE GIZ · texte numérisé non relu

DES PYRAMIDES DE GIZ

prendre. Ce n*est pas ici le lien d'exposer la restitution que j'ai faite de ces vers. Elle trouvera sa place ailleurs. Je me contente de remarquer qu'ils ont été écrits au temps de Trajan. Si Guillaume de Baldensel n'a copié que cette inscription, c'est, apparemment, que le temps ne lui aura pas permis d'en copier d'aulresy ou peut-être qu'elle était la seule qu'il ait pu lire. En effet Masoudi, qui écrivait au treizième siècle, dit que les pyramides étaient couvertes d'inscriptions preique effacées^. Le revêtement portait donc, outre les sculptures hiéroglyphiques, dont un édifice égyptien ne pouvait se passer, un grand nombre d'inscriptions en diverses langues, où les voyageurs anciens avaient exprimé leur admiration. Ainsi s'expliquerait naturellement ce fait si extraordinaire de l'absence totale de sculptures et d'hiéroglyphes dans les conduits et les pièces intérieures des pyramides. Les hypogées de Thèbes furent ornées en dedans ; les pyramides le furent en dehors. Voilà peut-élre tout le mystère. Au reste, je suis tout prêt à me ranger à une opinion meilleure.

§ Ui. Oéeoinrerte des restes du revêtement au pied de la grande pyramide et de deui autres» par le colooel Uimard Yjie.

Les recherches précédentes sont laites indépendamment de la récente découverte, due à M. le eolo-

• Cité dans rouvnge de edkmA Homard Yjm, t. II, p. S86.

Mê LE RRVÊTBHINT

nel Howard Vyse, d'un débris du reTôlemeiit de la

grande pyramide. Cette découverie^ qui, selon les

expressions du colonel, dis$ipetmt le» iouietà Pégard

du revêtement f décide, en effel, les seules questions

qui ponyaient rester incertaines, à savoir : la vraie

disposition des pierres, et la matière dont elles étaient

formées. •

. En déblayant la base de la grande pyramide, on a

trouvé, encore en place, deux blocs du parement, et il

est probable que, si l'on continuait Topération du dé-

blayement, on en trouverait encore d'autres.

Les blocs ont cette forme trapézoïdale

leur hauteur a est de 4 pieds 11 pouces anglais (1-.472), leur base 6, de 8 pieds 3 pouces (â".512) ; le côté supérieur c, de 4 pieds 3 pouces (i".295), et le côté oblique (i, de 6 pieds 5 pouces (l'.OOô); l'angle que ce côté forme avec la bpse est de 51' SiK, le môme que celui de Tinclinaison des faces de la pyramide. Il ne faut pas négliger d'observer que, dès 1763, Davison avait déjà vu que les blocs du parement avaient cette forme. Dans sa lettre au professeur Whîle, publiée (en 1817) par M. Walpole^ il dit: « D'après ce qui reste du parement delà seconde pyra* midoi je n*ai ancun doute que l'ane et Tautre ont M

> yità]foiitr»Mem$imrdaiing toTurkêf, etc. I, p. 370, 3* éd.

DES PTIIAMIOBS. DR eiZBH.

recouvertes de pierres de cette ligure

, de ma-

nière à former une surface unie én sommet k la base. » Cotte Ijgurc trapézoïdale est justement celle dea deux fragmenta trouvés au pied de la grande pyrnmide. Si cette lettre, publiée seulement en 1817, m'eût été connue en IS14, le passage que je viens de citer m'eût révélé la forme exacte des pi^ ires du parement.

Les blocs retrouvés attestent que les assises du revêtement se superposaient, ainsi qn'k la seconde pyramide, et n'entraient pas, comme je Tavais présumé avec M. Girard, dans une mortaise pratiquée à rassise inférieure, répondant à l'encastrement ménagé dans le roc vif sur lequel reposait la premiè^ •assise. L'existence de celte mortaise était cependant bien vraisemblable, et semblait même nécessaire pour que la construction eût cette solidité que les Égyptiens recherchaient avec tant de soin ; mais l'extrême perfection qu'ils ont su donner à l'appareil des pierres de ce revêtement rendait la précaution inutile. c( Les joints, dit le colonel Vyse, sont à peine visibles ; leurs interstices ont à peine une largeur égale k l'épaisseur du papier serpente (the (fttdlk nesst ofsilver paper^) \ et telle est la ténacité du cimmt

* Abdallalif ilil réi)ai*«seiir d'une feuille de jjflph r. (lel écrivain se sert presque dos iiièiui s tenncsquc le colonel Y)se dans la descriplioa de cet excellent appareil. (Plus haut, p. 406.)

4IS LE IBVfiTSMBNT

^ui a servi à les lier, que le fragment d'une des pierres, qui a été violemment arrachée ou brisée, restait encore fermement fixé dans son alignement, malgré le laps des siècles cl la violence qu'il a soufferte. Je considère que l'appareil des pierres dans la chambre du roi et dans celle du parement est au-dessus de tout parallèle*. » Avec de si habiles constructeurs, les mortaises étaient superflues.

En troisième lieu, Finclinaison de la face extérieure des pierres du parement montre aussi que les bloa^ ne faisaient pas partie d'un socle qui ne s'élevait qu'à une certaine hauteur, mais qu'ils servaient de hase à un parement qui montait jusqu'au sommet. « Il ' n*y a aucune jraison de douter, dit M. Yyse, que tout rextérîeur de cette vaste construction ne (Ùt couvert de celte même excellente maçonnerie*. » Si cet habile observateur avait connu mes vues sur l'élargissement de la plate-forme, il aurait été confirmé dans son opinion. Ces vues conservent donc encore quelque utilité.

M. Perring pense que la face extérieure des blocs, quand on les mit en place, était grossièrement Iravaillée, et qu'on y avait ménagé des saillies pour protéger les angles contre le dommage qu'on aurait

< «I coosîder tbat Ihe workmnnship diqplijedmUie Kiog'schambw...

and in this ca^^ing i^tonc, is iinrivalled. p

* « And thcre is no rc. sim to doubl lhat Ihe whole extcrior of Ihi» ▼nst stnif ture was covered witb tbe Mme excellent masonr}. • (T. I» p. 261, 202.) ,

Page 1