‹ Mélanges d'érudition et de critique historiqueChapitre 8 sur 62 · ET DE LA MBR B0U6B · texte numérisé non relu

ET DE LA MBR B0U6B

soin le lil de lous les embranchements des vallées latérales, au moins du côté de Test : le côté occidental est resté en blanc sur sa carte, et je le regrette, parce que l'observation que je vais faire en aurait acquis plus de consistance. Ën examinant donc la direction de ces vallées latérales, on remarifue que, jusqu*à environ quinze lioucs de la mer, elles débouchent uniformément dans la direction S. 0., c'esl-à-dire dans celle du bassin de la mer Bouge ; mais qu*à partir de ce point, elles se dirigent au N. 0., c'esl-à-dire vers la mer Morte. Ce fait est conforme à ce qu'a observe Bnrckbardt qui, en traversant le désert, à Test de VOuadi'el-Àraha, a vu également tous les courants au nord du point que j'indique, suivre la direction N. 0.

Je n'ignore point qu*il peut arriver qu'un courant descende dans le bassin principal, en suivant une direction un peu contraire à celle des eaux qui le parcourent* Mais je ne crois pas que le fait que je signale puisse s'expliquer autretnent que dans l'hypothèse où VOuadi-el-Araba serait divisé en deux versants dont le point de partage se trouverait à l'endroit où la direction change. Cette vallée doit donc, dans sa km« gueur, avoir deux pentes différentes ; et ses eaux doivent se diviser entre les bassins des deux mci*s ; mais, dans ce cas, il est évident que le bassin de la mer Morte n'a point l'origine qu'on lui suppose : le changement de direction des vallées latérales, et le double versant de rOuadi-Âraba, ne peuvent être dos

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au simple soulèvement d'un bourrelet montagneux dans une partie quelconque de la vallée ; ils doivent tenir à la constitution même du système de montagnes dont les eaux se déversent dans chacune des deux parlies de la vallée. Evidemment, aussitôt que les hauteurs qui le forment furent soulevées, les eaux qui descendent dans la partie nord coulèrent vers la mer Morte, et v formèrent l'amas d'eaux dont la masse subsiste depuis une époque géologique dont il est impossible d'assigner la date absolue, mais qui se reporte nécessairement au delà des limites de l'histoire.

Telle esl la considération de géographie physique qui me semble s'opposer à ropinion commune, à laquelle on a déjà vu que les textes bibliques sont plutôt contraires que favorables. Je regrette bien vivement que MM. de Laborde et Linaiit se soient arrêtés en chemin, et n'aient pas, selon le conseil de Burckbardt, exploré la vallée dans toute sa longueur ; nous aurions le relevé complet des vallons latéraux, au moins du cêté de Test; nous saurions encore si, à partir d'un certain point, le versant de la vallée change, et si la pente se dirige vers la mer Morte. C'est une recherche tout à fait digne d'un voyageur, et je m'estimerais heureux si le doute que j'émets ici avait pour résultat de donner a quelque explorateur instruit ce désir de résoudre définitivement cette question intéressante.

En attendant cette solution, je dirai encore que l'aneienneté du bassin de la mer Morte me paraît résulter

ET DP LA MER ROUtiE. «99 d'aulres circonstances qui conGrment celles que j'ai indiquées; à rexlrénùlé miTidionale de la mer Morte, à rouvertUFe de TEl-Ghor, des courants considérables • y descendent dans te sens dn nord-ouest, comme ceux qui tombent dans TOuadi, et encore plus au sud des torrents y descendent en suivant cette même direction. D'autres courants tombent à Textrémité de la mer Morte venant du sud.

Seetaen les a vus, et M. de Laborde les a marqués sur sa carte ; preuve que la pente, dans la partie septentrionale de 1 Ouadi-cl-Araba appelée El-Ghor^ se dirige au nord.

Les circonstances diverses de géographie physique qu'offre celle région semblent donc se réunir ponr prouver que le réceptacle de la mer Morte est le centre d'un grand bassin qui reçoit toutes les eaux dn système montagneux qui s'étend à vingt-cinq ou trente lieues plus au sud; qu'il tient par conséquent à la constitution même du pays, qu'il est contemporain da soulèvement des montagnes qui l'environnent, et qu'il ne saurait dépendre d'un mouvement volcanique local, tel que celui qu'on suppose avoir eu lieu lors de la destruction des villes de la Pentapole.

Je soumets ces observations à M. Léon de Laborde, qui doit discuter de nouveau toutes ces questions dans nn ouvrage spécial; et je l'engage è peser les faits que j'expose : je les crois dignes d'un examen appro« fondi.

BASSINS DE LA MER MORTE

LETTRB DB V. GALLIBR A M. LBTRONNE SDR 80H OPIKION

RELATIVE A LA SÉrAHATIOM DES DEUX BASSIl^iS DE LA MER MORTB ET DB U MER ROOGE.

Monsieur, la (in du deuxième article que vous venez de publier dans le Journal du Savants du mois d'oolobre i835, sur le Voyage dam V Arabie Pétrée de MM. Léon de Laborde et Linant, soulève une question des plus importantes, concernant la géographie physique de cette contrée. Déjà, lorsque je traversai le désert pour explorer le pays compris entre les limites de la Judée et le golfe Élauilique, cette question s'oUrit à moi, et ce que je pus observer dans le cours de ce voyage commença, dès celle époque, à me faire douter de Texactilude de l'opinion généralement admise sur k formation de la mer Morte et sur l'ancien cours du Jourdain. Vos ingënieui commentaires des divers textes appelés à lappui de cette opinion et les résultats de votre eiamen critique sur la carte de M. Léon de Laborde, viennent aujourd'hui confirmer tous mes doutes. Les observations que j'ai faites moi-mùinc sur les lieux me semblent tellemenl d'accord avec les vôtres, qu*i1 ne sera peut-être pas sans intérêt de les faire connaître ; elles peuvent d'ailleurs ajouter quel-

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ET DE LA MER ROUGE. lûl

que importance à la nouvelle opinion que tous avei émise.

J'aurais désiré pouvoir Imiter celle question avec tout le développement qu'elle mérite, mais comme je ne me suis pas encore occupé, depuis mon retour en France, de la rédaction de celte partie de mon voyage, je dois me contenter ici d'indiquer sucdneiement la route que j'ai suivie, en résumant les diverses observations relatives au partage et à récoulemenl des eaux.

Un des objets prindpaux de mon eiploration dans

l'Arabie Pélrcc était d'éludier le pays qui s'étend le long de Ouadi-el-Ghor du côté de l'ouest, partie qu'aucun Européen, je crois, n'avait pu aborder jusqu'alors. Celte circonstance me laissait entrevoir quelque résultat utile pour la géographie si peu connue de celte contrée ; il me suffisait de cet espoir pour ne pas tenir compte des chances aventureuses d'une semblable excursion. J'organisai donc ma caravane à QhalUf l'ancienne llébron, sans me préoccuper des dangers que Ton me signalait, et je partis avec des guides intelligents qui connaissaient parfaitement le pays que j'allais visiter.

La ville d'Hébron est située dans le bassin de la mer Morte ; une petite journée de marche conduit au village de Dorijfé, au delà duquel on ne rencontre plus d'habitations. Â partir de ce lieu, le sol est légèremenl ondulé, la culture disparaît, les cours d'eau

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ne sont plus que des lits de sable desséchés, les arbres

ne se montrent plus nulle port ; c'est une nature d'un nouvel aspect, c'est le désert qui commence. En se dirigeant au sud-sud-onest on traverse plusieurs ouadis demies eaux, pendant la saison des pluies, s'écoulent toutes dans la Méditerranée du coLé d'el-ArmIi. Une longue chaîne de montagnes s'étendait à ma gauche dans une direction parallèle à celle que je suivais; le troisième jour apn's mon départ d'Hébron je me suis approché des montagnes, au pied desquelles j'ai campé dans Ouadi'Kalasia dont la direction est nord-ouest. Le lit desséché de ce lonvnt m'a servi de chemin pour franchir celte chaîne, et au delà des sommets je suis descendu dans Ouadi'Traybé qui m'a conduit peu de distance de Ouadi-el-Ghor dont il est un afiluent. Les Bédouins de ce canton m'ont appris que les eaux de leurs ouadis s'écoulaient toutes dans Ouadi-el-Ghor où elles trouvaient une rivière qui les portait dans la mer Morte, Ihrh-el-Maijèl. La giterre qui régnait alors entre les tribus do cette province m'empêcha d'aller moi-même vérifier ce fait. Je fus obligé de reprendre ma route vers le sud-sud-ouest, direction que je suivis pendant le cinquième jour, cheminant toujours au milieu des montagnes -, je passai Oméi-Morra, dont la grande profondeur me parut une chose étrange dans un paya où Ton a souvent de la peine à reconnaître les lits des cours d'eau. Ce torrent appartient encore au bassin de la mer Morte. Je suis allé visiter

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