BT DB LA MER ROUGE
à peu de dislancc les ruines d'Abdé^ situées au milieu d'un canton habité par des tribus ennemies. Mes Bédontns refusèrent de eontinuer Texploration de ces montagnes; je dus céder 11 leurs instances cl m'éloigner des tribus qui leur étaient hostiles. Us me conduisirent d*ahord vers Fooestf et lorsque nous eûmes descendu le versant occidental de la chaîne, nous reprîmes la direction sud-sud-ouest, ne rencontrant plus que les ouadis appartenant au bassin de la Méditerranée, Le neuvième jour, sans avoir regagné les montagnes qui me séparaient de Ouadi-el'Gliot\ je me troirrai à mon grand étonnement dans un autre bassin que je dus prendre d*abord pour celui de la mer Rouge, à cause de la direction orientale des premiers ouadis que je rencontrai ; mais ces affluents ne furent bientôt pour moi que ceux d'un vallon principal nommé Ouadi-Djarafi ^ dont la direction générale est nord-nord-esl. Je ne pouvais guère supposer alors qu'un pareil cours d'eau fût un des tributaires de Ouad\-el' Aruba dont le cours se dirige au sud-sudouest. Je questionnai les Bédouins et ils m'assurèrent que les eaux de ce vallon se rendaient dans Ouadi-eU Glwr^ qui, d'après leur opinion, est un affluent de la mer Morte. J'ai remonté le lit de cet ouadi pendant plus d'une journée de marche et toujours dans la même direction. Son origine est au pied d'une chaîne transversale qui m'a paru former la ligne de partage
entre les eaax de Ouadûel'Ghor et eetles de Ouadi-el*
104 BASSINS DE LA MER MORTE
Araba. Un large plateau s'étend au sud de cette chaîne jusqu'aux peates rapides qui conduisent, par des seutiefs sinueux, sur les bords du goife £lanilique. Sept heures de marche m ont suffi pour me rendre de là à Kalaat-el-Àkaba.
Après une suite de pareilles observations, il m'était bien permis d'avoir quelques doutes sur rancien écoulement du Jourdain dans la mer Rouge. Lorsque après ma quatrième journée de marcbe j'appris qu'il existait dans Ouadi-d-Ghor une rivière qui portait ses eaux dans la mer Morte, il me parut déjà bien dillicile d'expliquer comment le Jourdain aurait pu couler autrefois dans un sens tout à fait opposé; mais lonque je trouvai, à cinq journées de marche plus au sud, Ouadi'Djarafi dont la direction est nord-uord-est, et que les Bédouins m'assurèrent que ce cours d'eau se rendait dans la mer Morte, il me sembla presque !»• possible d'admettre Thypolhèse de cet ancien écoulement du Jourdain dans la mer Rouge, à mains de supposer que le pbénomène auquel on rapporte la for» mation de la mer Morte eût en môme temps changé la géographie physique jusqu'à une distance aussi oonsidérable, ce qui parait peu probable. Ce sont là, mon» sieur, les considérations par lesquelles je suis arrivé à concevoir des doutes sur l'exactitude de l'opinion que vous avec si ingénieusement combattue. Ces nonveanx faits rentrent complètement dans l'hypothèse que vous avez émisci et permettent aussi de supposer que la
ET DE LA MER ROUGE. iOb
mer Morte a an bassin particulier dont la formation est indépendante dn phénomène local auquel on
atlribue la destruction des villes de la Peniapole, et que ce bassin est antérieur aux époques bistoriques.
Je serais heureux, monsieur, si les observations préliminaires que je viens de présenter vous paraissent dignes d'être publiées comme un supplément à voire savante et ingénieuse discussion. Je me réserve de leur donner plus de développement et de les fixer par un Iraoé géographique, dans Touvrage dont la rédaction m'occupe en ce moment.
Camille Caluer.
P«rô,lel2déoeiBbrol835.
némânoR m l'ophooii m m» Limomm sur tn oom
ou JOuaoAif^ ET la formation de la mer morte.
AnebfkSftjiiinlSaS.
J'ai lu dansTAcAo à\k nmAe UKooini^ numéro 104, Teitrait d'une assertion de H* Leironne, sur laquelle
je vous soumettrai quelques observations.
Le savant professeur a prétendu que : « La mer Morte ne peut avoir Torigine qu'on lui suppose, et que
106 BA$SIf<S DE LA M£fi MOATB
la masse de ses eaux remonte néemairemeiiU au delà
des limites de l'hisloire. »
On ne raisonne pas ordinairement contre des faits dont la certitude peut être considérée comme établie par les monuments de la Iradilion cl même de l'histoire. Or, personne n'ignore qu'à ce double titre, il en est peu qui méritent plus de conflance que celui dont il s'agit*. Les deux races d'Abraham, par Isaac et Ismaël, racontent encore, après quarante siècles, les circonstances de la catastrophe qui changea en lac empesté une vallée fertile et délicieuse. Tacite, Solioi Strabon, Josèphe% etc., et un grand nombre d autres écrivains, tant anciens que modernes, ont ajouté à ce témoignage tout le poids de leur autorité, en consignant dans leui^ écrits les traditions d'un peuple chez lequel Terreur n'aurait jamais été possible sur un fait d*une si haute importance, ayant presque toujours vécu non loin de ce théâtre des vengeances divines.
« Quand on n'envisagerait Moise que comme un historien ordinaire, dit k oc propos M« de Genoude', on ne pourrait s*em pécher d'être surpris en voyant attaquer sa narration. » 11 en tenait Ks dclails de Gaath, son aïeul, qui les avait appris de Jacob; celui-
« VoirlaMmileditsert. d«HiclBiAis. Uém.dêlaSoe, deCiMUU'
gtu\ 1760.
' Uv., I. V, Uitt. — SoUcnuti. — Slrab.,LXVU — ioMph.,