DANS LES ARDEXNES, EN
D'INSTRUCTION SECONDAIR£
DANS LES ARJDENNES En 1789
L'instruction secondaire, ou classique, a toujours été, dans notre pays, l'objet d'une prédilection toute particulière ; les quelques notes que nous publions aujourd'hui en fourniront la preuve. Ces notes ne sont autre chose quede simples renseignements historiques, mais elles auront peut-être quelque mérite pour ceux de nos lecteurs qui s'intéressent encore, malgré les soucis du présent, aux choses du passé.
CharleTllle* — Le collège de Charleville (ancien collège) fut fondé en 1620 par Charles de Gonzague, dans l'intention de faire affluer dans la ville qu'il venait de créer le plus grand nombre d'habitants possible. La direction de cet établissement fut confiée aux Jésuites de la province de Champagne, qui la conservèrent jusqu'en 1762.
En 1789, 7 professeurs et un principal y donnaient gratuitement renseignement aux enfants de toutes les classes, d'après les méthodes et la règle de l'Université de Paris.
(Pour plus amples détails, lire plus loin le Chapitre spécial consacré au collège de Charleville.)
CSrandpré* — Le collège de Grandpré n'était autre qu'un étabUssement privé. Le professeur unique, chargé de l'enseignement depuis les éléments jusqu'à la 3% était un ecclésiastique. Il ne recevait pas de traitement ; le local était à son compte. Les élèves payaient une rétribution mensuelle de 25 sous : les enfants pauvres ne jouissaient d'aucune immunité : il n'existait ni bourse ni dotation en leur faveur. — Nombre des élèves, 12.
Retliel« — Avant l'établissement du collège de Rethel, l'instruction était donnée dans des écoles particulières, que l'en ne pouvait ouvrir sans l'autorisation du Prieur, représentant l'abbé de Saint- Remy, à qui d'anciens titres accordaient ce privilège.
Le collège, confirmé par lettres-patentes de 1785,
d'instruction secondaire 207
et doté par un bourgeois de la ville, avait, en 1789, 800 livres de revenu. Aux termes des lettres-patentes, la ville était tenue d'entretenir les bâtiments et de suppléer à Finsufosance des revenus jusqu'à concurrence de 300 livres. Les dépenses pour le traitement des professeurs ne s'élevaientqu'àOOO ou 1 ,000 livres. L'exiguité de cette somme s'explique par cette circonstance que les professeurs, qui étaient tous ecclésiastiques, jouissaient du produit de leurs messes, du casuel et des aumôneries des prisons et des hôpitaux.
Les enfants sans fortune recevaient renseignement gratuitement; les autres ne payaient qu'une rétribution de 4 livres par an. L'établissement était dépourvu de pensionnat et comptait 35 élèves. L'enseignement y était donné conformément aux statuts de l'Université de Reims.
Pour apprécier convenablement les moyens qu'avaient les familles pauvres de faire instruire leurs enfants, il est bon de remarquer que trois bourses entières avaient été créées, par qui? nous l'ignorons, au collège Louis-le-Grand de Paris, en faveur des jeunes gens de Rethel. Quand l'élève était sorti du collège Louis-le-Grand, la bourse lui était payée en argent, à raison de 600 livres par an, pendant les trois années que duraient les cours de Théologie, de Médecine ou de Droit. Ajoutons qu'une demoiselle Jeanne de Bresles avait fondé quatre bourses au collège de Rethel, en faveur de quatre écoUers du Comté de Porcien ; elle avait aifecté à cette fondation des biens considérables situés à Vesly.
Peuslouuat d'Aiitheuy. — On y enseignait depuis la Sixième jusqu'à la Rhétorique inclusivement. — 15 élèves. — Cet établissement était tenu ordinairement par un ecclésiastique, pour son compte personnel; la commune ne lui donnait aucun secours. Aucune bourse, aucune dotation n'y existait en faveur des jeunes gens peu aisés. Tous payaient une rétribution mensuelle de 25 sous. Ceux qui, quelque fois , obtenaient une réduction sur le prix de la rétribution étaient les jeunes gens qui se destinaient à l'état ecclésiastique, encore cette réduction était-elle un bienfait et non une obligation de la part du chef de rétablissement.
£cole de Cltàtean-Porcleu* — Vers l'an 1500, les seigneurs de Château -Porcien fondèrent dans cette localité une maladrerie et une chapelle auxquelles ils affectèrent des biens immeubles de 1,000 livres de revenu. Un Edit de 1693 ordonna la réunion de cet établissement et de ses revenus à l'hospice de Château-Porcien. Au lieu de se conformer à cet Edit, le duc de Mazarin obtint de l'hospice que les revenus en question seraient abandonnés à un prêtre qui serait chapelain de cet hospice, ferait les fonctions de chantre à la paroisse et enseignerait la langue latine. Cet état de choses a duré jusqu'en 1791. En 1789, un prêtre, nommé Landragin, était chargé de l'enseignement; il s'était même adjoint à ses frais un co-régent. Les élèves, au nombre d'une vingtaine, payaient une rétribution mensuelle de 30 sous. Personne n'était admis gratuitement; il n'y avait pas de bourses.
d'instruction secondaire 209
RegnloweZé — Le collège de Regniowez élait un établissement privé. En 1789, il était dirigé par un ecclésiastique nommé Desmarets, qui s'était adjoint deux professeurs. Les élèves payaient une rétribution de 35 sous par mois. Quelques-uns étaient admis gratuitement : c'étaient surtout ceux qui se destinaient à l'état ecclésiastique.
Le collège de Regniowez n'avait ni dotation, ni revenu, mais l'abbé Desmarets, qui avait à la cour de puissantes protections , en obtenait presque tous les ans une somme d'argent assez considérable. C'était ce secours qui lui permettait de donner l'enseignement gratuit à une dizaine d'enfants. — Cinquante à soixante élèves fréquentaient les cours de Regniowez, qui comprenaient les classes élémentaires jusqu'à la 3* inclusivement.
Collège de» Itécollete^ à Glireté —
Enseignement, depuis les éléments jusqu'à la Rhétorique. — Une douzaine d'élèves. — Il n'a pas été possible de recueillir des renseignements précis sur cet établissement, qui était dirigé par la communauté des Récollets. Tout ce que nous savons, c'est que l'enseignement était gratuit pour la moitié environ des élèves. 11 n'y avait aucune dotation, aucune bourse affectée à l'instruction des enfants pauvres. Le taux de la rétribution n'excédait pas 30 sous.
£eole des Domlnlealus de Reirln* —
Les Dominicains du couvent de Revin enseignaient la philosophie et la théologie à une trentaine d'élèves.
A la rigueur , cet établissement pourrait être classé dans la catégorie des séminaires ; cependant on peut te considérer comme établissement secondaire, à raison du cours de philosophie auquel étaient admis tous les jeunes gens sans distinction d'état ou de vocation. — L'enseignement était entièrement gratuit. — L'étabhssement n'avait pour revenu que le produit des quêtes des Dominicains. Quatre bourses de 60 livres chacune étaient affectées, à titre de récompense, aux quatre élèves de philosophie qui obtenaient les premières places. La ville de Revin récompensait aussi les Pères de l'enseignement qu'ils donnaient à ses enfants, en leur fournissant leur provision de bois, des légumes et du beurre en abondance.
Collése royal de §edaii« — On y enseignait depuis la Sixième jusqu à la Philosophie inclusivement. — 160 élèves sur lesquels 20 internes. — Le collège de Sedan fut fondé par lettres-patentes de 1663, et la direction en fut confiée aux Jésuites de la Province de Champagne. Il fut confirmé en 1768 sous le titre de Collège royal. Ses revenus s'élevaient à 9,000 livres, y compris une rente de 5,500 livres à prendre sur la recette du domaine, et créée par les lettres-patentes de confirmation. Le traitement des fonctionnaires s'élevait à 6,900 liv. L'enseignement était gratuit et le collège recevait des pensionnaires.— Un sieur Leroy,professeur d'éloquence à Paris, avait fondé deux bourses de 250 liv. chaque ; il en existait encore deux de 200 liv. et deux
D'iNSTAUCnON SBGONDAIRK tll
autres de 100 liv., fondées par divers particuliers. Trois de ces bourses étaient à la nomination du Gouverneur de Sedan; à chaque vacance, le bureau d'administration du collège présentait trois a^jets .choisis dans la Principauté ; une quatrième bourse était à la nomination de l'Archevêque de Reims » sur la présentation de deux Rhétoriciens« Enfin lat deux bourses de 100 liv. étaient conférées par le bureau aux écoliers de 3* et de 4* qui se disting^uaient le plus dans leurs classes. — Le même sieur Leroj avait encore fondé une rente de 125 livres pour distribution de récompenses aux élèves de Rhiétorique et de Philosophie : c'était le bureau d'admmistration qui faisait les frais des récompenses des^ tinées aux élèves des autres dasses. Ces ressouroes que présentait le collège de Sedan aux enfimts de toutes les classes, avaient produit d'excellents ré^ sultats ; il n^était guère de famille bourgeoise qui ne comptât au moins om de ses membres ayant fait des études complètes. Les études iraient f (Mies aa collège de Sedan. — Cette ville avait autrefois possédé une Acadénie où se faisaient des cours de Théclop», de Philosophie et de Droit, et le renom des Jurieu, des Bayle, des Basnage avait déposé dans les esprits des semences d'émulation que ne purent étouffer les troubles religieux qui suivirent la révoealiem de l'Edit de Nantes. — Il existait aussi, en 1789, à Sedan, un séminaire où 15 élèves environ suivaient un cours de Philosophie. La plupart de ces élèves se destinaient à l'état ecclésiastique; ils jouissaient presque tous de bourses qui s^obtenaient à un concours ouvert à Reims ton» les deux ans.
Carlgnaué— En 1789, la commune de Carignan possédait des ressources assez considérables qui lui avaient permis de fonder, et qui lui permettaient d'entretenir, dans un local qui lui appartenait, un établissement d'instruction secondaire, où l'on enseignait depuis les éléments jusqu'à la 3'. Le régent recevait un traitement fixe de 800 livres et devait être un ecclésiastique faisant les fonctions de curé de la paroisse. L'instruction était gratuite et se donnait à une vingtaine d'élèves.
JMIoiizoné — Le collège de Mouzon fut fondé en 1653 par un nommé Béchet, qui légua à l'hospice de cette ville des biens assez considérables, sur les revenus desquels 1,500 livres étaient prélevées pour faire jouir de l'instruction gratuite les enfants pauvres de la ville et des environs. Les étrangers étaient admis au même bénéfice, à la condition de prendre pension dans Mouzon. L'établissement ne recevait pas de pensionnaires; il comptait 45 élèves; les cours s'étendaient de la 6* à la rhétorique. — Deux régents, dont un devait être prêtre et aumônier de l'hospice; l'autre était receveur de l'hospice et recevait, à ce titre , un supplément de traitement. — Les prix étaient payés par l'hospice sur les revenus légués par le fondateur du collège.
Ce n'était pas seulement dans les étabUssements que nous venons d'énumérer, et dont nous n'avons pas la prétention d'avoir étabU la liste complète, que se donnait l'instruction secondaire. Un grand nombre de curés recevaient chez eux un, deux, trois pen-