Cf. Bouquet, ap. H. G. XVI
aussi de Sta Maria in Pallara, avait été donné par Alexandre II à l'abbé Didier du Mont-Cassin (i). Matthieu y garda auprès de lui un moine pour chapelain (2). Il ne changea en rien ses habitudes claustrales. Fidèle aux offices, aux chants, à la longue psalmodie clunisienne, aucune affaire ne pouvait le déterminer à les abréger. Le monde le recherchait, mais une longue habitude de la solitude, qui était devenue pour lui comme une seconde nature, le tenait éloigné de toutes les vanités du siècle. Tandis que les autres cardinaux se rendaient de grand matin au palais pontifical, Matthieu n'y allait qu'à l'heure de tierce. On trouvait cette conduite un peu étrange, et le pape lui-même se plaignait parfois de ce qu'il fût trop moine. Moine il l'était effectivement, et il le fut partout et toujours (3).
Cependant l'isolement volontaire dans lequel Matthieu vivait et l'amour de la prière, qui le retenait parfois des heures entières dans les églises, ne l'empêchaient point de consacrer ses soins au bien de l'Eglise quand le pontife faisait appel à son dévouement. Lorsqu'en 1127 Honorius II eut déposé l'abbé Nicolas du Motit-Ca-sin, dont l'administration désastreuse n'avait fait qu'aggraver la m?iuvaise situation du monastère, ce fat le cardinal d'Albano que le pontife envoya au Mont-Cassin pour diriger la nouvelle élection. Le pape avait un intérêt personnel à voir placer à la tête de la puissante abbaye un homme à sa dévotion. N'ayant pu réussir à imposer son candidat après la déposition d'Oderise, parce que les moines craignaient de se voir enlever leur droit de libre élection, il avait pris cette fois les devants et envoyé à temps son légat au Mont-Cassin. Honorius, on le savait, avait déjà précédemment manifesté le désir de voir le choix des frères se porter sur Senioretto, prévôt du monastère de Capoue. Le légat réussit dans sa mission; le choix du candidat pontifical fut agréé, et le 12 juillet Senioretto fut élu abbé C^).
Une autre occasion se présenta bientôt pour Matthieu d'intervenir dans les affaires de la curie, avec d'autant plus de raison et d'opportunité, qu'il devait être parfaitement au courant de l'affaire qui avait été déférée au tribunal pontifical. Etienne de Garlande, évêque de Paris, avait dû procéder contre l'archidiacre Thibaut, qui outre-
I. Jaffé, n. 4725; cf. Duchesne, Liber pontif., II, 319 ; Armellini, le Chiese di Roma dal secolo IV al XIX. Rome, 1891, pp. 524-526.
2 Pelr. Ven. Lib. II, ep. 33 (Pat. lat. t. 189, col. 254),