Petr. Ven., c. 5, col
diacre (') ; il est assez probable qu'il s'agit du futur cardinal d'Albano.
L'amitié qui unissait l'archevêque et le jeune chanoine, ne fit que croître de jour en jour, car la ressemblance de leurs caractères et un même amour de la vertu formaient un lien intime entre leurs âmes (-). Reims comptait à cette époque un certain nombre d'hommes distingués par leurs vertusct leurs talents: l'écolâtre Albéric,qui devait monter sur le siège de Bourges ; le prieur de Saint-Nicaise, Drogon, qui allait devenir abbé de Saint-Jean de Laon et plus tard cardinal-évêque d'Ostie ; Geoffroi, ce moine de St-Nicaise, que l'on retrouve bientôt après sur le siège abbatial de Saint-Thierry, puis sur le siège épiscopal de Châlons ; Guillaume, abbé de Saint-Thierry, l'ami et le défenseur de saint Bernard (3). On ne peut douter que Matthieu ne se soit trouvé en rapport avec eux,et que l'exemple et la contagion de leurs vertus n'aient exercé une influence sérieuse sur ses idées et ses aspirations, et ce n'est point dépasser les bornes de la vraisemblance, que de leur attribuer en partie la vocation monastique du jeune chanoine rémois.
A Reims, comme à Laon, Matthieu souffrait de voir certains membres du clergé mener une vie trop mondaine, peu conforme à l'idéal qu'il se faisait du sacerdoce et du ministère des autels. D'un autre côté, il éprouvait aussi une anxiété de conscience à la pensée que ses parents avaient fait des démarches pour lui procurer certains revenus ecclésiastiques. Cette crainte lui causait des scrupules ; il s'en ouvrit à l'archevêque et lui fit part de son dessein de renoncer à ces revenus. Raoul s'efforça de tranquilliser sa conscience, en lui représentant qu'à défaut de preuves qui établissaient l'existence de manœuvres simoniaques de la part de ses parents, il pouvait en toute sécurité jouir de sa prébende. Ces remontrances furent vaines et Matthieu prit le parti de résigner ces bénéfices (•*). D'ailleurs depuis quelque temps l'idée de la vie monastique le hantait et il se sentait de plus en plus porté vers la paix du cloître. Déjà bien auparavant, avant sa promotion à l'épiscopat, Raoul le Vert lui avait vanté la discipline qui régnait à Cluny, dont les coutumes, disait-il, l'emportaient de loin sur celles des autres monastères. Ces paroles n'avaient pas été perdues, et maintenant qu'il se sentait arrivé au