‹ Mélanges d'histoire bénédictineChapitre 25 sur 69 · Miraeus, 0pp. dipL, I · texte numérisé non relu

Miraeus, 0pp. dipL, I

5. Cf. AnaUctes pour servir à l'hist. eccl. de Bclg., IV, 26.

6. Annal. S. Medardi Suess. ap. MGH. XXVI, 520 ; Auctar. Laud. ib. VI, 446.

quand le jeune roi Philippe mourut des suites d'une chute de cheval dans une rue de Paris le 13 octobre, le jour naeme où Louis VI avait convoqué dans cette ville l'armée royale en vue d'une expédition contre certains seigneurs du Vexin (^). A cette triste nouvelle, le pape dépêcha aussitôt le cardinal d'Albano et l'évéque de Chartres pour porter au roi l'expression de ses condoléances (2).

Le concile de Reims s'ouvrit le 18 octobre en présence de trois cents évêques et abbés ; le roi, la reine et le jeune prince Louis, qui devait être couronné en remplacement de son frère Philippe, assistaient à ces assises solennelles. C'était la reconnaissance officielle de l'obédience d'Innocent II par le roi de France, au moment même où le roi Henri d'Angleterre lui envoyait l'expression de son dévouement par l'archevêque de Rouen, et où les rois d'Espagne se déclaraient également ses fils soumis (3).

Il ne peut être douteux que le cardinal d'Albano n'ait rejoint le pape aussitôt après avoir rempli son message à Paris, et qu'il ne soit resté dans l'entourage du pape pendant toute la durée du concile et le séjour d'Innocent dans cette ville. Nous le voyons intervenir comme commissaire avec d'autres prélats pour terminer un différend survenu entre les abbés Suger de Saint-Denis et Lanzon de Saint-Mihiel-sur-Meuse au sujet de la villa de Salonne, accord qui fut confirmé à Reims par le pape le 2 novembre de cette année (4), ainsi que dans une autre contestation survenue entre l'abbaye de Gorze et Hugues de Montfélix (5). Pierre le Vénérable, qui fait une courte mention du voyage du pape en France dans sa vie de Matthieu d'Albano, fait honneur à ce dernier des heureux résultats obtenus ' par Innocent: ce serait lui qui aurait concilié au nouveau pontife l'adhésion de la majeure partie de la chrétienté (^). Ce témoignage peut pécher par excès d'admiration ; il n'en contient pas moins un grand fond de vérité.

Le premier tiers du XH^ siècle fut marqué par un renouvellement de ferveur dans les monastères bénédictins de la province ecclésiastique de Reims. Les coutumes de Cluny, qui passait pour

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