De Mirac, II, 16, ap. P.L
^ le monastère le mieux réglé de toute la France» ('), s'étaient rapidement propagées dans nos contrées. L'abbaye de Saint-Bertin, où la réforme avait été introduite par douze moines envoyés par S. Hugues de Cluny, exerça bientôt son action sur celles de Saint- Vaast d'Arras, d'Auchy, d'Anchin, de Bergues St- VVinnoc, de Saint- Pierre et de St-Bavon de Gand, de Saint-Remi de Reims. Anchin devint à son tour un foyer de restauration monastique, qui se fit sentir à Saint-Martin de Tournai, à Crespin, à Saint-Médard de Soissons. Le mouvement s'étendit peu à peu : Anchin propagea les coutumes de Cluny et la réforme à Lobbes, à St-Quentin-au-Mont, à Saint-Corneille de Compiègne, à Marchienne, à Honnecourt, à Saint-Sépulcre de Cambrai, à Hautmont, à Saint-Thierry de Reims. Saint-Médard de Soissons,que gouvernait l'abbé Godefroid, plus tard évéque de Châlons, celui que Pierre le vénérable, appelle « le propagateur, le protecteur de l'ordre clunisien, le restaurateur de la discipline régulière en France (2) », envoie à Saint-Vincent de Laon l'abbé Anselme, qui sera bientôt appelé à monter sur le siège épiscopal de Tournai. Saint-Vincent de Laon, devenu une véritable pépinière d'abbés, donne de ses moines à Rebais, à Maurmont, à Cambrai, à Saint-André du Gâteau, à Hasnon, à Fémy, à Vertus, à Saint-Nicolas de Ribemont, à Saint-Michel en Thiérache. A Reims l'abbaye de Saint- Nicaise constitue également un centre d'action religieuse, dont on peut suivre l'influence à Saint-Thierry, à Saint-Nicolas-au-Bois, et, par ce dernier monastère, à Lagny, à Saint-Michel, à St-Eloi de Noyon, à Saint-Amand. Tous ces monastères, peuplés d'excellents religieux, d'abbés instruits autant que vertueux se prêtent un mutuel appui. Appelés à prendre la direction de diocèses, quelquesuns de ces abbés, tels que Alvise d'Arras, Godefroid de Châlons, Anselme de Tournai, Odon de Cambrai, continueront avec plus d'autorité leur action bienfaisante et rendront à l'ordre monastique une vigueur nouvelle (3).
La création de l'ordre de Cîteaux, surtout l'action personnelle de S. Bernard, n'avaient pas été étrangères à cette rénovation de l'esprit monastique dans la province ecclésiastique de Reims. On retrouve dans la correspondance du saint abbé de Clairvaux plus d'une trace de son intervention directe en faveur de la réforme
1. Herman de Tournai, Liber de reitaur. S. Martini, n. 80 ap. M. G. H., XIV, 313.