I. Ib., C. 22, col
Mélanges. — IV. 4
50 LE CARDINAL MATTHIEU D ALlîANO.
La mort de Matthieu fut un coup sensible pour le cœur de Pierre le Vénérable. Avec le cardinal d'Albano, l'abbé de Cluny perdait un ami fidèle, un conseiller prudent, un protecteur dévoué. L'ancien prieur clunisien n'avait jamais renié son caractère de moine ; on peut même dire qu'il l'avait toujours mis au premier rang de ses préoccupations. Clunisien dans râme,Matthieu s'était fait le défenseur de la discipline clunisienne. Aux yeux de Pierre le Vénérable, il était le modèle du moine, l'incarnation de la règle de Cluny. Sept ans plus tard, lors d'un voyage à Rome, il s'arrêta à Pise dans le dessein de réconcilier cette ville avec Lucques, mais surtout attiré par le pieux souvenir qu'il avait conservé à son ami. Le lendemain de son arrivée, il se rendit avec ses compagnons au tombeau du cardinal et offrit pour lui le saint sacrifice ('). Nous retrouvons un écho de ses regrets dans une lettre au cardinal d'Ostie, Albéric, que le pape venait d'envoyer en qualité de légat en Terre- Sainte (^),et surtout dans les pages émues qu'il consacra à Matthieu dans son livre des « Miracles :^, où il nous a conservé une courte, mais intéressante biographie de son ami, à laquelle nous avons fait les plus larges emprunts (^).
Le nécrologe de Saint-Martin-des-Champs fait mention de Matthieu au 8 des calendes de Janvier : Depositio douini Mathaei episcopi Alhanensis ('^), de même que celui du prieuré de Beau mont, dépendance du prieuré parisien, où son souvenir est réuni à celui de Pierre le Vénérable (5). Le martyrologe de Cluny rappelait les faveurs dont il fut l'objet avant sa mort (^).
Nous ignorons complètement quelle put être l'activité littéraire de Matthieu. Hugues d'Amiens parle des « scripta » qu'il lui envoyait (7). Pour lui attribuer, avec l'éditeur du dictionnaire de Moreri, des traités de perfcctione inonachonun, de vanitate inundi^ de votis vionasticis et des serniones in Evajigelia, il faudrait des preuves qu'on ne trouve pas (S). La seule pièce d'importance qu'on ait conservée de lui, est la lettre qu'il écrivit aux abbés bénédictins de la province de Reims à propos des modifications introduites dans leurs maisons (^}.